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Géographie du Mexique
Le Mexique est le 14e plus grand pays du monde avec 1 964 375 km², et le deuxième pays hispanophone le plus peuplé, après la Colombie selon certains critères, et devant l’Espagne. Il occupe la partie méridionale de l’Amérique du Nord, entre les États-Unis au nord et le Guatemala et le Belize au sud, avec deux longues façades maritimes : le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes à l’est, l’océan Pacifique à l’ouest. Sa géographie est d’une diversité extrême, déserts nordiques, hauts plateaux volcaniques, forêts tropicales, péninsule karstique, mangroves, et en fait l’un des 17 pays mégadivers de la planète.
Chiffres clés
Superficie : 1 964 375 km² (CIA World Factbook), 14e rang mondial Population : environ 130 à 133 millions d’habitants (2025, estimations CONAPO/INEGI, chiffres variant selon la méthode) Capitale : Ciudad de México (Mexico City) Point culminant : Pico de Orizaba (Citlaltépetl), 5 636 m Point le plus bas : Laguna Salada (Basse-Californie), −10 m Littoral total : 9 330 km (CIA World Factbook) Frontières terrestres : États-Unis (3 155 km), Guatemala (958 km), Belize (276 km) Organisation administrative : 31 États et 1 entité fédérale (Ciudad de México) Plus grand lac naturel : Lago de Chapala, 1 100 km²
Note sur la population : les estimations pour 2025 varient selon les sources entre 130 et 134 millions, en raison de différences méthodologiques entre le recensement INEGI de 2020 (126 millions) et les projections de CONAPO. La fourchette de 130-133 millions est la plus communément retenue.
Relief et régions géographiques
Le territoire mexicain est structuré autour d’un haut plateau central (Altiplano Mexicano) flanqué de deux grandes chaînes montagneuses et encadré de plaines côtières. On distingue dix grandes régions géographiques.
La péninsule de Basse-Californie
La péninsule de Basse-Californie s’étire sur 1 247 km vers le sud dans le Pacifique, séparée du continent mexicain par le golfe de Californie (mer de Cortés). C’est l’une des plus longues péninsules du monde. Son relief est dominé par la Sierra de Baja California (point culminant : Picacho del Diablo, 3 096 m). Le climat y est principalement désertique au nord (Sonoran Desert) et semi-aride au sud. Le golfe de Californie, qui la borde à l’est, est classé patrimoine mondial de l’UNESCO pour sa richesse marine exceptionnelle.
La Sierra Madre Occidentale
La Sierra Madre Occidental est la plus longue chaîne du Mexique, courant sur environ 1 250 km du nord au sud le long du bord occidental du plateau, des États de Sonora et Chihuahua jusqu’au Nayarit et Jalisco. Elle culmine à plus de 3 000 m en plusieurs endroits. Son versant occidental est entaillé de canyons gigantesques, les Barrancas del Cobre (Copper Canyon, dans le Chihuahua), réseau de gorges plus profond et plus étendu que le Grand Canyon du Colorado. Ces canyons sont le territoire du peuple Rarámuri (Tarahumara). Les forêts de pins et de chênes en font un réservoir d’eau douce majeur.
La Sierra Madre Orientale
La Sierra Madre Oriental borde le plateau à l’est, s’étendant sur environ 1 000 km des États de Coahuila et Nuevo León jusqu’à Veracruz et Hidalgo. Elle atteint 3 700 m dans ses parties les plus hautes (pic Peña Nevada, 3 664 m). Elle est percée de gorges profondes (cañones) et abrite des forêts nuageuses d’une grande richesse biologique.
L’Altiplano Mexicain
Entre les deux Sierras Madres s’étend le plateau mexicain (Altiplano), qui couvre environ 40 % du territoire. Il se divise en deux parties : la Mesa del Norte (nord, aride à semi-aride, 1 000-1 500 m) et la Mesa Central (centre, plus humide, 1 500-2 500 m), où se trouvent Mexico, Guadalajara, León et Aguascalientes. Le plateau diminue progressivement en altitude du sud vers le nord, mais reste partout élevé, ce qui confère aux grandes villes mexicaines un climat plus tempéré qu’on ne l’attendrait à cette latitude tropicale.
