L'ECONOMIE ARGENTINE

ECONOMIE – PEROU

Économie du Pérou

Présentation générale

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Le Pérou est l’une des économies les plus dynamiques d’Amérique latine sur le long terme. Avec un produit intérieur brut d’environ 289 milliards de dollars en 2024, il se classe au quatrième ou cinquième rang de la région, selon l’indicateur retenu. Le pays compte environ 34 millions d’habitants, répartis entre la côte pacifique, les Andes et l’Amazonie.

L’économie péruvienne repose très largement sur ses richesses naturelles : le Pérou est le deuxième producteur mondial de cuivre et d’argent, et l’un des tout premiers pour l’or, le zinc et le plomb. Cette abondance minérale est à la fois le moteur principal de la croissance et une source de vulnérabilité, puisqu’une chute des cours mondiaux peut affecter rapidement les recettes du pays.

Sur le plan politique, le Pérou traverse depuis 2016 une période de grande instabilité. Le pays a connu six présidents en moins de dix ans, des destitutions, des tentatives de coup d’État et des crises institutionnelles à répétition. La présidente actuelle, Dina Boluarte, est en fonction depuis décembre 2022 avec une cote de popularité historiquement basse, autour de 4 %, dans un contexte marqué par des scandales et la montée de l’insécurité.


PIB et croissance économique

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Après une contraction inattendue de -0,4 % en 2023, l’économie péruvienne a rebondi avec vigueur en 2024, affichant une croissance de +3,3 %, la plus élevée depuis la sortie de la crise Covid. Cette reprise a été tirée par plusieurs facteurs : la hausse des exportations minières portée par des cours du cuivre favorables, l’accélération de l’investissement public et la reprise de la consommation des ménages grâce à la baisse de l’inflation.

Le PIB par habitant s’établit à environ 8 500 dollars en termes nominaux, un niveau intermédiaire dans la région, inférieur au Chili ou au Mexique, mais supérieur à la Bolivie ou au Paraguay.

Pour 2025, les estimations divergent selon les sources : la Banque mondiale table sur une croissance de +3,4 %, tandis que l’OCDE est plus prudente avec +2,8 %, invoquant les incertitudes politiques liées aux élections générales prévues en 2026. Le gouvernement péruvien lui-même se montrait encore plus optimiste avec +3,5 %. Ces écarts reflètent principalement des hypothèses différentes sur la demande intérieure et les effets des risques politiques.

Sur la longue durée, la performance péruvienne reste remarquable : entre 2008 et 2024, la croissance annuelle moyenne a été de +3,7 %, l’un des taux les plus élevés d’Amérique latine, souvent qualifié de « miracle silencieux » par les économistes.


Inflation et politique monétaire

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L’inflation est l’un des points forts du Pérou. En 2024, la hausse des prix à la consommation a été ramenée à 2,0 %, parmi les plus basses d’Amérique latine, et elle a continué de baisser en 2025 pour atteindre environ 1,5 %, bien dans la fourchette cible de la Banque centrale (BCRP), qui vise 2 % avec une marge de ±1 point.

Concrètement, les Péruviens ont vu leur pouvoir d’achat se redresser au cours de ces deux années, après la forte poussée inflationniste de 2022 (8,8 %) liée à la crise énergétique mondiale. La maîtrise de l’inflation reflète à la fois la crédibilité de la banque centrale péruvienne, l’une des plus solides de la région, et la stabilité du sol (monnaie nationale), qui a bien résisté malgré les turbulences politiques.


Emploi et marché du travail

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Le taux de chômage officiel au Pérou s’établissait à 5,5 % en 2024, en nette amélioration par rapport aux 6,4 % de 2023. C’est un indicateur encourageant, mais qui, comme dans la plupart des pays de la région, ne reflète qu’une partie de la réalité.

L’économie informelle représente en effet environ 70 % de l’emploi total au Pérou. La majorité des travailleurs, vendeurs de rue, agriculteurs de subsistance, artisans, employés domestiques, exercent sans contrat ni protection sociale. Le taux d’ « emploi adéquat » (c’est-à-dire des emplois qui respectent les normes légales en termes de salaire, horaires et couverture sociale) n’était que de 59,2 % en 2024, même s’il progresse par rapport aux 54,7 % de 2023.

Les inégalités entre Lima, qui concentre une grande partie de l’activité formelle, et les régions andines ou amazoniennes restent très marquées sur le marché du travail.


Commerce extérieur

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Le commerce extérieur est un pilier de l’économie péruvienne. En 2024, le Pérou a enregistré un excédent commercial de 23,8 milliards de dollars (soit environ 8,2 % du PIB), l’un des meilleurs de son histoire, porté par la flambée des cours du cuivre et la bonne tenue des exportations agricoles.

