L'ECONOMIE ARGENTINE

ECONOMIE – MEXIQUE

Économie du Mexique

Présentation générale

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Le Mexique est la deuxième économie d’Amérique latine, après le Brésil. Avec un produit intérieur brut d’environ 1 853 milliards de dollars en 2024, il fait partie du groupe des quinze plus grandes économies mondiales. Le pays compte quelque 130 millions d’habitants et dispose d’une industrie manufacturière solide, notamment dans l’automobile, l’électronique et l’agroalimentaire.

Sa position géographique est un atout décisif : frontalier des États-Unis sur plus de 3 000 kilomètres, le Mexique est un partenaire commercial incontournable pour son voisin du nord. Cette proximité est à la fois une force, elle attire des usines et des investisseurs, et une vulnérabilité : plus de 80 % des exportations mexicaines sont destinées aux États-Unis.

Depuis 2024, le Mexique est gouverné par Claudia Sheinbaum, première femme présidente de l’histoire du pays, élue en juin 2024 dans la continuité politique de son prédécesseur Andrés Manuel López Obrador.


PIB et croissance économique

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Le PIB nominal du Mexique s’établissait à 1 853 milliards de dollars en 2024, selon la Banque mondiale. Ramené à la taille de la population, cela représente environ 14 400 dollars par habitant, un niveau intermédiaire, inférieur à celui du Chili ou du Costa Rica, mais nettement supérieur à celui des pays d’Amérique centrale.

La croissance économique a été décevante ces dernières années. En 2024, le PIB a progressé de seulement +1,4 % selon le FMI (ou +1,1 % selon d’autres estimations de la Banque mondiale), après +3,2 % en 2023. En 2025, la croissance est tombée encore plus bas : +0,8 % selon les données officielles de l’INEGI (Institut national de statistiques mexicain).

Concrètement, cela signifie que l’économie mexicaine tourne bien en dessous de son potentiel. L’industrie de la construction a reculé, les grands projets d’infrastructure gouvernementaux ont été gelés ou réduits, et l’investissement privé a hésité face aux incertitudes commerciales avec les États-Unis. Seuls les services et l’agriculture ont tiré leur épingle du jeu en 2025.


Inflation et politique monétaire

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L’inflation a représenté un défi significatif pour le Mexique. En 2024, la hausse des prix à la consommation s’est établie à 4,7 %, au-dessus de la cible officielle de la Banque centrale mexicaine (Banxico), qui vise 3 % avec une marge de ±1 point.

Face à cette situation, Banxico a maintenu des taux d’intérêt élevés pendant une bonne partie de 2024, avant d’amorcer prudemment une phase d’assouplissement. Un taux directeur élevé freine l’inflation mais renchérit aussi le crédit, ce qui pèse sur l’investissement et la consommation des ménages.

Côté positif, la baisse progressive de l’inflation a permis de soutenir le pouvoir d’achat des Mexicains à partir du second semestre 2024, et la consommation des ménages est restée l’un des rares moteurs de croissance.


Emploi et marché du travail

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Le taux de chômage officiel au Mexique est très bas : environ 2,7 % en 2025. Ce chiffre peut surprendre pour une économie en faible croissance, mais il s’explique par une particularité du marché du travail mexicain : plus de 55 % des travailleurs exercent dans l’économie informelle.

Concrètement, un vendeur ambulant, un artisan travaillant sans contrat ou un employé de maison non déclaré ne sont pas comptabilisés comme chômeurs, ils ont un « emploi », même précaire, sans protection sociale ni retraite garantie. Le taux de chômage officiel mesure donc uniquement les personnes qui n’ont strictement aucune activité, ce qui en fait un indicateur très partiel de la réalité sociale.

Les salaires minimum ont été régulièrement revalorisés sous les gouvernements AMLO puis Sheinbaum, ce qui a amélioré le pouvoir d’achat des travailleurs les plus modestes. Malgré tout, la productivité stagne et la création d’emplois formels a ralenti en 2025.


Commerce extérieur

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Le Mexique est l’une des grandes puissances commerciales du monde. Ses exportations ont atteint un niveau record d’environ 665 milliards de dollars en 2025, portées par l’industrie manufacturière.

Les principaux produits exportés sont les véhicules automobiles et leurs pièces détachées, les équipements électroniques (écrans, composants informatiques), les machines industrielles et les produits agricoles (tomates, avocats, bière). Le Mexique est, par exemple, le premier exportateur mondial d’avocats.

Le nearshoring est devenu un mot-clé de l’économie mexicaine depuis 2022. Il désigne le phénomène par lequel des entreprises américaines (et de plus en plus asiatiques) relocalisent leurs usines au Mexique plutôt qu’en Chine, pour se rapprocher géographiquement du marché américain et réduire leurs coûts logistiques. Plus de 400 entreprises ont annoncé de tels projets depuis 2022. Selon la Banque interaméricaine de développement, ce mouvement pourrait ajouter jusqu’à 35 milliards de dollars annuels aux exportations mexicaines d’ici 2027, si les conditions restent favorables.