L’Axe néovolcanique (Eje Volcánico Transversal)
L’Axe néovolcanique est une chaîne volcanique active qui traverse le Mexique d’est en ouest, du Pacifique au golfe du Mexique, sur environ 900 km. Elle porte les plus hauts sommets du pays, dont le Pico de Orizaba (5 636 m), le Popocatépetl (5 426 m, en activité), l’Iztaccíhuatl (5 230 m), le Nevado de Toluca (4 680 m) et la Malinche (4 461 m). L’Axe marque la frontière géographique entre le Mexique septentrional et méridional. Mexico City elle-même est bâtie à 2 240 m d’altitude dans la vallée de l’Anahuac, anciennement occupée par le lac Texcoco, en grande partie asséché.
Les plaines côtières du Golfe
La plaine côtière du golfe du Mexique s’étend du Rio Bravo (frontière nord-est avec les États-Unis) jusqu’au Yucatán, sur une largeur variant de quelques kilomètres à plus de 100 km. Elle est traversée par de nombreux fleuves descendant de la Sierra Madre Oriental. Les États de Veracruz et Tabasco sont les plus arrosés : Tabasco reçoit parfois 3 000 à 4 000 mm de pluies annuelles, le rendant sujet aux inondations chroniques.
La péninsule du Yucatán
La péninsule du Yucatán est une vaste plateforme calcaire basse et plate, altitude maximale à peine 300 m, couvrant environ 197 000 km² partagés entre les États mexicains de Yucatán, Campeche et Quintana Roo, le Belize et le nord du Guatemala. Le calcaire poreux n’a pas de rivières de surface : l’eau s’infiltre et circule dans un réseau souterrain de grottes et de cénotes (puits naturels ouverts sur des rivières souterraines). La côte de Quintana Roo borde la mer des Caraïbes et le Système de récifs mésoaméricains (deuxième plus grand récif du monde). La côte est jalonnée des stations balnéaires de Cancún, Playa del Carmen et Tulum.
La Sierra Madre du Sud et les hautes terres du Chiapas
Au sud-ouest, la Sierra Madre del Sur longe la côte pacifique (États de Guerrero et Oaxaca). Les hautes terres du Chiapas forment la partie méridionale du Mexique, frontalière du Guatemala, et constituent l’un des territoires les plus riches en biodiversité et les plus densément peuplés par des communautés autochtones du pays. Le Canyon del Sumidero (Chiapas), canyon de 1 000 m de profondeur creusé par le río Grijalva, est l’un des sites naturels les plus spectaculaires du Mexique.
Points extrêmes
Le Pico de Orizaba (Citlaltépetl, « montagne de l’étoile » en nahuatl, 5 636 m) est à la fois le point culminant du Mexique, le plus haut volcan d’Amérique du Nord et le troisième plus haut sommet du continent après le Denali (Alaska, 6 190 m) et le mont Logan (Canada, 5 959 m). Il est situé à la frontière des États de Veracruz et de Puebla, dans l’Axe néovolcanique. Son glacier sommital est en fort recul depuis plusieurs décennies. Le point le plus bas est la Laguna Salada (Basse-Californie), à −10 m sous le niveau de la mer.
Fleuves et hydrographie
Le Mexique dispose d’un réseau hydrographique dense, orienté majoritairement vers le golfe du Mexique à l’est, avec des bassins versants secondaires vers le Pacifique et quelques systèmes endoréiques (sans exutoire maritime) sur le plateau nord.
Les principaux fleuves
Le río Bravo del Norte (appelé Rio Grande aux États-Unis) est le plus long fleuve du Mexique par sa longueur totale, 3 034 km —, dont la plus grande partie forme la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Il prend sa source dans les montagnes du Colorado et se jette dans le golfe du Mexique. Il est vital pour l’irrigation agricole du nord du Mexique, notamment dans les États de Chihuahua, Coahuila, Nuevo León et Tamaulipas.
Le río Lerma (environ 708 km) est le plus long fleuve entièrement mexicain. Il prend sa source près de Toluca et traverse les États du centre du pays avant de se jeter dans le lac Chapala, qui l’évacue ensuite vers le Pacifique via le río Grande de Santiago. Son bassin alimente en eau Mexico City et la zone métropolitaine de Guadalajara.
Le río Usumacinta (~1 123 km, dont une grande partie forme la frontière avec le Guatemala) est le fleuve au plus grand débit du Mexique, et l’un des plus importants de toute l’Amérique centrale et mésoaméricaine. Il traverse la forêt Lacandone (Chiapas) avant de rejoindre le río Grijalva dans les plaines du Tabasco et de se jeter dans le golfe du Mexique par un vaste delta. Son bassin abrite les sites mayas de Palenque, Bonampak et Yaxchilán.
