Las Villas : le cœur historique de Cuba, entre villas coloniales et bataille décisive

Ici, aucune plage ni gratte-ciel ne vous attend. Las Villas désigne une ancienne province cubaine, disparue en 1976. Elle recouvre aujourd’hui les provinces de Villa Clara, Cienfuegos et Sancti Spíritus, au centre de l’île. Vous y découvrirez une ville néoclassique fondée par des colons français, puis une autre où s’est jouée la bataille décisive de la révolution cubaine. Des montagnes couvertes d’orchidées complètent le tableau. Peu de voyageurs s’y attardent, pourtant cette région concentre une bonne partie de l’histoire cubaine récente.


L’essentiel

  • : centre de Cuba, provinces actuelles de Villa Clara, Cienfuegos et Sancti Spíritus (ancienne province unique jusqu’en 1976)
  • Y aller : via La Havane, par la route (environ 2h40 à 5h selon la ville) ; pas de vol direct depuis la France
  • Quand : décembre à avril, saison sèche
  • Durée conseillée : 4 à 5 jours pour combiner Cienfuegos, Santa Clara et l’Escambray

Sommaire

Pourquoi visiter Las Villas

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Cette région rassemble en quelques heures de route trois visages très différents de Cuba. Vous passerez d’une ville néoclassique aux façades pastel à une cité rendue célèbre par une bataille de la révolution. Des montagnes de forêt tropicale complètent le trajet. Peu de destinations cubaines offrent un tel contraste sur un territoire aussi resserré.

L’architecture de Cienfuegos surprend d’ailleurs par son originalité. Contrairement à la plupart des villes coloniales de l’île, fondées par des colons espagnols, Cienfuegos fait figure d’exception. Des colons français y ont dessiné le plan urbain et les façades néoclassiques, au début du dix-neuvième siècle. Son centre historique, classé à l’Unesco depuis 2005, ne ressemble à aucun autre sur l’île.

Enfin, vous échapperez à la foule. Contrairement à La Havane, Trinidad ou Varadero, Las Villas reste peu fréquentée par le tourisme international. Vous y croiserez surtout des Cubains, dans des villes qui vivent leur quotidien. Elles ne se mettent pas en scène pour les visiteurs.


Que voir et que faire à Las Villas

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Cienfuegos, la Perle du Sud

Des colons français et espagnols, menés par Louis De Clouet, fondent Cienfuegos le 22 avril 1819. La ville tranche aussitôt avec le reste de Cuba par son urbanisme en damier et ses façades néoclassiques. Le Palacio del Valle, construit entre 1913 et 1917 dans un style mauresque par l’architecte italien Alfredo Colli, abrite aujourd’hui un restaurant et un hôtel haut de gamme. Juste à côté, le Teatro Tomás Terry ouvre ses portes le 12 février 1890, financé par les héritiers de l’homme d’affaires du même nom. Sarah Bernhardt, Enrico Caruso et Anna Pavlova s’y sont produits, dans une salle à l’italienne de 950 places. Flânez enfin sur la péninsule de Punta Gorda et son malecón, prolongement paisible du centre historique classé à l’Unesco en 2005.

Santa Clara, la ville du Che

Capitale de l’ancienne province, Santa Clara doit sa notoriété à une bataille décisive, développée plus bas. Le mausolée de Che Guevara, inauguré le 28 décembre 1988, rassemble les restes du révolutionnaire argentin et de vingt-neuf de ses compagnons, tombés en Bolivie en 1967. Plus de trois millions de visiteurs l’ont fréquenté entre 1997 et 2009. En centre-ville, le Monumento a la Toma del Tren Blindado, dans le Parc Leoncio Vidal, expose les wagons du train blindé déraillé par les rebelles.

San Juan de los Remedios, la ville aux autels dorés

Fondée en 1513 selon les sources, cette ville discrète cache l’une des plus belles églises coloniales du pays. Ses treize autels dorés à l’or fin sont restés dissimulés sous des couches de peinture pendant des siècles, une précaution contre les pillards. Ils n’ont été redécouverts que progressivement, entre 1944 et 1954. Remedios s’anime surtout en fin d’année pour les Parrandas, une compétition festive entre quartiers rivaux. Cette tradition, documentée depuis 1820, est inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco depuis 2018.

Les montagnes de l’Escambray et Topes de Collantes

À la frontière des trois provinces actuelles, ce massif culmine à 1 140 mètres au pic San Juan. Vous y croiserez plus de quarante espèces d’orchidées et une centaine de fougères, certaines arborescentes. La cascade de Caburní, accessible après une marche de trois kilomètres, reste le but de randonnée le plus couru. Suivent les grottes de La Batata et les jardins de la Hacienda Codina. Un ancien sanatorium Art déco, construit en 1954 sous le président Batista pour soigner la tuberculose, domine toujours le site.


Histoire de Las Villas

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Quatre villes coloniales fondent l’identité de la région. Trinidad et Sancti Spíritus naissent en 1514. San Juan de los Remedios suit en 1513 selon les sources disponibles. Santa Clara, plus tardive, apparaît en 1689, après le déplacement de colons fuyant les attaques de pirates sur la côte. Ces « quatre villas » donneront leur nom à toute la province, des siècles plus tard.

L’administration coloniale espagnole crée ensuite la province de Santa Clara en 1878, l’une des six provinces historiques de Cuba. La Constitution cubaine de 1940 la rebaptise officiellement Las Villas, en hommage à ces quatre cités fondatrices. La province connaît ensuite son épisode le plus marquant à la toute fin de 1958 : une bataille qui précipite la chute de Batista, détaillée dans la section suivante.