Le secteur minier domine très largement les exportations : il représente plus de 60 % des exportations totales, avec des recettes dépassant 41 milliards de dollars en 2024, en hausse de 7 % sur un an. Le cuivre seul compte pour environ 35 % de toutes les exportations du pays. Le Pérou est le deuxième producteur mondial de cuivre (derrière le Chili), ainsi que le deuxième producteur d’argent au monde.

En dehors des mines, le Pérou exporte aussi des produits agricoles (asperges, raisins, myrtilles, café, cacao, en forte croissance), des produits de la pêche (farine de poisson, dont il est l’un des premiers exportateurs mondiaux) et du textile.

Les principaux marchés d’exportation sont la Chine (premier partenaire commercial, surtout pour les métaux), les États-Unis, l’Union européenne et le Japon. Cette dépendance au marché chinois expose le Pérou aux aléas de la demande industrielle chinoise en cuivre.

Les investissements directs étrangers (IDE) ont atteint 6,9 milliards de dollars en 2024, soit le double de l’année précédente, un signe de regain de confiance des investisseurs malgré l’instabilité politique.


Finances publiques

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Les finances publiques péruviennes sont relativement solides en comparaison régionale, mais elles se sont fragilisées ces dernières années.

La dette publique s’établissait à 34,2 % du PIB en 2024, un niveau modéré, l’un des plus bas d’Amérique latine, qui laisse des marges de manœuvre budgétaires appréciables.

En revanche, le déficit budgétaire s’est creusé : il a atteint -3,5 à -3,6 % du PIB en 2024 (les sources divergent légèrement sur la mesure exacte), dépassant l’objectif de la règle budgétaire nationale qui était fixé à -2,8 %. Ce dérapage s’explique par une hausse des investissements publics et un recul des recettes fiscales. Pour 2025, le gouvernement vise un retour progressif à l’équilibre, avec un plafond révisé à -2,2 % du PIB, mais les institutions internationales jugent cet objectif ambitieux.

Un point structurel préoccupant : les recettes fiscales ne représentent que 17 % du PIB, l’un des ratios les plus faibles de la région. Cela limite considérablement la capacité de l’État à financer des politiques sociales, des infrastructures ou de l’éducation.


Développement humain et inégalités

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Le Pérou se classe au 87e rang mondial selon l’Indice de Développement Humain (IDH) du PNUD, avec un score de 0,762, dans la catégorie « développement humain élevé ». C’est un niveau intermédiaire pour l’Amérique latine, inférieur au Chili, à l’Argentine ou au Costa Rica, mais supérieur à la Bolivie, au Honduras ou au Nicaragua.

L’espérance de vie est d’environ 73 ans. L’accès à l’éducation s’est amélioré sur le long terme, mais des disparités profondes persistent entre Lima et les régions rurales andines ou amazoniennes, où les populations indigènes restent souvent sans accès à des services de base de qualité.

Le coefficient de Gini, indicateur d’inégalité de revenus, est d’environ 40 selon les dernières données disponibles de la Banque mondiale (vers 2022). C’est un niveau d’inégalité significatif, quoique plus modéré que celui d’autres pays de la région comme la Colombie ou le Brésil. La croissance économique des vingt dernières années a permis de réduire sensiblement l’extrême pauvreté (de 60 % en 2004 à moins de 30 % en 2024), mais une large frange de la population reste vulnérable et peut basculer dans la pauvreté en cas de choc économique ou climatique.


Enjeux et perspectives

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Le Pérou présente un paradoxe bien connu des économistes : des fondamentaux macroéconomiques solides, faible dette, faible inflation, excédent commercial, coexistent avec une instabilité politique chronique et des indicateurs sociaux préoccupants.

Depuis 2016, six présidents se sont succédé, victimes de destitutions, de scandales judiciaires ou de démissions. Cette instabilité nuit à la confiance des investisseurs, ralentit les réformes et fragilise les institutions. Les élections générales de 2026 ajoutent une couche d’incertitude supplémentaire, avec plus de 40 partis déjà enregistrés pour le premier tour dans un paysage politique extrêmement fragmenté.

À cela s’ajoutent des défis structurels : la montée de l’insécurité (criminalité organisée, trafic de drogue en expansion dans certaines régions), les conflits sociaux liés aux mines (les projets miniers sont régulièrement bloqués par des communautés locales réclamant leur part des revenus ou dénonçant des impacts environnementaux), et la faiblesse de l’administration fiscale.

Du côté des opportunités, le Pérou bénéficie pleinement de la demande mondiale en cuivre, métal indispensable à la transition énergétique (véhicules électriques, éoliennes, réseaux électriques). La dynamique des exportations agricoles non traditionnelles (myrtilles, avocats, raisins) est également prometteuse. Et la stabilité monétaire reste un ancre de confiance pour les acteurs économiques.

Le FMI et la Banque mondiale prévoient une croissance autour de +3,0 % en 2026, sous réserve d’une transition politique ordonnée et du maintien d’un environnement commercial favorable pour les exportations minières.

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