Coupe du monde 2026 : à Mexico, les manifestations d’enseignants assombrissent la veille du coup d’envoi

10 juin 2026

À la veille du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, qui débute jeudi 11 juin avec le match d’ouverture entre le Mexique et l’Afrique du Sud au stade Aztèque, la capitale mexicaine est traversée par une vague de mobilisations sociales. Mardi 9 juin, des milliers d’enseignants membres d’un courant dissident du syndicat de l’éducation CNTE ont formé un long cortège en direction de l’enceinte, bloquant temporairement l’un des principaux axes qui y mènent.

Un cortège stoppé par un imposant dispositif policier

Les autorités ont déployé des milliers de policiers, installé des barrières en béton et placé une remorque en travers de la voie pour empêcher la progression des manifestants vers le stade. Le cortège, pacifique et long de plusieurs centaines de mètres, ne s’est pas heurté au cordon policier et la mobilisation s’est terminée sans incident. « On veut atteindre le stade », a déclaré à l’AFP un manifestant, Angel Villalobos. « Le gouvernement a apporté certaines réponses, mais elles ne nous satisfont pas. » Un autre manifestant, Austreberto Flores, a scandé : « La lutte continue. »

Des revendications sociales antérieures au tournoi

Le mouvement, mené par un courant dissident de la CNTE, est en grève depuis la semaine précédente pour exiger une hausse de salaire et l’abrogation d’une loi de réforme des retraites, que le gouvernement juge irréalisable tout en affirmant avoir déjà amélioré les conditions des enseignants. Un campement a été installé à proximité du Zócalo, la grande place centrale où une zone pour supporters a été aménagée, et un nouvel appel à manifester a été lancé pour jeudi, jour du match d’ouverture.

La présidente Sheinbaum dénonce une « provocation »

Claudia Sheinbaum a qualifié ces protestations de « provocation », estimant qu’elles visaient à donner une image négative du pays au moment où il accueille un événement international. Elle a toutefois reconnu l’existence de « beaucoup de problèmes » au Mexique tout en niant tout « mécontentement social », et a exclu de donner l’ordre à la police de réprimer les rassemblements. La présidente a assuré « garantir » que la cérémonie d’ouverture se déroulerait « dans la paix et la tranquillité ». Elle n’assistera pas au match depuis l’intérieur du stade Aztèque : elle a indiqué avoir cédé son billet et suivra l’événement depuis le Zócalo, où se trouve le palais présidentiel.

Le plan « Kukulkan » et la sécurité du tournoi

Au-delà des manifestations d’enseignants, et alors que des familles de personnes disparues se mobilisent également, les autorités mexicaines ont déployé un dispositif sécuritaire d’ampleur baptisé « plan Kukulkan », mobilisant environ 100 000 membres des forces de l’ordre (militaires, policiers et agents privés). Ce déploiement intervient dans un contexte marqué par les violences du cartel Jalisco Nouvelle Génération (CJNG) après la mort de son chef, Nemesio Oseguera dit « El Mencho », trois mois et demi avant le tournoi. Le Mexique, qui co-organise le Mondial avec les États-Unis et le Canada et accueillera 13 matchs, attend environ 5 millions de visiteurs.

Retour en haut