Avec le rachat de Varig, Gol vise la première place de l'aviation au Brésil
SAO PAULO, AFX, par Isabelle HOURCADE (29/03/2007) :
La compagnie aérienne brésilienne Gol, dont la percée fulgurante depuis son lancement en 2001 repose sur le succès de la formule "bas coût bas tarif", vise désormais la première place du marché brésilien après le rachat de Varig.
Gol a annoncé mercredi le rachat pour 320 millions de dollars de Varig, ancien fleuron de l'aviation nationale. La compagnie chilienne LAN Chile était également sur les rangs. "Ensemble les deux compagnies mettent Gol en position de devenir le leader du marché dans un avenir proche", a déclaré le président de Gol, Constantino de Oliveira Jr., jeudi lors d'une conférence de presse. Gol et Varig réunies représentent 45% du marché brésilien et 34% de l'international.
Selon Rogerio Camilo, analyste du transport aérien chez le consultant Lafis, "Gol est en pleine ascension et veut devenir le numéro un". Avec Varig, "Gol a réussi à s'approprier la niche internationale". Or "le potentiel d'expansion de Varig est très important", estime-t-il. Varig n'opère que sur 10 routes nationales et quatre destinations internationales. Mais jusqu'au 14 juin, la compagnie conserve tous ses droits sur 28 destinations brésiliennes et 17 étrangères, souligne Rogerio Camilo. Le numéro un actuel Tam, qui n'est pas au départ une compagnie "low cost", aura du mal à relever le défi selon lui. "L'avenir de Tam est compliqué" car 70% de ses vols sont destinés aux voyages d'affaires, relève l'analyste.
"Les deux compagnies seront gérées de manière indépendante" et offriront des services différenciés, a indiqué de son côté le président de Gol. "Nous voulons sauver la marque Varig", a-t-il indiqué. "C'est un nom internationalement connu", a-t-il estimé, malgré les déboires de l'ancien transporteur historique. Au bord de la faillite, en juillet 2006 Varig avait été rachetée par son ancienne filiale fret VarigLog, contrôlée par le fonds américain Matlin Patterson.
"Gol veut apporter à Varig le modèle de gestion à bas coût" qui en a fait l'une des compagnies "les plus rentables du monde", selon son président. Les tarifs de Gol et de Varig ne seront toutefois pas identiques. "L'objectif est de réduire les coûts au maximum et de satisfaire la demande de différents segments du marché", a souligné M. de Oliveira Jr.
Ainsi Varig offrira des vols directs vers plus de dix destinations en Europe, aux Etats-Unis et en Amérique Latine, en deux classes (affaires et économique). Le programme de fidélité "Smiles" restera lié à Varig. Gol, qui opère sur huit destinations en Amérique du sud, restera une compagnie bas tarif et conservera une classe unique. Gol veut continuer à "populariser le transport aérien en Amérique du sud", selon son président. Gol, qui opère avec 67 Boeing 737, ne va pas remettre en cause son programme d'achat d'avions qui prévoit l'acquisition de 121 Boeing au total. De son côté, Varig va devoir renouveler sa flotte "le plus rapidement possible" pour la porter de 17 à 34 avions (20 B737 et 14 B767).
Gol renforcé par Varig va profiter de l'expansion du transport aérien au Brésil qui "aura tendance à croître davantage dans les trois prochaines années", selon Rogerio Camilo. Mais selon lui, l'augmentation du nombre de vols après le rachat de Varig risque d'aggraver la crise de l'aviation, dont le fonctionnement chaotique est marqué depuis plusieurs mois par d'importants retards. Le transport aérien connaît une "crise d'infrastructure physique", les deux aéroports de Sao Paulo opérant à la limite de leur capacité, "en raison du manque d'investissements au cours des dernières années", souligne l'analyste.
Dernière modification par alex'max (2007-03-31 21:36:01)