GEOGRAPHIE – HONDURAS

Géographie du Honduras

Le Honduras est le deuxième plus grand pays d’Amérique centrale par la superficie, avec 112 090 km². Il est enclavé entre le Guatemala au nord-ouest, El Salvador au sud-ouest et le Nicaragua au sud-est, et dispose d’une double façade maritime : une longue côte caribéenne au nord et un accès au golfe de Fonseca sur le Pacifique au sud. Son relief est l’un des plus accidentés de l’isthme, plus des trois quarts du territoire sont montagneux, et abrite dans son extrémité nord-est la Mosquitia, la plus grande forêt tropicale humide d’Amérique centrale au nord de la Colombie.

Chiffres clés

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Superficie : 112 090 km² (CIA World Factbook) Population : environ 11,0 millions d’habitants (2025, Worldometer/UNFPA) Capitale : Tegucigalpa Point culminant : Cerro Las Minas (Pico Celaque), 2 870 m Point le plus bas : niveau de la mer (côtes caribéenne et pacifique) Littoral total : 820 km (principalement caribéen) Frontières terrestres : Nicaragua (940 km), El Salvador (391 km), Guatemala (244 km), total : 1 575 km Organisation administrative : 18 départements Principal fleuve intérieur : Río Patuca, environ 500 km Seul grand lac naturel : Lake Yojoa, 79 km²

Relief et régions géographiques

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Les hautes terres intérieures

Le centre et l’ouest du Honduras sont dominés par un vaste massif montagneux formé de roches cristallines anciennes (granites, gneiss) et de terrains volcaniques tertiaires. Les altitudes dépassent régulièrement 2 000 m et les vallées inter-montagneuses (entre 600 et 1 200 m) constituent les zones les plus peuplées du pays. Contrairement au Guatemala voisin, le Honduras ne possède pas de volcans actifs, ses montagnes sont géologiquement plus anciennes et érodées.

Le Cerro Las Minas (également appelé Pico Celaque, 2 870 m selon les données SRTM), dans le département de Lempira, est le point culminant du pays. Il est protégé par le Parc national Celaque, l’une des plus grandes étendues de forêt nuageuse du Honduras. Les cartographies topographiques locales au 1/50 000 indiquent parfois 2 849 m, mais la mesure SRTM (Shuttle Radar Topography Mission) et la CIA World Factbook retiennent 2 870 m. La Sierra de Agalta (Olancho), la Sierra de Nombre de Dios (côte caraïbe) et les montagnes de Celaque (Lempira-Ocotepeque) constituent les principaux massifs.

La vallée de Comayagua (600-800 m), au centre du pays, est le couloir de communication historique entre les deux côtes. Tegucigalpa se situe dans une vallée encaissée à 975 m d’altitude.

Les plaines côtières caribéennes (nord)

Le nord du Honduras est bordé par une plaine littorale caribéenne relativement étroite mais agricolement très productive : c’est la zone bananière historique, dominée au XX​e siècle par les compagnies américaines United Fruit et Standard Fruit (aujourd’hui Dole et Chiquita). Les villes de San Pedro Sula et La Ceiba s’y trouvent. La Sierra de Nombre de Dios sépare abruptement cette plaine côtière des hautes terres intérieures. Le delta du río Ulúa et ses plaines alluviales sont parmi les terres les plus fertiles du pays.

La Mosquitia (nord-est)

La Mosquitia (ou Muskitia) est la région la plus isolée et la moins peuplée du Honduras, couvrant environ 20 000 km² dans les départements de Gracias a Dios et Colón. Elle forme la plus grande forêt tropicale humide continue d’Amérique centrale, une mosaïque de forêts de pins sur savane, de forêts galeries, de mangroves, de lagunes côtières et de forêts tropicales denses. C’est l’un des derniers grands territoires vierges de l’isthme. La lagune de Caratasca (environ 300 km²) et la lagune de Brus sont les principales étendues d’eau de la zone. Le peuple Miskitu y vit depuis des siècles.

Les plaines du Pacifique et le golfe de Fonseca (sud)

Le Honduras n’a qu’une façade pacifique de 128 km sur le golfe de Fonseca, un golfe partagé avec El Salvador et le Nicaragua. Les plaines côtières pacifiques sont plus sèches et plus chaudes que la façade caraïbe. La zone est dominée par l’élevage extensif et la crevetticulture. Le département de Choluteca est le plus aride du pays, avec une végétation de forêt sèche et de savane.

Points extrêmes et îles

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Le Cerro Las Minas (2 870 m, département de Lempira) est le point culminant national. Les Îles de la Baie (Islas de la Bahía) constituent les points les plus au nord du pays. Parmi elles, Roatán (50 km de long, 5 km de large) est la plus grande, suivie de Guanaja et Utila. Ces îles sont posées sur le Système de récifs mésoaméricains (Mesoamerican Barrier Reef System), le deuxième plus grand récif corallien du monde après la Grande Barrière de Corail australienne. Les eaux autour des Îles de la Baie sont classées parmi les meilleures destinations de plongée des Caraïbes. À l’extrême est, les Cayes des Cygnes (Cayos Cochinos) forment un archipel corallien protégé.

