La Serena : la ville chilienne qui regarde à la fois la mer et les étoiles

Levez les yeux le soir venu. Au-dessus de La Serena, le ciel du Norte Chico chilien compte en effet parmi les plus purs de la planète. Posez-les ensuite sur la ville elle-même : vous découvrirez une architecture coloniale presque intacte, héritée d’un vaste plan de rénovation urbaine du XXe siècle. Vous êtes ici dans la deuxième plus ancienne ville du Chili, tout près de douze plages et du Valle del Elqui, berceau du pisco.

L’essentiel

  • : région de Coquimbo, Norte Chico chilien, à environ 470 km au nord de Santiago
  • Y aller : vol direct (environ 1 heure depuis Santiago) ou bus (environ 6h20)
  • Quand : toute l’année pour le climat, nuits claires surtout en hiver pour l’observation des étoiles
  • Durée conseillée : 3 à 5 jours

Sommaire

Pourquoi visiter La Serena ?

Offrez-vous une ville à taille humaine, où le patrimoine colonial reste visible à chaque coin de rue. La Serena compte tant d’édifices religieux qu’on la surnomme la « ville des églises ». Plusieurs affichent en effet près de 350 ans d’existence. Vous ne trouverez nulle part ailleurs au Chili cette concentration d’architecture néocoloniale, issue d’un plan de rénovation urbaine unique en son genre.

Prolongez ensuite la journée à la plage : douze d’entre elles s’égrainent le long de l’Avenida del Mar. Le soir venu, changez complètement de registre. À moins d’une heure de route, les observatoires du Valle del Elqui vous ouvrent sur l’un des ciels nocturnes les plus purs de la planète. Les plus grands observatoires scientifiques internationaux, installés dans la région, confirment cette réputation.

Comptez au moins trois jours pour apprécier La Serena sans vous presser. Prévoyez une journée pour le centre historique et Coquimbo, et une autre pour une excursion en mer vers la réserve de pingouins. Réservez enfin une dernière journée au Valle del Elqui et à une soirée d’observation des étoiles.

Que voir et que faire

Le centre historique et sa cathédrale néoclassique

Flânez sur la Plaza de Armas, là même où la ville fut refondée en 1549. La cathédrale de La Serena domine la place de ses 60 mètres de long. Construite entre 1844 et 1856 en style néoclassique, elle porte la signature de l’architecte français Juan Herbage. Vous croiserez aussi, à quelques rues de là, les églises San Francisco et Santo Domingo. Toutes deux sont taillées dans une pierre sédimentaire caractéristique de la région.

L’Avenida del Mar et ses douze plages

Longez à pied ou à vélo l’Avenida del Mar, bordée de douze plages jusqu’au phare monumental qui marque son extrémité sud. Vous y trouverez de quoi alterner farniente et sports nautiques. Le courant de Humboldt maintient d’ailleurs un climat doux presque toute l’année.

Coquimbo, la ville jumelle et son Barrio Inglés

Poussez jusqu’à Coquimbo, à une vingtaine de minutes de La Serena, pour découvrir le Barrio Inglés. Des marchands britanniques, attirés par le commerce portuaire et minier, s’y installent dès les années 1840. Ils y bâtissent des maisons en pin d’Oregon à balcons, et plusieurs d’entre elles résistent encore au tsunami de 1922. Ne manquez pas non plus la Cruz del Tercer Milenio, une croix de béton d’environ 83 mètres de haut. Elle domine toute la baie depuis la colline El Vigía.

La Réserve nationale du Pingüino de Humboldt

Embarquez depuis Punta de Choros, à environ 120 kilomètres de La Serena, pour rejoindre cette réserve répartie sur trois îles. Vous y observerez des pingouins de Humboldt, des dauphins et des otaries, parfois même des baleines selon la saison. Réservez toutefois votre excursion à l’avance : la capacité d’accueil quotidienne reste limitée en haute saison.

Vicuña et le Valle del Elqui, terre du pisco

Remontez la vallée jusqu’à Vicuña, ville natale de la poétesse Gabriela Mistral. Elle reste à ce jour la première Latino-Américaine distinguée par un prix Nobel de littérature, en 1945. Vous pourrez visiter le musée qui lui est consacré, puis poursuivre jusqu’au village de Pisco Elqui, rebaptisé en 1936 en hommage à l’eau-de-vie locale. Goûtez-y enfin un pisco issu de la plus ancienne appellation d’origine d’Amérique du Sud, reconnue par décret dès 1931.

Histoire

Le conquistador Pedro de Valdivia ordonne la fondation de la ville en 1544. Le capitaine Juan Bohón l’établit sous le nom de Villanueva de La Serena. Il pense alors en faire un relais maritime entre Santiago et Lima. La jeune cité ne tient pourtant pas longtemps : dans la nuit du 11 au 12 janvier 1549, un soulèvement indigène la détruit entièrement.

