Honduras : l’ex-président Juan Orlando Hernández jugé en liberté dans l’affaire de corruption Pandora II

4 août 2026

L’ancien président du Honduras Juan Orlando Hernández (2014-2022) a comparu le lundi 3 août 2026 devant le Tribunal pénal contre le crime organisé pour l’affaire dite « Pandora II », qui porte sur un détournement présumé d’environ 10,8 millions de dollars vers deux fondations entre 2010 et 2013, période où il présidait le Parlement hondurien. Ces fonds auraient servi à financer sa campagne présidentielle de 2013, selon La Prensa et El Heraldo. Il est poursuivi pour fraude et blanchiment d’actifs.

Une libération sous conditions strictes

Le tribunal a ordonné qu’Hernández se défende en liberté plutôt qu’en détention provisoire, révoquant son mandat d’arrêt. Il devra toutefois rester dans le pays, se soumettre à une surveillance hebdomadaire de son équipe juridique et respecter une caution sur parole. La prochaine audience, consacrée à la présentation des preuves, est prévue le 12 août 2026 ; sa présence n’y est pas obligatoire, selon les mêmes sources.

L’affaire Pandora II, un dossier ouvert depuis 2023

Ce dossier, distinct de l’affaire « Pandora I » qui visait l’ex-président Porfirio Lobo (classée sans suite), a été formellement ouvert en octobre 2023 par le parquet spécialisé contre les réseaux de corruption. Un différend juridique persiste par ailleurs sur la juridiction compétente : un magistrat de la Cour suprême s’est déclaré incompétent, estimant que l’affaire ne concerne pas un haut fonctionnaire actuellement en exercice, ce que conteste la défense d’Hernández.

Un retour au pays rendu possible par une grâce de Trump

Hernández avait été extradé vers les États-Unis en 2022 et condamné en 2024 à 45 ans de prison pour trafic de drogue. Il a bénéficié d’une grâce présidentielle totale accordée par Donald Trump le 1er décembre 2025, qui a justifié sa décision en affirmant que l’ex-président n’avait pas bénéficié d’un procès équitable et qu’il s’agissait selon lui d’un coup monté par l’administration Biden. Hernández est rentré au Honduras le 26 juillet 2026, accueilli à l’aéroport de Palmerola par sa famille et des dizaines de sympathisants de son parti, le Parti national. Il a confié sur les réseaux sociaux ressentir une émotion et une joie profondes de rentrer chez lui, selon Al Jazeera.

Des doutes sur l’indépendance du procès

Des voix critiques s’inquiètent d’un procès de façade. L’avocat et chercheur en droits humains Joaquín Mejía a estimé qu’Hernández allait probablement se voir accorder des mesures alternatives à la détention pour sauver les apparences, avant de terminer la procédure sans sanction réelle, selon Al Jazeera.

Sources : La Prensa, 03/08/2026 ; El Heraldo, 03/08/2026 ; Al Jazeera, 26-27/07/2026

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