Fleuves et hydrographie

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Le réseau hydrographique hondurien est dense, alimenté par des précipitations abondantes sur les versants nord des montagnes. Les fleuves s’écoulent majoritairement vers la mer des Caraïbes au nord, et plus modestement vers le Pacifique au sud.

Les principaux fleuves

Le río Coco (río Segovia) est le plus long fleuve d’Amérique centrale avec environ 750 km, dont la majeure partie forme la frontière internationale avec le Nicaragua. Il prend sa source dans les montagnes du centre-nord du Honduras et se jette dans la mer des Caraïbes, à proximité de la Mosquitia. Son cours inférieur est navigable.

Le río Patuca (environ 500 km) est le plus long fleuve entièrement hondurien. Il draine une grande partie du centre et de l’est du pays, traverse la Mosquitia et se jette dans la mer des Caraïbes. Son bassin supérieur, dans la Réserve de biosphère Río Plátano, est l’un des mieux préservés du pays.

Le río Ulúa est le fleuve le plus important économiquement : il irrigue la plaine bananière du nord et se jette dans la baie de Cortés, près de Puerto Cortés. Son bassin, le plus fertile du Honduras, est le moteur agricole et industriel du pays.

Le río Choluteca draine le versant pacifique et se jette dans le golfe de Fonseca après avoir traversé la capitale Tegucigalpa. C’est lui qui a provoqué les inondations catastrophiques lors de l’ouragan Mitch (octobre 1998), qui fit plus de 7 000 morts au Honduras et détruisit une large part de l’infrastructure nationale.

Le río Lempa prend partiellement sa source au Honduras (département d’Ocotepeque) avant de traverser El Salvador.

Le lac Yojoa

Le Lake Yojoa (79 km²) est le seul grand lac naturel du Honduras. Situé à 635 m d’altitude entre les départements de Cortés, Santa Bárbara et Comayagua, il est entouré de montagnes et de forêts nuageuses. C’est le plus important site ornithologique du pays (plus de 400 espèces d’oiseaux observées), une zone de pêche artisanale majeure et un site touristique en développement. Il est alimenté par des sources et des rivières des montagnes environnantes et se déverse dans le río Lindo.

Zones climatiques

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Le Honduras présente une diversité climatique marquée, principalement déterminée par l’altitude et l’exposition aux vents alizés du nord-est.

La côte caraïbe, tropical humide

La façade nord est exposée aux alizés qui apportent des pluies quasi permanentes toute l’année. Les précipitations annuelles varient entre 1 500 et 3 000 mm selon les zones, mais peuvent dépasser 4 000 mm sur les versants exposés de la Sierra de Nombre de Dios. Les températures moyennes sont de 26 à 28 °C. Il n’y a pas de saison sèche nette. La côte caraïbe est régulièrement exposée aux ouragans atlantiques entre juin et novembre, le Honduras a été le pays le plus touché par l’ouragan Mitch (1998) dans toute l’Amérique centrale.

Les hautes terres intérieures, tempéré d’altitude

À Tegucigalpa (975 m), les températures sont agréables : 15 à 27 °C toute l’année, avec une saison sèche de novembre à avril et une saison des pluies de mai à octobre. Les précipitations annuelles oscillent entre 1 000 et 1 500 mm. Plus en altitude, dans les zones de forêt nuageuse (au-dessus de 1 800 m), les températures nocturnes peuvent descendre sous 5 °C et le brouillard est permanent une grande partie de l’année.

La Mosquitia, tropical de basse altitude

La Mosquitia combine chaleur constante (27-30 °C) et précipitations élevées (2 000 à 3 000 mm/an). La saison des pluies est marquée, mais les pluies ne cessent jamais complètement. Les lagunes côtières sont soumises aux houles et aux tempêtes tropicales atlantiques.

La plaine pacifique, tropical sec

Le sud du pays est nettement plus aride. Choluteca reçoit entre 800 et 1 200 mm de pluies par an, concentrées sur la seule saison des pluies (mai-octobre). Les températures dépassent fréquemment 35 à 38 °C en saison sèche. C’est la zone la plus soumise aux sécheresses, en lien avec le phénomène El Niño et le Corridor sec centraméricain.

Biodiversité et espaces naturels

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Le Honduras figure parmi les pays à la plus forte biodiversité relative d’Amérique centrale, grâce à la diversité de ses écosystèmes : forêts nuageuses, forêts tropicales humides, forêts de pins et de chênes, mangroves, savanes de la Mosquitia et récifs coralliens.

Chiffres clés

Le pays recense plus de 8 000 espèces végétales, environ 733 espèces d’oiseaux, 226 de mammifères, 225 de reptiles et 105 d’amphibiens. Le jaguar (Panthera onca), le tapir de Baird et le pécari à lèvres blanches subsistent dans la Mosquitia et dans les parcs nationaux de l’est. Le ara écarlate (Ara macao), ou guacamaya roja, niche principalement dans la Mosquitia hondurienne, l’une des plus importantes populations restantes en Amérique centrale.

