ECONOMIE – HONDURAS

1. Présentation générale

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Le Honduras est un pays de 10 millions d’habitants situé au cœur de l’Amérique centrale, entre le Guatemala, El Salvador et le Nicaragua. C’est l’un des pays les moins développés du continent américain : son PIB par habitant est parmi les plus faibles de la région, sa pauvreté reste massive et ses inégalités persistantes en font un cas emblématique des difficultés structurelles de l’Amérique centrale.

L’économie hondurienne repose sur deux piliers principaux : d’un côté, une industrie textile et d’assemblage (maquila) très orientée vers les États-Unis ; de l’autre, les envois d’argent de la diaspora hondurienne à l’étranger, les remesas, qui représentent plus d’un quart du PIB et constituent la première source de revenus extérieurs du pays.

Sur le plan politique, la présidente Xiomara Castro (gauche, élue en 2022) a achevé son mandat marqué par une politique sécuritaire musclée inspirée du modèle salvadorien. Les élections générales de novembre 2025 ont amené un nouveau gouvernement, dirigé par Nasry Asfura, de tendance plus conservatrice et pragmatique. Cette transition politique intervient dans un contexte de pression accrue sur les remesas et d’incertitude liée aux relations avec les États-Unis.


2. PIB et croissance

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Le PIB nominal du Honduras s’élevait à 37,1 milliards de dollars en 2024 selon la Banque mondiale. C’est une économie de taille modeste, dont le niveau de vie par habitant reste l’un des plus bas d’Amérique latine.

La croissance économique a enregistré une légère décélération : +3,4 % en 2024, après +3,5 % en 2023. Cette modération tient principalement au ralentissement de l’économie américaine, qui a réduit la demande de textiles honduriens, l’industrie manufacturière a reculé de 7,2 % en 2024. Les remesas et la consommation des ménages ont en partie compensé ce choc.

Pour 2025, la Banque mondiale prévoit une croissance de +3,3 %, dans un contexte de légère amélioration des exportations textiles et de maintien des flux de remesas, malgré les risques liés aux politiques migratoires américaines. Cette trajectoire reste modeste au regard des besoins de développement du pays.


3. Inflation et politique monétaire

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Après un pic à 9,1 % en 2022, sous l’effet des chocs post-Covid et de la guerre en Ukraine, l’inflation s’est progressivement modérée : 6,7 % en 2023, puis environ 4,6 % en 2025, désormais dans la fourchette cible de la Banque centrale du Honduras (4 % ± 1 point).

Le lempira, la monnaie nationale, est géré selon un régime de glissement contrôlé vis-à-vis du dollar américain. Ce système limite les dépréciations brusques et ancre les anticipations d’inflation, mais il contraint la compétitivité des exportations honduriennes à moyen terme.

La baisse de l’inflation est une bonne nouvelle pour les ménages, dont la consommation représente environ 50 % du PIB et qui avaient vu leur pouvoir d’achat rogné en 2022-2023.


4. Emploi et marché du travail

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Le taux de chômage officiel était d’environ 6,8 % en 2023 selon la Banque mondiale. Ce chiffre sous-estime la précarité réelle du marché du travail : une très large majorité des actifs honduriens travaillent dans l’économie informelle, sans contrat, sans protection sociale, sans accès au système de retraite.

Les secteurs qui emploient le plus sont l’agriculture (café, canne à sucre, banane), l’industrie textile d’assemblage et le secteur informel urbain. Les zones rurales, où vit une grande partie des populations autochtones (Lenca, Maya Chortí, Garifuna), restent très mal desservies par les services publics et l’emploi formel.

Les remesas jouent le rôle d’un filet de sécurité social informel pour des centaines de milliers de familles. Elles représentent 26 % du PIB, un niveau parmi les plus élevés de la région, et sont presque intégralement dépensées en consommation locale. En 2025, face à la perspective d’une taxe américaine de 1 % sur les transferts non bancaires (entrée en vigueur en janvier 2026) et à la révocation du statut de résidence temporaire de 70 000 Honduriens aux États-Unis, les expatriés ont accéléré leurs envois en fin d’année pour anticiper ces restrictions.


5. Commerce extérieur

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Le Honduras est très largement orienté vers les États-Unis, qui représentent 43,3 % de ses exportations. Cette concentration crée une vulnérabilité structurelle : quand l’économie américaine ralentit ou quand des barrières tarifaires s’élèvent, le Honduras en ressent immédiatement les effets.

