Machado se déclare candidate à la présidence du Venezuela si des élections libres sont organisées

24 mai 2026

La figure de proue de l’opposition vénézuélienne, María Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix 2025, a annoncé samedi 23 mai depuis Panama City qu’elle se porterait candidate à la prochaine élection présidentielle au Venezuela, à condition qu’elle se tienne dans des conditions de transparence et de liberté. Cette déclaration, faite lors d’une conférence de presse réunissant plusieurs leaders de l’opposition en exil, marque une étape importante dans la stratégie de l’opposition pour peser sur la transition politique en cours à Caracas.

Une annonce depuis Panama, en présence de l’opposition unie

C’est entourée d’anciens prisonniers politiques et de représentants de la coalition d’opposition que Machado a pris la parole devant la presse internationale à Panama City. Exilée depuis décembre 2025, lorsqu’elle avait quitté la clandestinité pour se rendre en Norvège recevoir son prix Nobel, elle s’est exprimée avec clarté sur ses intentions électorales. « Je serai candidate, mais il pourrait y en avoir d’autres. J’adorerais concourir avec tout le monde, avec quiconque voudrait être candidat. Nous aurons des élections propres et libres », a-t-elle déclaré.

Un plan en trois phases sous l’impulsion de Washington

Machado a explicitement appuyé le plan en trois étapes élaboré par le secrétaire d’État américain Marco Rubio — stabilisation, redressement, puis élection présidentielle — et a affirmé qu’il « avance ». Elle a salué le soutien des États-Unis à la cause vénézuélienne, soulignant qu’un Venezuela libre serait un allié « fiable et durable » pour Washington. Ce contexte géopolitique est déterminant : le 3 janvier 2026, l’armée américaine avait procédé à la capture de Nicolás Maduro, ouvrant une période de transition sous la présidence par intérim de Delcy Rodríguez, ancienne vice-présidente.

Des conditions précises pour une élection crédible

Machado n’entend pas participer à n’importe quelle consultation électorale. Elle a posé des conditions précises : la désignation d’un Conseil national électoral (CNE) neutre et sans affiliation politique, la liberté de candidature sans ingérence gouvernementale, et la participation des millions de Vénézuéliens établis à l’étranger — dont elle estime que 4 à 5 millions figurent dans les registres électoraux mais n’ont pu voter lors du scrutin du 28 juillet 2024. L’organisation d’une élection dans ces conditions nécessiterait selon elle entre sept et neuf mois de préparation.

Le souvenir de 2024 et la légitimité contestée

Rappelant les conditions du scrutin présidentiel de juillet 2024, Machado a insisté sur le fait que la coalition d’opposition avait remporté la victoire avec Edmundo González Urrutia — dont elle continue de revendiquer la légitimité comme « président élu » — avec plus de deux voix pour une face au camp Maduro. Elle avait elle-même été déclarée inéligible par les autorités loyales au régime, ce qui l’avait contrainte à se retirer au profit de l’ambassadeur à la retraite González. Près de 40 % des Vénézuéliens n’auraient pas pu voter lors de ce scrutin, selon ses propres estimations.

Un retour au Venezuela avant la fin de 2026

Machado a annoncé qu’elle était convaincue de rentrer au Venezuela avant la fin de l’année 2026, précisant que ce retour serait « évidemment coordonné avec les États-Unis », qu’elle décrit comme ses « principaux alliés ». Ce retour aurait un objectif précis : « accompagner et renforcer le plan » de transition et préparer ce qu’elle appelle une « quatrième phase » — celle de la reconstruction du pays. En attendant, la question de la date d’une éventuelle élection reste entière : l’administration Trump, qui a privilégié des relations économiques avec Delcy Rodríguez en échange d’un accès à l’industrie pétrolière vénézuélienne, n’a pas encore émis de signal clair en faveur d’un scrutin rapide.

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