Alberto
Fujimori fait une entrée politique spectaculaire
en 1990 en l'emportant contre le célèbre écrivain
Mario
Vargas Llosa. Surnommé " el chino
"en raison de ces origines japonaises. Fujimori prend
définitivement le contrôle du pays en avril
1992, en décidant de faire un auto-coup d'Etat, il
suspend la constitution, dissout législature et parvient
à mettre hors d'état de nuire le chef du sentier
lumineux et du MRTA. Ce qui valut à Fujimo d'être
déclaré en 1993 comme l'homme sud américain
de l'année par le prestigieux magazine américain
Time.
Il fut président du Pérou du 18 juillet 1990
au 17 novembre 2000, lorsqu'il s'exila au Japon. Il vit
toujours actuellement au Japon qui le protège, car
il est fils de deux citoyens japonais nés au Japon.
"
Début de carrière
Fujimori est né à Lima de parents japonais
qui avaient émigré au Pérou. La naissance
fut déclarée au consulat japonais pour que
le bébé conserve la citoyenneté japonaise.
Il fit des études d'ingénieur agronome, et
fût ensuite recteur de l'université La Molina
National et fut deux fois président de la Commission
nationale des recteurs d'universités péruviennes
(Asamblea Nacional de Rectores).
Fujimori remporte de manière inattendue l'élection
présidentielle de 1990 avec son nouveau parti Cambio
90, et devance l'écrivain célèbre Mario
Vargas Llosa. Fujimori a profité de plusieurs éléments
politiques locaux :
- Le désenchantement de la population suite à
la présidence d' Alan
García et du parti APRA
- et le rejet de la campagne de Vargas Llosa annonçant
des réfomes économiques néo-libérales
nécessaires selon lui d'après le contexte
d'alors.
Enfin, pour certains commentateurs politiques, l'ascendance
japonaise de Fujimori a pu lui rallier le vote populaire,
une bonne partie des Péruviens étant de descendance
amérindienne, le distinguant ainsi du reste du personnel
politique, souvent de descendance plus particulièrement
espagnole. Il a été surnommé le "
Chinois ".
Premier mandat présidentiel
Fujimori se lance dans une politique économique qui
n'avait plus rien à voir avec son programme électoral
et populiste. Sous la tutelle du FMI, il s'engage dans de
grandes réformes de l'économie péruvienne,
plus drastique encore que ce que Vargas Llosa avait prévu.
Fujimori privatisa des centaines d'entreprises publiques,
souvent de façon imparfaite et rapide. Sur les 9
milliards de dollars US qu'auraient rapporté ces
ventes, la plus grand part a disparu dans les réseaux
de récompenses et de grâces de Fujimori au
profit de ses alliés. Si cette politique permit au
Pérou de connaître la stabilité économique
et une forte croissance au milieu des années 1990
(+12 % du PIB en 1994), elle eut un fort coût social
: une rapide paupérisation qui entraîna une
récession.
Coup d'état
Le 5 avril 1992, Fujimori renversa son propre gouvernement.
Au début, avec la dissolution du Congrès et
la restructuration du système judiciaire, les Péruviens
ont peu protesté. En raison de la situation économique
et de la pauvreté.
La réaction internationale fut négative. Les
organisations financières internationales reportèrent
leurs prêts. Certains pays annulèrent toute
aide au Pérou, sauf humanitaire et réclamèrent
des sanctions.
Cependant, le gouvernement Nord-américain reconnut
officiellement Fujimori comme chef légitime du Pérou.
Leur crainte était de voir le Pérou s'affaiblir,
alors que les États-Unis venaient en 1991 de signer
un accord de coopération militaire avec le Pérou
pour lutter contre les producteurs de coca. De plus, le
gouvernement états-unien commençait à
s'inquiéter du mouvement du Sentier lumineux.
Le 13 novembre 1992, un coup d'État du général
Salinas échoua à renverser Fujimori, qui se
réfugia temporairement dans l'ambassade japonaise.
Un deuxième opposant apparut en la personne de la
femme de Fujimori après leur divorce en 1994 qui
dénonça son ancien époux comme un tyran
et maître d'un gouvernement corrompu.