Le río Balsas draine le sud-ouest du pays (Michoacán, Guerrero, Puebla) et se jette dans le Pacifique. Son cours alimente le barrage de La Infiernillo, l’une des plus grandes centrales hydroélectriques du Mexique.
Le río Pánuco, le río Grijalva et le río Papaloapan sont les autres grands fleuves du versant du golfe.
Le lac Chapala
Le lago de Chapala (1 100 km², 1 524 m d’altitude) est le plus grand lac naturel du Mexique et le troisième d’Amérique latine. Il est situé aux confins des États de Jalisco et de Michoacán, à 50 km au sud de Guadalajara. Sa profondeur maximale est de 10,5 m seulement, il est très peu profond pour sa taille. Il alimente en eau potable une partie de la zone métropolitaine de Guadalajara (4e ville de Mexico). Sa superficie a fluctué au fil des décennies en raison des prélèvements agricoles et urbains. Le lago de Pátzcuaro (Michoacán) et le lago de Cuitzeo sont d’autres lacs notables du Mexique central.
Zones climatiques
Le Mexique s’étend sur plus de 25 degrés de latitude (de 14° à 32° N) et des altitudes allant de −10 m à 5 636 m, ce qui génère une mosaïque de plus de 60 types climatiques.
Le nord aride et semi-aride
Le nord du pays (Baja California, Sonora, Chihuahua, Coahuila, Nuevo León) est dominé par les déserts et les steppes. Le désert de Sonora (partagé avec les États-Unis) est l’un des plus chauds du monde, avec des températures pouvant dépasser 50 °C en été et des précipitations annuelles inférieures à 250 mm. Il est caractérisé par des saguaros (Carnegiea gigantea), cactus iconiques. Le désert de Chihuahua est le plus grand désert d’Amérique du Nord par la superficie.
L’Altiplano, tempéré d’altitude
Les grandes villes du plateau (Mexico City à 2 240 m, Guadalajara à 1 566 m, Puebla à 2 135 m) bénéficient d’un climat tempéré de montagne malgré leur latitude tropicale : températures de 12 à 22 °C toute l’année, avec une saison des pluies de juin à octobre et une saison sèche de novembre à mai. Mexico City reçoit environ 700 mm de pluies par an, concentrées sur la saison humide.
Le versant du golfe, chaud et humide
Les plaines côtières du golfe, Veracruz et Tabasco notamment, reçoivent des précipitations très élevées (2 000 à 4 000 mm/an), avec un régime pratiquement pluvieux toute l’année. Les États de la côte caribéenne (Quintana Roo) sont exposés aux ouragans atlantiques (saison de juin à novembre), l’ouragan Gilberto (1988), Janet (1955) et Wilma (2005) ont frappé cette région de façon catastrophique.
La péninsule du Yucatán, tropical sec à humide
Le Yucatán a un climat tropical avec une saison sèche marquée (janvier-mai). Les températures restent élevées toute l’année (26-35 °C sur la côte). Les précipitations annuelles varient de 900 mm à Mérida à 1 500 mm dans le Quintana Roo. La côte caribéenne est une cible fréquente des ouragans.
Le sud tropical (Oaxaca, Chiapas)
Les hautes terres du Chiapas et d’Oaxaca combinent des zones de forêt nuageuse et de forêt tropicale humide. La forêt Lacandone (Chiapas) reçoit plus de 3 000 mm/an et abrite une biodiversité exceptionnelle.
Biodiversité et espaces naturels
Le Mexique est officiellement classé parmi les 17 pays mégadivers du monde. Il recense environ 200 000 espèces connues, soit 10 à 12 % de la biodiversité mondiale. Il occupe le 4e rang mondial pour le nombre d’espèces végétales, le 2e pour les mammifères et le 1er pour les reptiles (source : CONABIO et rapports internationaux).
Chiffres clés de la biodiversité
Plus de 25 000 espèces végétales vasculaires, 1 096 espèces d’oiseaux, 535 espèces de mammifères, 864 espèces de reptiles (record mondial), 376 d’amphibiens et 2 695 espèces de poissons. Le taux d’endémisme est élevé : environ 50 % des reptiles sont endémiques du Mexique.
Les espaces protégés majeurs
Réserve de biosphère du papillon monarque (Michoacán-État de Mexico), Classée patrimoine mondial de l’UNESCO (2008). Site d’hivernage de centaines de millions de papillons monarques (Danaus plexippus) qui migrent chaque année depuis le Canada et le nord des États-Unis. Un phénomène naturel unique et spectaculaire.
