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Géographie de Cuba
Cuba est la plus grande île des Caraïbes, avec 110 860 km². Située à l’entrée du golfe du Mexique, à seulement 150 km au sud de Key West (Floride), elle est à la fois le pays le plus vaste et le plus peuplé des Antilles. Sa forme allongée, près de 1 250 km d’est en ouest pour 31 à 193 km du nord au sud, lui confère une position stratégique majeure entre l’Atlantique nord, la mer des Caraïbes et le golfe du Mexique. Contrairement aux autres grandes îles caribéennes, Cuba est un pays de plaines dominantes, sans chaîne de montagne centrale continue, ce qui a profondément façonné son histoire agricole.
Chiffres clés
Superficie : 110 860 km² (CIA World Factbook) Population : environ 9,8 millions d’habitants (fin 2024, ONEI, en fort recul dû à l’émigration massive) Capitale : La Havane Point culminant : Pico Turquino, 1 974 m Point le plus bas : niveau de la mer (côtes atlantique et caraïbe) Littoral : 3 735 km Frontières terrestres : aucune (État insulaire) Organisation administrative : 15 provinces et 1 municipalité spéciale (Isla de la Juventud)
Note sur la population : Cuba traverse une crise démographique sans précédent. L’ONEI (Oficina Nacional de Estadística e Información) a enregistré une perte de plus de 300 000 habitants en 2024, après une baisse de 1,4 million entre 2020 et 2024, principalement due à une émigration massive vers les États-Unis, l’Espagne et d’autres pays. La population officielle est passée en dessous de 10 millions en 2024.
Relief et régions géographiques
Environ 75 à 80 % du territoire cubain est constitué de plaines et de plateaux, ce qui distingue Cuba de la plupart de ses voisins caribéens. Trois massifs montagneux structurent le reste du relief.
La plaine occidentale et la cordillère de Guaniguanico
L’ouest de l’île (province de Pinar del Río) est dominé par la cordillère de Guaniguanico, divisée en deux sous-ensembles : la Sierra de los Órganos à l’ouest, et la Sierra del Rosario à l’est. Le point culminant de cet ensemble dépasse à peine 700 m. C’est dans la Sierra de los Órganos que se trouvent les célèbres mogotes de Viñales, des collines calcaires à parois quasi verticales, reliques karstiques d’un ancien plateau calcaire érodé, uniques en leur genre à Cuba et classées au patrimoine mondial de l’UNESCO. La vallée de Viñales, creusée entre ces formations, est le berceau de la culture du tabac de Vuelta Abajo, considérée comme la meilleure au monde.
Les grandes plaines centrales
Le cœur de Cuba est une vaste plaine fertile qui s’étend des environs de La Havane jusqu’à l’est de la province de Camagüey. Ce sont les terres agricoles les plus productives de l’île, historiquement dédiées à la canne à sucre. La région est ponctuée de collines basses (lomas) et de zones humides. La province de Matanzas, au nord-centre, est connue pour ses plages de sable blanc et ses systèmes de grottes karstiques, dont la Cueva de Bellamar, l’une des plus grandes des Caraïbes.
L’Escambray (massif central)
Au centre-sud de l’île, dans les provinces de Cienfuegos, Villa Clara et Sancti Spíritus, le massif de l’Escambray (Trinidad Mountains en anglais) constitue le deuxième relief majeur du pays. Son point culminant, le Pico San Juan, atteint environ 1 156 m. Ce massif boisé, couvert de forêts de pins et de forêts humides, a joué un rôle majeur dans la guerre civile cubaine des années 1960, lorsque des groupes anti-castristes y menèrent une guérilla pendant plusieurs années.
La Sierra Maestra (sud-est)
Au sud-est de l’île, dans la province de Santiago de Cuba, la Sierra Maestra est le massif le plus élevé et le plus spectaculaire de Cuba. Elle se dresse abruptement sur la côte méridionale, séparée de la mer par une frange côtière étroite. Elle abrite le Pico Turquino (1 974 m), point culminant de Cuba et de l’ensemble des Antilles espagnoles. Fidel Castro et ses guérilleros y ont établi leur base d’opérations entre 1956 et 1959. Le Parc national Turquino (229 km²) protège le cœur de ce massif.