Les exportations totales ont atteint 12,4 milliards de dollars en 2024, en recul de 2,65 %. La structure est particulière : la maquila (textiles, équipements électroniques assemblés sous régime préférentiel) représente environ 46,5 % des exportations totales. Le café est le premier produit agricole exporté, avec 1,5 milliard de dollars (21 % du total), le Honduras est l’un des grands producteurs de café Arabica de qualité. Les équipements électroniques (faisceaux de câbles automobiles, notamment) représentent 1,3 milliard de dollars (18,7 %).

Les importations ont légèrement progressé à 21,2 milliards de dollars, creusant le déficit commercial de biens, lui-même compensé, comme toujours, par les remesas. Les autres partenaires exportateurs incluent l’Allemagne (6,7 %, pour le café principalement), El Salvador (5,9 %) et le Guatemala (4,5 %).


6. Finances publiques

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La situation budgétaire du Honduras est sous pression. Le déficit public s’est creusé en 2024, en raison d’une forte hausse des dépenses publiques, l’investissement public a représenté 10,5 % du PIB cette année-là, une augmentation de 34 % par rapport à l’exercice précédent, en partie liée aux dépenses préélectorales.

La dette publique fait l’objet d’estimations légèrement divergentes selon les sources : le Ministère des finances hondurien la situait à 47,9 % du PIB en 2024 (soit 17,4 milliards de dollars), tandis que d’autres calculs donnaient un ratio de 41 % en 2023. Ces différences tiennent aux périmètres retenus. La trajectoire est en tout cas à la hausse.

Un blocage structurel persiste : une réforme fiscale proposée dès mars 2023, surnommée « loi de justice fiscale », reste bloquée au Congrès face à l’opposition des milieux d’affaires et des forces conservatrices. Sans cette réforme, les recettes fiscales restent insuffisantes pour financer les investissements sociaux et d’infrastructure dont le pays a besoin. Les recettes fiscales représentent environ 17 à 18 % du PIB, faibles mais légèrement supérieures à celles du Guatemala.


7. Développement humain et inégalités

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Le Honduras est l’un des pays les moins avancés d’Amérique latine sur le plan du développement humain. Son IDH est estimé à environ 0,621, le plaçant autour du 131e rang mondial, dans la catégorie « développement humain moyen », l’un des niveaux les plus bas du continent américain.

La pauvreté touche une majorité de la population : selon les estimations, environ 60 à 70 % des Honduriens vivent sous le seuil national de pauvreté, avec de profondes disparités entre les grandes villes (Tegucigalpa, San Pedro Sula) et les zones rurales. Les populations autochtones, Lenca, Maya, Garifuna, sont les plus vulnérables, souvent privées d’accès à la santé, à l’éducation et aux services de base.

Le Honduras souffre également d’une insécurité chronique. Longtemps classé parmi les pays les plus violents au monde, il a tenté de réduire la violence à partir de 2022 sous l’état d’urgence décrété par la présidente Castro, une approche inspirée du modèle Bukele en El Salvador. Les résultats ont été partiels : la violence a légèrement diminué mais les causes structurelles (pauvreté, absence de perspectives, gangs) n’ont pas été traitées en profondeur.


8. Enjeux et perspectives

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La vulnérabilité aux politiques migratoires américaines. Avec 26 % du PIB en remesas, le Honduras est plus exposé que presque tout autre pays au monde aux politiques migratoires des États-Unis. La taxe de 1 % sur les transferts non bancaires, la révocation de statuts de résidence temporaire et le renforcement des expulsions menacent directement le principal moteur de la consommation hondurienne. Un choc sur les remesas se répercuterait quasi-immédiatement sur la croissance.

Le secteur textile, otage des tarifs américains. La maquila hondurienne travaille massivement pour les États-Unis, dans le cadre d’un accord commercial préférentiel (CAFTA-DR). Tout relèvement de droits de douane américains sur les textiles centraméricains fragiliserait directement un secteur qui emploie des centaines de milliers de personnes, principalement des femmes.

La réforme fiscale, clé du développement. Sans une capacité fiscale plus forte, l’État hondurien ne peut pas financer les investissements en éducation, santé et infrastructure qui réduiraient structurellement la pauvreté et la migration. Mais la réforme se heurte à l’opposition des élites économiques, un blocage politique qui dure depuis des années.

La transition politique de 2025. L’arrivée au pouvoir d’Asfura marque un virage vers un pragmatisme conservateur. Les analystes soulignent que le nouveau gouvernement hérite d’un pays aux institutions fragilisées et dont les défis, pauvreté, corruption, violence, migration, dépassent largement les clivages gauche-droite.

ARGENTINE · BELIZE . BOLIVIE . BRESIL . CHILI . COLOMBIE . COSTA RICA . CUBA . EL SALVADOR . EQUATEUR . GUATEMALA . MEXIQUE . NICARAGUA . PANAMA . PARAGUAY . PEROU . URUGUAY . VENEZUELA .

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