Les espaces protégés majeurs

Réserve de biosphère Río Plátano, Classée patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1982 (l’un des premiers sites d’Amérique centrale). Couvre environ 832 000 ha dans les départements de Gracias a Dios, Colón et Olancho. Forêts tropicales humides de plaine, forêts galeries, mangroves, savanes de pins. Habitat du jaguar, du tapir, du lamantin des Caraïbes (Trichechus manatus), du dauphin tucuxi et de nombreuses espèces menacées. Le site a été placé sur la Liste du patrimoine mondial en péril de l’UNESCO entre 2011 et 2021 en raison de l’empiétement agricole et du narcotrafic.

Parc national Celaque, Dans le département de Lempira. Abrite le point culminant du pays (2 870 m) et la plus grande forêt nuageuse du Honduras, soit environ 26 600 ha. Habitat du quetzal resplendissant.

Parc national Pico Bonito, Sur la côte caraïbe, près de La Ceiba. Transition entre la plaine côtière et les hauteurs de la Sierra de Nombre de Dios. Cascades spectaculaires, forêts très humides (plus de 3 000 mm/an), habitat du puma.

Réserve naturelle Cayos Cochinos, Archipel corallien protégé depuis 1994. Site de recherche marine de l’Université hondurienne. Récifs coralliens parmi les mieux préservés des Caraïbes d’Amérique centrale.

Îles de la Baie / Système de récifs mésoaméricains, Le récif corallien qui longe les côtes des Îles de la Baie fait partie du Système de récifs mésoaméricains (MBRS), le deuxième plus grand récif-barrière du monde (après la Grande Barrière australienne), partagé avec le Mexique, le Belize et le Guatemala. Les fonds marins autour de Roatán et Utila sont mondialement réputés pour la plongée sous-marine, notamment pour les requins-baleines (Rhincodon typus) observés régulièrement près d’Utila.

Forêts de pins de la Mosquitia, Unique en Amérique centrale, la Mosquitia abrite de vastes savanes de pins (Pinus caribaea) sur des sols sableux drainés, alternant avec des forêts galeries tropicales. Cet écosystème, rare à cette latitude, est dû à des conditions géologiques et hydrologiques particulières.

Géographie humaine

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Le Honduras est l’un des pays les plus ruraux et les plus pauvres d’Amérique latine, avec environ 45 % de la population vivant en zones rurales et une densité nationale de 98 habitants/km². La population est inégalement répartie : les hautes terres centrales (Francisco Morazán, Cortés, Comayagua) concentrent l’essentiel des habitants, tandis que la Mosquitia et les zones frontalières du Nicaragua sont quasi désertes.

Les principales villes

Tegucigalpa, Capitale et plus grande ville. Elle forme avec Comayagüela (ville sœur de l’autre rive du río Choluteca) le District central, avec environ 1,4 à 1,5 million d’habitants dans l’aire métropolitaine. Située dans une vallée encaissée à 975 m d’altitude, elle est connue pour ses quartiers coloniaux et sa géographie urbaine contrainte par les montagnes environnantes.

San Pedro Sula, Deuxième ville et capitale économique et industrielle. Environ 900 000 habitants dans l’aire métropolitaine. Située dans la Valle de Sula, au cœur de la plaine agricole caribéenne. Principal nœud de l’industrie textile (maquila), du commerce et de l’agroexportation. A longtemps souffert d’un taux d’homicides parmi les plus élevés du monde, bien qu’en fort recul depuis 2016.

La Ceiba, Troisième ville, environ 200 000 habitants. Principal port caribéen et point d’accès aux Îles de la Baie. Siège des compagnies fruitières au XX​e siècle.

Choluteca, Environ 145 000 habitants dans l’aire du Pacifique. Centre commercial du sud.

Comayagua, Ancienne capitale coloniale du Honduras jusqu’en 1880, environ 110 000 habitants. Centre administratif et militaire historique.

Organisation administrative

Le Honduras est une République présidentielle divisée en 18 départements. Les départements sont subdivisés en 298 municipalités. Parmi les 18 départements, Gracias a Dios (La Mosquitia) est le plus grand par la superficie (16 997 km²) et le moins peuplé. Le département des Islas de la Bahía est le seul entièrement insulaire.

Géographie du Honduras: Chiffres

Capitale: Tegucigalpa
Superficie: 112 492 km²
5 fois plus petit que la France
88 fois plus petit que le Canada
mais 2,5 fois la Suisse
et 3,5 fois la Belgique
Population: 6 millions
Urbaine à 48 %
Rurale à 52 %
Densité 53 hab/km²
provinces
Indice de fécondité: 4,3 enfants/femme
Espérance de vie: 72 / 68 ans
Taux d’alphabétisation: 70 %
Langue: Espagnol
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