L’est de l’île (Oriente)
La région orientale, provinces de Holguín, Granma, Santiago de Cuba et Guantánamo, est la plus montagneuse et la plus diversifiée géographiquement. Elle englobe la Sierra Maestra, les contreforts de la Sierra del Cristal au nord, et la péninsule de Guanahacabibes à la pointe occidentale (parc de biosphère UNESCO). La côte de Guantánamo, à l’extrême est, est également le site de la baie de Guantánamo, dont une portion reste sous contrôle américain depuis 1903.
Points extrêmes
Le Pico Turquino (1 974 m, province de Santiago de Cuba, Sierra Maestra) est le point culminant de Cuba et de toutes les Grandes Antilles. C’est le seul endroit à Cuba où de la neige a été officiellement enregistrée, en février 1900. Un buste en bronze de José Martí y a été érigé en 1953. Le point le plus bas est le niveau de la mer sur les deux côtes. Le point le plus occidental est le Cabo San Antonio (péninsule de Guanahacabibes), et le plus oriental le Punta de Maisí, à environ 1 200 km de distance.
Fleuves, lacs et côtes
Cuba est une île et ne partage aucun bassin fluvial avec un pays voisin. Ses cours d’eau sont courts et à débit irrégulier, en raison du relief modéré et de la forme allongée de l’île.
Les principaux fleuves
Le río Cauto est le plus long fleuve de Cuba, avec environ 343 km. Il prend sa source dans la Sierra Maestra et coule vers le nord-ouest avant de se jeter dans le golfe de Guacanayabo (mer des Caraïbes). Il traverse les provinces de Granma et Holguín et a une importance historique et agricole majeure pour l’est du pays.
Parmi les autres cours d’eau importants : le río Sagua la Grande (province de Villa Clara, versant atlantique), le río Zaza (plus grand réservoir artificiel de Cuba), et le río Toa (province de Guantánamo), qui présente le débit le plus régulier de l’île grâce aux forêts de montagne de la Sierra del Cristal.
Les lacs et lagunes
Cuba ne possède pas de grands lacs naturels profonds. La Laguna de Leche (province de Ciego de Ávila), avec ses 67 km², est le plus grand lac naturel de l’île. Elle tire son nom de la couleur laiteuse que lui donnent les dépôts calcaires en suspension. La Laguna la Redonda, voisine, est un site de pêche réputé. Le plus grand plan d’eau est l’embalse Zaza (réservoir artificiel, province de Sancti Spíritus), qui couvre environ 113 km².
Le littoral et les îles
Cuba compte 3 735 km de côtes et possède environ 4 195 îles, îlots et cayos (cayes), regroupés en quatre archipels : los Colorados (nord-ouest), Sabana-Camagüey (nord-centre), Jardines de la Reina (sud-centre) et los Canarreos (sud-ouest). La plus grande île secondaire est l’Isla de la Juventud (2 200 km²), ancienne île des Pins, qui a statut de municipalité spéciale.
Zones climatiques
Cuba a un climat tropical avec deux saisons distinctes : la saison sèche (novembre à avril) et la saison des pluies (mai à octobre). Le pays est régulièrement exposé aux ouragans entre juin et novembre.
Le climat général des plaines
Les températures sont stables toute l’année : moyennes de 22 °C en janvier à 28 °C en août dans les plaines côtières. La Havane reçoit environ 1 200 mm de pluie par an, avec une sécheresse marquée de décembre à mars. Les plaines du sud-est de l’île (Guantánamo, Holguín) sont sensiblement plus arides : certaines zones reçoivent moins de 1 000 mm annuels, avec une végétation épineuse et semi-désertique.
Les zones montagneuses
Les versants nord de la Sierra Maestra et de l’Escambray sont les plus arrosés du pays, avec des précipitations pouvant dépasser 3 000 mm/an. Les températures y sont plus fraîches : en dessous de 10 °C au Pico Turquino en hiver. Ces zones humides alimentent les cours d’eau les plus pérennes de l’île.