Deuxième mandat
En avril 1995, au moment de sa plus forte popularité,
Fujimori est réélu et son parti obtient la
majorité absolue au Congrès. Il battit Javier
Pérez de Cuellar, ancien secrétaire général
des Nations unies.
Il signa un accord de paix avec l' Equateur,
mettant fin à plus d'un siècle de conflits
territoriaux en Amazonie.
Cependant, 1995 marqua le point de retournement dans la
carrière de Fujimori. Après plusieurs années
de stabilité économique et une disparition
du terrorisme, les Péruviens commençaient
à réclamer des droits, la liberté de
presse et le retour à la démocratie. À
cela s'ajoutaient les scandales autour de Fujimori et du
chef des services de renseignement, Vladimiro Montesinos.
Les élections de 2000
Malgré l'interdiction constitutionnelle de briguer
un troisième mandat présidentiel, Fujimori
se porta candidat pour les élections de 2000.
Il fut déclaré vainqueur de l'élection
du 28 mai, au milieu d'accusations d'irrégularités
faites par ses opposants. Le leader de l'opposition, Alejandro
Toledo, fit campagne pour l'annulation de cette élection.
Dans ce contexte, remonta le scandale de corruption autour
de Vladimiro Montesinos : une vidéo fut diffusée
de Montesinos corrompant un député d'opposition.
Fujimori fuit le pays en novembre 2000. Le 17 novembre,
le Congrès péruvien vote sa destitution, car
il n'était plus digne de la présidence.
Après un intérim assuré par Valentin
Paniagua, Toledo est élu le 28 mai
2001 et installé président le 28 juillet.
Bilan de la lutte contre le terrorisme
Beaucoup de Péruviens crédite Fujimori d'avoir
mis fin au règne de terreur d'une quinzaine d'années
qu'avait établi le groupe du Sentier lumineux (Sendero
Luminoso), et d'avoir arrêté son chef, Abimaël
Guzmán. Pour permettre cela, Fujimori a accordé
à l'état-major militaire le pouvoir d'arrêter
les personnes suspectés de terrorisme et de les juger
en secret par des tribunaux militaires. Dans le même
temps, Fujimori encourageait les habitants à former
des patrouilles de campagne (rondas campesinas) pour veiller
à la sécurité des zones rurales.
Fujimori est accusé d'avoir entraîné
l'arrestation de milliers de Péruviens innocents,
d'avoir miné les droits et libertés individuels
au profit de l'armée, sans compter les ruraux qui
ont pu se trouver pris au milieu des opérations de
l'armée et du Sentier lumineux. Néanmoins,
dès 1992, les activités de la guérilla
diminuèrent, et Fujimori se posa en vainqueur.
Le rapport final de la commission " Vérité
et Réconciliation ", publié le 28 août
2003, révèle que la majorité des atrocités
commises entre 1980 et 1995 sont bien le fait du Sentier
lumineux, les forces armées péruviennes sont
coupables de la destruction de villages et de meurtres de
paysans suspectés d'aider les rebelles, comme le
massacre de 47 habitants, enfants compris, de Cayara (département
d'Ayacucho) en 1988, dont les officiers responsables furent
condamnés à des peines de prison de trois
mois à un an.
Les révélations en 2002 sur le dénouement
de la prise d'otages de la résidence de l'ambassadeur
du Japon à Lima parlent également contre le
comportement de l'armée. Du 17 décembre 1996
au 22 avril 1997, les rebelles du Mouvement révolutionnaire
Tupac Amaru (MRTA) prennent en otage 800 personnes (diplomates,
hauts-fonctionnaires et dignitaires du régime) dans
la résidence de l'ambassadeur japonais. Malgré
la libération de 72 otages, le gouvernement Fujimori
a refusé en échange de délivrer des
prisonniers membres du MRTA. L'armée prend la résidence
d'assaut le 22 avril : deux soldats tués, un otage
(le juge de la Cour suprême Carlos Ernesto Giusti),
ainsi que les 14 preneurs d'otages. En 2002, il est révélé
d'après l'enquête scientifique et les témoignages
qu'un seul rebelle est mort ; les treize autres se sont
rendus et ont été sommairement exécutés
sur ordre de Montesinos.