En 1976, l’Assemblée nationale cubaine, par la loi 1304 du 3 juillet, subdivise Las Villas en trois provinces : Villa Clara, Cienfuegos et Sancti Spíritus. Le dernier recensement avant cette dissolution, en 1943, comptait 938 581 habitants sur l’ensemble du territoire. Le nom « Las Villas » disparaît alors des cartes administratives. Il reste toutefois couramment employé pour désigner cette région du centre de l’île.


Sur la route de la Révolution

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Suivez les traces de la dernière grande bataille de la révolution cubaine. Le 28 décembre 1958, environ trois cents combattants rebelles commandés par Che Guevara attaquent Santa Clara. La ville est alors défendue par plusieurs milliers de soldats gouvernementaux, dix chars et un train blindé. En quelques jours, les rebelles déraillent le train à l’aide d’un bulldozer et d’explosifs artisanaux. Ils capturent au passage plus de trois cent cinquante hommes.

La chute de Santa Clara précipite l’effondrement du régime. Dans les douze heures qui suivent la prise de la ville, Fulgencio Batista fuit Cuba. La voie s’ouvre ainsi au triomphe de la révolution, le premier janvier 1959. Vous mesurerez l’ampleur de l’événement au musée installé dans les wagons mêmes du train capturé, à Santa Clara.

Ne confondez toutefois pas cet épisode avec la guérilla de l’Escambray. Ce conflit distinct a opposé, de 1959 à 1965, des insurgés anti-castristes réfugiés dans les montagnes voisines aux forces du nouveau régime. Cette histoire postérieure est développée sur la page consacrée à Trinidad, où se trouve le musée qui lui est dédié.


Informations pratiques

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Comment y aller : aucun vol direct ne relie la France à cette région. Rejoignez d’abord La Havane, puis comptez environ 280 kilomètres et cinq heures en bus Viazul jusqu’à Santa Clara, un peu moins par la route en taxi direct. Pour Cienfuegos, comptez environ 243 kilomètres, soit près de deux heures quarante en voiture. Les aéroports internationaux de Santa Clara (Abel Santamaría) et de Cienfuegos (Jaime González, desservi de façon saisonnière par WestJet depuis Montréal) existent bel et bien. Mais la crise du carburant qui frappe Cuba depuis février 2026 change la donne. Depuis le 5 juin 2026, Sunwing et WestJet ont suspendu, pour une durée indéterminée, de nombreuses liaisons canadiennes vers l’île, Santa Clara comprise. Vérifiez donc impérativement la situation avant de réserver.

Se déplacer sur place : les bus Viazul relient les principales villes entre elles. Sur place, taxis et calèches restent les moyens les plus simples pour circuler en ville. Ils permettent aussi de rejoindre les sites proches, comme Topes de Collantes depuis Trinidad ou Cienfuegos.

Où dormir : les casas particulares, chambres chez l’habitant, dominent l’offre à Santa Clara et Remedios. À Cienfuegos, le Palacio del Valle lui-même fait aujourd’hui office d’hôtel de charme. Une offre hôtelière plus classique existe aussi sur la Punta Gorda.

Quand partir : privilégiez, comme ailleurs à Cuba, la saison sèche de décembre à avril. La saison cyclonique s’étend de juin à novembre, avec un pic en septembre-octobre.

Bon à savoir : les coupures de courant liées à la crise énergétique cubaine touchent aussi cette région. Ses infrastructures touristiques restent moins développées qu’à Varadero ou La Havane. Consultez les recommandations de France Diplomatie avant de partir ; aucune alerte particulière ne cible la région.


Le saviez-vous

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Cienfuegos reste l’une des rares villes cubaines fondées par des colons français plutôt qu’espagnols. Cette origine explique encore aujourd’hui son urbanisme si particulier sur l’île.

Les treize autels dorés de l’église de San Juan de los Remedios sont restés cachés sous plusieurs couches de peinture pendant des siècles, une précaution contre les pillards. Ils n’ont été redécouverts qu’entre 1944 et 1954.

Le sanatorium Art déco de Topes de Collantes, aujourd’hui reconverti, a été construit en 1954 sur ordre du président Fulgencio Batista. Il devait alors soigner les malades de la tuberculose, loin de l’image touristique actuelle du site.


FAQ

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Que désigne « Las Villas » aujourd’hui, si la province n’existe plus ? Le nom reste utilisé pour désigner la région du centre de Cuba, correspondant aux provinces actuelles de Villa Clara, Cienfuegos et Sancti Spíritus. Ces trois provinces formaient une seule et même entité jusqu’à leur séparation en 1976.

Comment aller à Las Villas depuis la France ? Aucun vol direct n’existe. Passez par La Havane, puis rejoignez Santa Clara ou Cienfuegos par la route, en bus Viazul ou en taxi. Vérifiez l’état des liaisons aériennes avant de réserver : la région reste touchée par la crise du carburant cubaine.

Combien de jours prévoir pour visiter Las Villas ? Comptez quatre à cinq jours pour combiner Cienfuegos, Santa Clara et une excursion dans les montagnes de l’Escambray.

Las Villas est-elle une destination sûre pour les touristes ? Aucune alerte particulière ne vise la région selon les recommandations de France Diplomatie. Les précautions habituelles restent recommandées, comme partout à Cuba.

Quelle est la meilleure période pour visiter Las Villas ? La saison sèche, de décembre à avril, reste la plus confortable. Évitez si possible la saison cyclonique, de juin à novembre.


Préparez votre voyage à Las Villas

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Prêt à explorer Las Villas ? Voici par où commencer :

Mis à jour le 2 août 2026.


Sources

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