Argentine : Manuel Adorni, bras droit de Milei, démissionne après un scandale de corruption

28 juin 2026

Un scandale qui couvait depuis mars 2026

Manuel Adorni, chef du cabinet des ministres argentin et figure emblématique du gouvernement de Javier Milei, a annoncé sa démission le samedi 27 juin 2026 dans une lettre publiée sur X. Économiste de 46 ans, ancien chroniqueur et polémiste, il avait rejoint l’équipe de Milei en décembre 2023 d’abord comme porte-parole, avant d’accéder au poste de chef du cabinet en octobre 2025, en remplacement de Guillermo Francos. Le scandale a commencé à prendre forme en mars 2026, après un voyage officiel à New York (9-12 mars), au cours duquel il est apparu que son épouse, Bettina Angeletti, faisait partie de la délégation présidentielle. L’opposition a aussitôt réclamé des explications.

Aveux fiscaux et enquête judiciaire

L’affaire s’est ensuite enrichie de révélations successives : des voyages en avion privé à Punta del Este lors du carnaval, l’achat d’un appartement à Buenos Aires pour 230.000 dollars, l’acquisition d’une propriété dans une résidence fermée de la province de Buenos Aires avec des travaux estimés à 245.000 dollars, et des contrats gouvernementaux accordés à la société de conseil de sa femme. Le 10 juin, acculé, Adorni a finalement déposé sa déclaration de patrimoine et admis avoir dissimulé au fisc 500.000 dollars d’épargne, fruit selon lui d’un investissement initial de 200.000 dollars en Bitcoin entre 2014 et 2018. « J’ai fait une erreur, mais je ne suis pas un voleur », a-t-il déclaré. Le procureur fédéral Gerardo Pollicita a ouvert une enquête pour enrichissement illicite et ordonné la saisie des relevés bancaires et registres immobiliers.

Des contradictions devant le Parlement

Cet aveu a fragilisé encore davantage sa position, car il contredisait directement ses déclarations devant le Parlement en avril, où il avait affirmé qu' »il n’y avait jamais eu la moindre dissimulation » dans sa déclaration de patrimoine. Patricia Bullrich, cheffe du bloc sénatorial de La Libertad Avanza, a publiquement pris ses distances : « C’est plus qu’une erreur, c’est une omission éthique. Et notre gouvernement a fait de la morale une politique d’État. » La semaine précédant sa démission, Adorni avait déjà quitté son poste de porte-parole de la présidence, remplacé par l’ancien député Adrián Ravier.

Une démission sous pression, un successeur déjà désigné

Dans sa lettre de démission, Adorni a nié toute malversation, invoquant « les attaques médiatiques incessantes » et son souhait de « protéger sa famille ». « L’acharnement a une limite, et j’ai atteint la mienne », a-t-il écrit. Javier Milei, qui lui avait jusqu’ici apporté un soutien indéfectible, a accepté la démission. Sa sœur et secrétaire de la présidence, Karina Milei, a exprimé sur X son « respect » pour la décision, saluant « les efforts infatigables » d’Adorni. Diego Santilli a été nommé pour lui succéder au poste de chef du cabinet.

Sources : [La Libre Belgique avec AFP, 28 juin 2026] ; [Buenos Aires Herald, 27 juin 2026]

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