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Bien plus que la samba et les sombreros
CHRISTOPHE VANDE WALLE - Fortis Investments
Le mois dernier, vous avez pu découvrir, dans la troisième partie du dossier "Marchés émergents", les obligations de marchés en croissance du monde entier, émises en monnaie locale. Ce mois-ci, nous braquons l'objectif sur les actions de l'Amérique latine, une région haute en couleurs.
Empreints d'un grand dynamisme, les marchés financiers d'Amérique latine sont régulièrement présents dans l'actualité. Investir dans cette région du monde permet de profiter de sa croissance économique, dont la moyenne est supérieure à celle du monde. Par ailleurs, les marchés y sont aussi moins efficients, ce qui est intéressant pour déceler les actions sous-évaluées. Dans les années quatre-vingt et nonante du siècle précédent, la région a dû faire face à son image de région en crise. La situation s'y est cependant grandement améliorée sur le plan économique. Une hausse des taux américains n'y conduit plus non plus systématiquement à des baisses de cours et à des hausses de taux. Les marchés latino-américains ont gagné en indépendance.
L'économie brésilienne swingue
Dans cette catégorie de pays en croissance, ce sont le Brésil et le Mexique qui émergent le plus. Quand on évoque le Brésil, on pense d'emblée au carnaval, à la samba et au football. Mais le Brésil, c'est bien plus que cela puisque c'est aussi le pays le plus stable d'Amérique latine. Le sous-sol y est riche en matières premières, dont d'énormes quantités sont exportées vers la Chine. Et vu la forte demande de cette dernière en matières premières, l'avenir des exportations brésiliennes semble assuré. La dynamique intérieure est également excellente grâce à la lutte contre l'inflation et à l'évolution du marché de l'emploi. Le compte courant présente un excédent et la dette extérieure diminue rapidement. La dette publique est cependant encore relativement élevée.
Par ailleurs, le Brésil est connu pour son importante production de produits agricoles, allant du café et du soja jusqu'au bioéthanol. Maintenant que le climat est devenu un sujet "chaud", le monde est en quête de carburants propres. Principal producteur de bioéthanol, au même titre que les États-Unis, le Brésil peut également profiter de cette demande mondiale.
L'excellente forme de la croissance économique brésilienne est attestée dans une étude des analystes de Goldman Sachs, une des plus grandes banques au monde, qui avance que d'ici 2035, l'économie brésilienne fera partie des principales économies du monde.
E viva Mexico
Malgré l'onde d'un certain nombre de crises dans le (récent) passé, comme la crise du peso (dite parfois "crise tequila") de décembre 1994, l'économie mexicaine est aujourd'hui, après le Brésil, la seconde économie d'Amérique latine. A noter que près de 90 % du total de ses exportations prennent la direction des États-Unis. Le commerce mexicain tire parti du NAFTA (North American Free Trade Agreement), le traité de libre-échange que le Mexique a signé avec les États-Unis et le Canada. Mais la dépendance mexicaine vis-à-vis des États-Unis n'est pas sans risque. Une économie américaine bien portante stimule l'économie mexicaine mais si elle présente des signes de fatigue, la croissance mexicaine s'en ressent. Le ralentissement de la croissance américaine, ces derniers mois, n'a cependant guère eu d'effet sur le Mexique car la croissance intérieure et la consommation y sont fortes.
Environ un tiers des revenus du pays provient des exportations de pétrole. L'industrie pétrolière, si importante pour le Mexique, est nationalisée et la participation des compagnies pétrolières étrangères n'y est pas (encore) autorisée. Contrairement aux autorités locales, la Bourse mexicaine (l'indice Bolsa) n'est pas tellement sensible à l'évolution du pétrole et offre un intéressant potentiel de croissance pour l'avenir.
FORTIS
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