Le capitaine Francisco de Aguirre la refonde le 26 août 1549, sur la Plaza de Armas actuelle. Elle prend alors le nom de San Bartolomé de La Serena. Le roi Charles Quint lui accorde ensuite le statut officiel de ville, par décret royal, en 1552. Les décennies suivantes ne sont pas plus tranquilles. Le corsaire anglais Francis Drake ouvre la route du Pacifique en 1578. Bartholomew Sharp pille et incendie partiellement la ville en 1680. Edward Davis met ensuite le feu au couvent de Santo Domingo en 1686.

Le 8 juillet 1730, un séisme majeur détruit presque totalement La Serena, qu’il faut alors reconstruire une nouvelle fois. Au XIXe siècle, la ville se relève grâce au cuivre. La fonderie Lambert, fondée vers 1840, produit ainsi, avec une autre fonderie voisine, le tiers des barres de cuivre chiliennes dès 1846. En 1859, la ville est brièvement prise par les troupes révolutionnaires de Pedro León Gallo. Elles finissent par être défaites à la bataille de Cerro Grande.

C’est finalement au XXe siècle que La Serena prend le visage qu’elle a aujourd’hui. Entre 1948 et 1952, le président Gabriel González Videla, natif de la ville, lance le Plan Serena. Ce vaste programme de rénovation urbaine impose le style néocolonial à l’ensemble du centre historique, façonnant ainsi l’identité architecturale que l’on découvre encore aujourd’hui.

La Serena, porte d’entrée vers les ciels les plus purs au monde

Choisissez une nuit sans lune, et vous comprendrez pourquoi les plus grands observatoires du monde se sont installés autour de La Serena. L’air sec du désert, l’altitude et l’absence de pollution lumineuse font en effet du Norte Chico l’un des meilleurs sites d’observation astronomique de la planète.

À environ 80 kilomètres de la ville, dans le Valle del Elqui, l’observatoire interaméricain du Cerro Tololo perche ses télescopes à 2 200 mètres d’altitude. Il fonctionne depuis 1967, et son instrument principal, le télescope Víctor Blanco de 4 mètres, observe le ciel depuis 1976. Des visites guidées gratuites y sont proposées chaque samedi du mois, sur autorisation à demander un mois à l’avance. Vous pourrez ainsi visiter les installations, mais pas regarder à travers les télescopes eux-mêmes, réservés à un usage scientifique.

Si vous préférez observer le ciel de vos propres yeux, dirigez-vous plutôt vers l’observatoire de Mamalluca, près de Vicuña, conçu spécifiquement pour l’accueil du public. Plusieurs opérateurs de la région proposent en effet des sorties nocturnes accessibles, télescope à l’appui, pour admirer planètes, nébuleuses et amas d’étoiles.

Informations pratiques

Comment y aller

Depuis Santiago, un vol direct vers l’aéroport La Florida (LSC) ne dure qu’environ une heure. Plusieurs compagnies desservent la ligne, notamment LATAM, Sky Airline et JetSMART. Si vous préférez la route, un bus depuis le Terminal San Borja de Santiago vous conduit à La Serena en environ 6h20.

Se déplacer sur place

Prenez un taxi collectif pour relier facilement La Serena à Coquimbo. Pour explorer le Valle del Elqui ou rejoindre Punta de Choros, vous trouverez toutefois plus de liberté en louant une voiture. Des excursions organisées couvrent malgré tout bien ces deux destinations.

Où dormir

Installez-vous dans le centre historique de La Serena si vous privilégiez le patrimoine. Choisissez plutôt un hébergement le long de l’Avenida del Mar si vous voulez la plage à vos pieds. Vicuña, dans le Valle del Elqui, constitue par ailleurs une bonne base alternative si vous consacrez plusieurs soirées à l’observation des étoiles.

Quand partir

Profitez d’un climat désertique côtier tempéré par le courant de Humboldt, agréable presque toute l’année. Attendez-vous en revanche à une brume matinale fréquente sur la côte, la fameuse camanchaca, qui se dissipe généralement en cours de matinée. Pour l’observation des étoiles, privilégiez plutôt les nuits d’hiver, plus sèches et moins nuageuses.

Bon à savoir

La monnaie utilisée est le peso chilien. Côté sécurité, France Diplomatie, mise à jour le 29/07/2026, ne signale aucun risque spécifique pour La Serena. Le ministère recommande toutefois une vigilance générale contre les vols dans l’ensemble du pays. Pensez enfin à une protection solaire adaptée : le soleil du Norte Chico reste puissant toute l’année.

Le saviez-vous ?

La Serena est traditionnellement présentée comme la deuxième ville la plus ancienne du Chili, après Santiago. Ce statut reste toutefois disputé par la ville d’Arica, dont la fondation daterait de la même période selon certains historiens.

L’orgue de la cathédrale de La Serena a été offert par la philanthrope chilienne Juana Ross de Edwards. Cette figure est connue pour avoir financé plusieurs infrastructures publiques dans le pays au XIXe siècle.