Les ouragans
Cuba est l’un des pays des Caraïbes les plus exposés aux ouragans. Parmi les plus dévastateurs des dernières décennies : l’ouragan Flora (1963, plus de 1 000 morts), Michelle (2001), Ike (2008) et Irma (2017, l’un des plus puissants enregistrés dans les Caraïbes). La trajectoire habituelle des ouragans atlantiques traverse l’île d’est en ouest.
Biodiversité et espaces naturels
Cuba est considérée comme l’île la plus riche en biodiversité des Caraïbes par unité de surface. Sa longue histoire d’isolement insulaire a favorisé un taux d’endémisme exceptionnel.
Chiffres clés de la biodiversité
Plus de 6 000 espèces végétales sont recensées, dont environ la moitié sont endémiques à Cuba. Le pays abrite plus de 300 espèces d’oiseaux résidentes, avec un fort endémisme (carpintero real, tocororo, oiseau national —, zunzuncito). Le zunzuncito (Mellisuga helenae), colibri abeille de Cuba, est le plus petit oiseau du monde. Les reptiles comptent de nombreuses espèces endémiques, dont des crocodiles, des jutías (rongeurs arboricoles) et le boa de Cuba.
Les espaces protégés
Cuba compte 14 parcs nationaux et plusieurs réserves de biosphère reconnues par l’UNESCO. Environ 22 % du territoire est sous une forme de protection environnementale.
Parc national Turquino, Sierra Maestra. Forêts de montagne, pins endémiques, faune rare. Lieu historique de la guérilla castriste.
Réserve de biosphère de Guanahacabibes, Péninsule occidentale. Forêts sèches, tortues marines, oiseaux migrateurs. Classée UNESCO.
Jardines de la Reina, Archipel marin au sud-centre, considéré comme l’une des meilleures réserves marines des Caraïbes. Requins, coraux, crocodiles des marais.
Ciénaga de Zapata, Plus grande zone humide des Antilles (plus de 4 500 km²), classée réserve de biosphère UNESCO. Habitat du crocodile de Cuba (Crocodylus rhombifer), espèce endémique en danger critique d’extinction.
Parc national Alejandro de Humboldt (province de Guantánamo), Classé patrimoine mondial de l’UNESCO. L’une des zones de forêts tropicales les plus riches en espèces endémiques des Caraïbes ; plus de 1 000 espèces végétales dont 70 % sont endémiques.
Le récif corallien
Cuba est entourée de l’un des systèmes de récifs coralliens les plus étendus et les mieux préservés des Caraïbes, grâce en partie au faible développement côtier industriel dû à l’économie planifiée. Les Jardines de la Reina constituent une zone sanctuaire marine où les requins (requins taureaux, pointes noires, citrons) sont abondants et protégés depuis 1996.
Géographie humaine
Cuba est un pays fortement urbanisé pour les Caraïbes, avec environ 77 % de la population en zones urbaines. La densité nationale est d’environ 89 habitants/km², mais ce chiffre baisse rapidement avec l’émigration record des années 2022-2024 (plus de 600 000 Cubains ont émigré vers les seuls États-Unis en 2022-2023 selon les données de l’USCBP).
Les principales villes
La Havane (La Habana), Capitale et de loin la plus grande ville. L’aire métropolitaine compte environ 2,1 à 2,2 millions d’habitants. Centre politique, culturel et économique du pays. Son centre historique (Habana Vieja) est classé patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1982.
Santiago de Cuba, Deuxième ville, environ 440 000 habitants. Capitale culturelle de l’Oriente, berceau de la musique afro-cubaine (son, salsa) et lieu historique de la révolution.
Holguín, Environ 340 000 habitants. Centre agricole et minier de l’est, zone touristique (plages de Guardalavaca).
Camagüey, Environ 320 000 habitants. Troisième province par la surface, centre d’élevage bovin. Son centre historique est classé UNESCO.
Santa Clara, Environ 210 000 habitants. Capitale de la province de Villa Clara, célèbre pour le mausolée du Che Guevara.
Organisation administrative
La réforme territoriale de 2010-2011 a fait passer le nombre de provinces de 14 à 15, plus la municipalité spéciale de l’Isla de la Juventud. Chaque province est subdivisée en municipios. Cuba est une République socialiste à parti unique, gouvernée selon la Constitution de 2019.