Cependant, cette dynamique fait face à une menace sérieuse : la politique commerciale de l’administration Trump, qui a imposé des droits de douane sur certaines importations mexicaines et remet en question des pans de l’accord USMCA (l’accord de libre-échange entre les États-Unis, le Mexique et le Canada). Pour le Mexique, dont 80 % des exportations vont vers les États-Unis, toute dégradation de cette relation commerciale a des conséquences immédiates.

Le pétrole reste une ressource d’exportation, mais en déclin. Pemex, la compagnie pétrolière nationale, souffre d’un manque d’investissement chronique et d’une production en baisse structurelle. L’État continue de lui accorder un soutien financier considérable, ce qui pèse sur les finances publiques.

Les remesas, les transferts d’argent envoyés par les Mexicains vivant à l’étranger (principalement aux États-Unis), représentent environ 3,7 % du PIB, soit quelque 65 milliards de dollars par an. C’est une manne essentielle pour des millions de familles, et une source de devises que les politiques économiques intérieures ne peuvent pas remplacer.


Finances publiques

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Le Mexique a connu une forte dégradation budgétaire en 2024. Le déficit public a atteint -5,0 % du PIB, soit le plus important depuis plusieurs décennies, en raison d’une politique de dépenses volontariste menée en fin de mandat par López Obrador (grands projets d’infrastructure, soutien à Pemex, programmes sociaux).

Depuis 2025, le gouvernement Sheinbaum s’est engagé dans un effort de consolidation budgétaire. Le déficit a été ramené à -4,3 % du PIB en 2025 selon les données d’Investing.com, ou -3,9 % selon le ministère des Finances mexicain, les deux sources divergent légèrement sur la méthodologie de calcul. La trajectoire est à la baisse, mais l’effort reste incomplet.

La dette publique s’élevait à environ 52,6 % du PIB fin 2025. Ce ratio est modéré en comparaison internationale, mais il progresse régulièrement. L’agence de notation Moody’s a abaissé la note souveraine du Mexique à Baa3 (le niveau le plus bas de la catégorie « investissement sûr ») en raison de ces fragilités budgétaires et du soutien coûteux accordé à Pemex.


Développement humain et inégalités

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Le Mexique se classe au 77e rang mondial selon l’Indice de Développement Humain (IDH) du PNUD, avec un score de 0,781, dans la catégorie « développement humain élevé ». C’est un niveau honorable pour l’Amérique latine, mais qui masque d’importantes disparités entre régions et classes sociales.

L’espérance de vie est d’environ 75 ans. L’accès à l’éducation s’est amélioré sur le long terme, mais des inégalités persistent entre les grandes villes et les zones rurales, notamment dans les États à forte population indigène (Chiapas, Oaxaca, Guerrero).

Le coefficient de Gini, qui mesure les inégalités de revenus sur une échelle de 0 (égalité parfaite) à 100 (inégalité totale), est d’environ 45,4 pour le Mexique selon les dernières données disponibles de la Banque mondiale. C’est un niveau d’inégalité élevé, comparable à d’autres grandes économies de la région. En d’autres termes, les richesses produites restent très concentrées dans les mains d’une minorité aisée.

Les revalorizations successives du salaire minimum (multipliées par plus de deux en termes réels entre 2018 et 2024) ont constitué l’un des rares mécanismes de réduction des inégalités ces dernières années.


Enjeux et perspectives

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Le Mexique se trouve à un carrefour économique délicat en 2025-2026. Plusieurs dynamiques contradictoires sont à l’œuvre.

D’un côté, les opportunités sont réelles : le nearshoring attire des investissements industriels, les exportations manufacturières battent des records, et la jeunesse de la population (âge médian de 30 ans) représente un potentiel de main-d’œuvre important. Le plan économique de la présidente Sheinbaum, baptisé « Plan México », mise sur le soutien à l’industrie nationale et l’attraction d’investissements privés pour relancer la croissance.

De l’autre côté, les risques sont sérieux. La dépendance aux États-Unis est une fragilité structurelle : les menaces tarifaires de l’administration Trump et la renégociation de l’USMCA prévue en 2026 font peser une incertitude majeure sur les exportations mexicaines. L’insécurité liée aux cartels reste un obstacle à l’investissement dans de nombreuses régions. Les finances publiques nécessitent une consolidation durable. Et la productivité stagne depuis des années, ce qui limite la capacité de croissance à long terme.

Les prévisions pour 2026 sont prudentes : le FMI anticipe une croissance de +1,6 %, Goldman Sachs projette +1,3 %, tandis que le gouvernement mexicain reste plus optimiste avec +1,5 à +2,3 %. L’OCDE avait même évoqué un risque de récession légère en 2025-2026, hypothèse rejetée par Mexico.

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