Questions fréquentes

Comment aller à La Serena depuis Santiago ?

Le plus rapide est un vol direct vers l’aéroport La Florida, environ une heure de trajet. En bus depuis le Terminal San Borja, comptez environ 6h20.

Combien de jours faut-il pour visiter La Serena ?

Comptez au minimum 3 jours pour le centre historique, Coquimbo et une excursion, et jusqu’à 5 jours si vous ajoutez le Valle del Elqui et une soirée d’observation des étoiles.

Peut-on observer les étoiles à La Serena toute l’année ?

Oui, mais les nuits d’hiver, plus sèches et dégagées, offrent généralement les meilleures conditions. Réservez votre sortie d’observation à l’avance, surtout en haute saison.

La Serena est-elle une destination sûre ?

Oui dans l’ensemble. France Diplomatie ne signale aucun risque particulier pour la région, seulement une vigilance générale contre les vols valable pour tout le Chili.

Quelle est la meilleure période pour voir les pingouins de Humboldt ?

Les excursions vers la réserve fonctionnent toute l’année, en journée. Vérifiez les disponibilités avant de partir, la capacité d’accueil étant limitée en haute saison.

Préparez votre voyage à La Serena

Prêt à explorer La Serena ? Voici par où commencer :

  • Comparez les vols directs vers l’aéroport La Florida avec nos partenaires aériens.
  • Réservez votre location de voiture pour explorer le Valle del Elqui à votre rythme.
  • Trouvez un hébergement dans le centre historique ou le long de l’Avenida del Mar.
  • Découvrez les circuits organisés vers la réserve du Pingüino de Humboldt et les observatoires.

Mis à jour le 07/08/2026

Sources

  1. Wikipedia (anglais), « La Serena, Chile » (fondation, refondation, population, climat, architecture, cathédrale, plages, attaques de pirates, séisme de 1730, industrialisation, Plan Serena) : https://en.wikipedia.org/wiki/La_Serena,_Chile
  2. Wikipedia (espagnol), « Catedral de La Serena » (architecte Juan Herbage, dates de construction 1844-1856, style néoclassique) : https://es.wikipedia.org/wiki/Catedral_de_La_Serena
  3. Diario El Día, « El Barrio Inglés: legado británico que marcó el desarrollo de Coquimbo » (arrivée des marchands britanniques dès 1840, architectes Robert Owen et Joseph Bradford, tsunami de 1922) : https://www.diarioeldia.cl/noticias/2026/04/16/134450-el-barrio-ingles-legado-britanico-que-marco-el-desarrollo-de-coquimbo
  4. Wikipedia (anglais), « Cruz del Tercer Milenio » (hauteur de 83 mètres, construction 1999-2001, colline El Vigía) : https://en.wikipedia.org/wiki/Cruz_del_Tercer_Milenio
  5. Wikipedia (espagnol), « Observatorio Interamericano del Cerro Tololo » (altitude 2 200 m, mise en service 1967, télescope Víctor Blanco opérationnel depuis 1976, visites publiques du samedi) : https://es.wikipedia.org/wiki/Observatorio_Interamericano_del_Cerro_Tololo
  6. Gochile.cl, « Reserva Nacional Pingüino de Humboldt » (localisation à 120 km de La Serena, îles Damas/Choros/Chañaral, faune, horaires de visite) : https://www.gochile.cl/en/pinguino-de-humboldt-national-reserve/
  7. Wikipedia (espagnol), « Pisco chileno » (décret d’appellation d’origine de 1931, zones Atacama et Coquimbo, renommage de Pisco Elqui en 1936) : https://es.wikipedia.org/wiki/Pisco_chileno
  8. Museo Gabriela Mistral de Vicuña, Servicio Nacional del Patrimonio Cultural (musée consacré à Gabriela Mistral à Vicuña) : https://www.patrimoniocultural.gob.cl/galeria/museo-gabriela-mistral-de-vicuna
  9. Plataforma Urbana, « Polémica por cuál es la segunda ciudad más antigua de Chile » (controverse La Serena/Arica sur le rang de deuxième ville la plus ancienne du pays) : https://www.plataformaurbana.cl/archive/2016/04/09/polemica-por-cual-es-la-segunda-ciudad-mas-antigua-de-chile/
  10. Trip.com, durée de vol Santiago-La Serena (environ 58 à 59 minutes) : https://es.trip.com/hot/duracion-vuelo-santiago-la-serena/
  11. Rome2Rio, durée du trajet en bus Santiago-La Serena (environ 6h20, départ Terminal San Borja) : https://www.rome2rio.com/s/Santiago/La-Serena
  12. France Diplomatie, ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, « Chili, sécurité » (mise à jour du 29/07/2026, vigilance générale contre les vols, aucune mention spécifique de La Serena ou de la région de Coquimbo) : https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/information-par-pays/chili/conseils-aux-voyageurs-securite
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