Réserve de biosphère de Sian Ka’an (Quintana Roo), Classée UNESCO (1987). Plus de 528 000 ha de forêt tropicale, mangroves, marais, lagon et récif corallien. Lamantins, jaguar, tapir, crocodile.
Réserve de biosphère El Vizcaíno (Basse-Californie), Classée UNESCO. Lagunes de Ojo de Liebre et San Ignacio, sites de reproduction de la baleine grise (Eschrichtius robustus), qui y vient chaque hiver depuis les mers de Béring et de Tchouktches.
Parc national du Copper Canyon (Chihuahua), Le réseau des Barrancas del Cobre est un ensemble de six canyons plus profonds que le Grand Canyon américain, abriternt le peuple Rarámuri et une faune montagnarde remarquable.
Réserve de biosphère de Calakmul (Campeche), Classée UNESCO (patrimoine mixte : naturel et culturel). La plus grande forêt tropicale protégée du Mexique. Habitat du jaguar, de l’ara rouge, du tapir de Baird.
Îles et aires marines protégées du golfe de Californie, Classées UNESCO. 244 îles et îlots, habitat des lions de mer de Californie, des baleines bleues, des requins-baleines et d’une biodiversité marine exceptionnelle.
Réserve de biosphère de la forêt Lacandone (Chiapas), L’une des forêts tropicales les mieux préservées d’Amérique du Nord, dernier territoire du peuple Maya Lacandón.
Le quetzal et autres espèces emblématiques
Le jaguar (Panthera onca) subsiste dans les forêts tropicales du Chiapas, de l’Oaxaca, du Campeche et du Quintana Roo. L’axolotl (Ambystoma mexicanum), amphibien endémique du lac Xochimilco (Mexico City), est un symbole national en danger critique d’extinction. Le vaquita marina (Phocoena sinus), petit marsouin endémique du golfe de Californie, est l’animal marin le plus en danger d’extinction au monde, estimé à moins de 10 individus en 2024.
Géographie humaine
Le Mexique est le 11e pays le plus peuplé du monde et le pays hispanophone le plus peuplé de la planète. Son taux d’urbanisation dépasse 80 %, et la Zone métropolitaine du Grand Mexico est la plus grande agglomération d’Amérique du Nord après New York, et la troisième du continent.
Les principales villes
Ciudad de México (CDMX), Capitale fédérale et entité fédérative autonome depuis 2016. Environ 9,2 millions d’habitants dans la ville propre ; la Zone Métropolitaine de la Vallée de Mexico (ZMVM), incluant les municipes de l’État de Mexico et de Hidalgo, concentre 21 à 22 millions d’habitants, la plus grande agglomération d’Amérique latine. Bâtie à 2 240 m d’altitude sur les restes asséchés du lac Texcoco, elle est sujette aux affaissements (jusqu’à 10 cm/an dans certains quartiers, dus au pompage des nappes phréatiques) et aux séismes (tremblement de terre de 1985 : 10 000 morts ; 2017 : 369 morts).
Guadalajara, Capitale de l’État de Jalisco, environ 5,3 millions dans l’aire métropolitaine. Deuxième pôle économique du pays, berceau du mariachi et de la tequila.
Monterrey, Capitale du Nuevo León, environ 5,3 millions dans l’aire métropolitaine. Première ville industrielle et financière du Mexique, à 200 km de la frontière américaine.
Puebla, Environ 3,5 millions dans l’aire métropolitaine. Centre historique colonial classé patrimoine mondial de l’UNESCO, dominé par le Popocatépetl.
Tijuana, Environ 2,1 millions. Frontière avec San Diego (Californie), l’une des frontières les plus traversées au monde.
León (Guanajuato), Ciudad Juárez (Chihuahua), Mérida (Yucatán) et Cancún (Quintana Roo) sont d’autres grandes agglomérations régionales majeures.
Organisation administrative
Le Mexique est une République fédérale composée de 31 États libres et souverains et d’une entité fédérative (Ciudad de México). Chaque État dispose de sa propre constitution, de son gouvernement et de son pouvoir législatif. Les États sont subdivisés en municipios (2 469 au total). La Constitution mexicaine de 1917, la première constitution sociale au monde, reconnaît les droits des peuples autochtones, qui représentent environ 15 à 20 % de la population selon les critères retenus (68 groupes linguistiques autochtones officiellement reconnus).
