Grâce à une forte croissance et aux prix des matières premières, le nombre de millionnaires explose en Inde, en Chine, au Brésil ou encore en Russie tandis que le cap des dix millions de grandes fortunes a été franchi au niveau mondial, selon une étude publiée mardi.
En 2007, la planète abritait 10,1 millions de millionnaires en dollars, hors résidence principale, alors qu'ils n'étaient que 9,5 millions en 2006 (+6%), calculent la banque d'affaires américaine Merrill Lynch et de la société de conseil Capgemini dans leur étude annuelle.
Le nombre de "très grandes fortunes", possédant plus de 30 millions de dollars de patrimoine financier, a, lui, augmenté encore plus vite, de 8,8%. Ces super-riches sont 103.320 dans le monde.
Les deux champions viennent toutefois d'Asie et tirent leur prospérité avant tout de leur formidable croissance: l'Inde affiche une progression de 22,7% (123.000 millionnaires) et la Chine de 20,3% (415.000 millionnaires).
Le Brésil, avec son agriculture florissante, ses métaux et son éthanol, arrive en troisième position avec une progression de 19,1% (143.000 millionnaires). La Russie, grâce à son pétrole et son gaz, affiche la 10e plus forte progression (14,4% et 136.000 millionnaires), même si le rythme d'enrichissement s'y est ralenti par rapport à 2006.
En France, le nombre de grandes fortunes a augmenté de 1,3% en 2007, passant de 389.260 à 394.320.
Au total, les 10,1 millions de millionnaires dans le monde détenaient 40.700 milliards de dollars d'actifs financiers en 2007, soit 4 millions de dollars chacun en moyenne. Leur fortune s'est ainsi accrue de 9,4% par rapport à 2006, estime l'étude, alors que la croissance mondiale n'a été que de 5,1%.
Pour 2008, l'évolution de la population mondiale de millionnaires dépendra principalement de l'ampleur du ralentissement économique attendu dans les pays développés et du contrôle de l'inflation dans les pays émergents, estiment les auteurs.
La crise financière qui a éclaté l'été dernier a déjà eu une incidence sur la façon dont les riches placent leur fortune puisqu'ils se sont détournés des des placement à risques. Les liquidités, dépôts et obligations, moins risqués que les actions, représentaient 44% de leurs actifs financiers.