Colombie : après un premier tour surprise, De la Espriella et Cepeda s’affrontent le 21 juin

1er juin 2026

Un résultat qui renverse les pronostics

Le premier tour de l’élection présidentielle colombienne, tenu dimanche 31 mai, a produit un résultat inattendu. Le candidat d’extrême droite Abelardo de la Espriella, de la coalition Defensores de la Patria, est arrivé en tête avec 43,7 % des suffrages, devançant Iván Cepeda, candidat de gauche du Pacte historique et successeur désigné du président sortant Gustavo Petro, qui obtient 40,9 %. Les sondages plaçaient pourtant Cepeda largement en tête, avec entre 35 et 45 % des intentions de vote, contre 21 à 31 % pour De la Espriella. La troisième candidate, Paloma Valencia, sénatrice de 48 ans soutenue par l’ex-président Alvaro Uribe et longtemps présentée comme la principale figure de la droite traditionnelle, recueille moins de 7 % des voix. Les deux finalistes s’affronteront au second tour le 21 juin.

Qui est Abelardo de la Espriella ?

Se réclamant ouvertement de Nayib Bukele au Salvador et de Javier Milei en Argentine, De la Espriella a bâti sa campagne sur les réseaux sociaux, en particulier TikTok, avec un discours de rupture totale. Son programme prévoit un durcissement massif de la sécurité : instauration d’un régime d’urgence permettant la suspension de certains droits civils, arrestations massives, construction de dix « méga-prisons » en partenariat avec le secteur privé. Il promet de reprendre le contrôle des territoires occupés par les groupes armés dans les quatre-vingt-dix premiers jours de son mandat, de relancer la production d’hydrocarbures et de minerais, et de réduire la fonction publique de 40 %.

Iván Cepeda défend la continuité de Petro

Face à lui, Iván Cepeda défend la poursuite de la « paz total » engagée par Gustavo Petro, dont la Constitution interdit la réélection consécutive. Son programme repose sur une « révolution économique » fondée sur l’économie populaire et paysanne, une redistribution des terres à 200 000 micro-entreprises familiales et une régulation partielle du marché de la feuille de coca pour assécher les revenus des cartels. Cepeda entend également poursuivre la politique de transition écologique de Petro.

Un scrutin sous la menace des groupes armés

L’élection s’est déroulée dans un contexte de violence persistante. En avril, un attentat à la bombe dans le département du Cauca avait fait 21 morts et 56 blessés. Pour la journée du scrutin, l’ELN et l’État-major central, principale faction dissidente des FARC, avaient annoncé un cessez-le-feu temporaire. Malgré l’accord de paix de 2016 avec les FARC, plusieurs groupes armés maintiennent une présence territoriale importante dans de nombreuses régions du pays.

Petro conteste les résultats

Dans un message publié sur X dans la nuit, le président Gustavo Petro a déclaré « ne pas accepter » les résultats du premier tour, dénonçant une fraude de « plusieurs centaines de milliers de votes » en faveur de De la Espriella. Il n’a présenté aucune preuve à l’appui de ces allégations. Les deux candidats qualifiés disposent désormais de trois semaines pour convaincre les électeurs avant le second tour du 21 juin.

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