Quelque temps avant sa fuite au Japon, Fujimori a amnistié
tous les membres de l'armée et de la police péruvienne
accusés ou coupables d'abus contre les droits de
l'homme entre 1980 et 1995.
En exil
A ce jour (juillet 2004), Alberto Fujimori, qui n'a pas
abandonné sa nationalité japonaise lors de
la réforme de la loi sur la citoyenneté de
1985, demeure au Japon.
Le 5 septembre 2001, deux mois avant l'exil, le ministre
de la justice péruvien met en accusation le président
Fujimori pour homicide.
En mars 2003, à la demande du gouvernement péruvien,
Interpol émet un mandat d'arrêt international
contre Fujimori pour meurtre, kidnapping et crime contre
l'humanité.
En septembre 2003, le gouvernement de Alejandro Toledo fait
une demande d'extradition de l'ancien président aux
autorités japonaises. Cependant, le Japon et le Pérou
n'ont pas conclu de traité d'extradition. Le gouvernement
péruvien prévoit de présenter par leur
ministre de la justice les dossiers d'inculpation au gouvernement
japonais, et leur rappeler que Fujimori a la double nationalité.
Les charges
" Meurtre pour le massacre de Barrios Altos en 1991
et la mort de 15 personnes dînant dans un quartier
pauvre de Lima, dont un enfant de 8 ans. Ils furent tués
par un escadron de la mort nommé Grupo Colina et
qui aurait agi sur ordre de Montesinos.
" Meurtre pour le massacre de La Canuta en 1992 et
la mort de neuf étudiants et d'un professeur soupçonnés
d'appartenir au Sentier lumineux, commis par le même
escadron.
" Crimes contre l'humanité par la stérilisation
forcée de Péruviennes. Cette accusation a
été présentée en septembre 2003
par la députée Dora Núñez Dávila
. D'après elle, le président et plusieurs
ministres avaient fixé un programme de stérilisation
et imposé des quotas mensuels aux personnels de santé.
" Le Congrès l'accuse également d'avoir
aidé au parachutage de 10 000 fusils Kalachnikov
dans la jungle colombienne en 1999 et 2 000 pour les FARC
(Forces armées révolutionnaires colombiennes).
Fujimori accuse Montesinos. Néanmoins, le vote du
Congrès dans cette affaire retire formellement l'immunité
présidentielle de Fujimori.
" Le Congrès a également voté
à l'unanimité d'accuser Fujimori d'être
responsable de la détention et de la disparition
de 67 étudiants de la ville andine de Huancayo et
de la disparition de plusieurs habitants de la ville côtière
de Chimbote pendant les années 1990.
" Toujours au Congrès, a été décidé
de le poursuivre pour le détournement de 2,3 millions
dollars US d'aide japonaise pour la construction d'écoles.
Alberto Fujimori a plusieurs fois déclaré
que ces accusations et ces procédures sont politiques
et ne sont pas fondées. Il a créé,
depuis le Japon, un nouveau parti, Si Cumple, pour participer
à l'élection présidentielle de 2006.
La commission nationale électorale a rappelé
en septembre 2003 que Fujimori ne pouvait se présenter
jusqu'en 2011 : le Congrès l'ayant accusé
d'avoir abandonné son poste en fuyant le pays.
Fujimori reste une personnalité controversée
au Pérou. Ses partisans rappellent qu'il a apporté
la stabilité après les années tumultueuses
de Garcia. Mais, la majorité des Péruviens
retiennent l'image d'un gouvernement corrompu, notamment
grâce aux révélations liées à
Vladimiro Montesinos inculpé de crimes allant du
détournement au trafic de drogue et au meurtre.
Le 07 avril 2009, suite à
un méga procés d'une année et demi,
Alberto Fujimori est condamné par la justice péruvienne
à 25 années de réclusion.
Source
partielle Wikipedia
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