Honduras : la spirale de la violence et de la pauvreté vide le pays de ses habitants

22 juin 2026

La violence liée au trafic de drogue, la pauvreté structurelle et les catastrophes climatiques poussent chaque année des centaines de milliers de Honduriens à quitter leur foyer, dans le pays ou à l’étranger. Environ 4,5% de la population, soit 424 000 personnes, est aujourd’hui déplacée à l’intérieur du Honduras, et 132 000 Honduriens sont enregistrés comme réfugiés, principalement aux États-Unis et au Mexique, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Un pays qui perd ses habitants

Le Honduras est aussi une terre de transit pour des migrants venus du Venezuela, de Cuba, de l’Équateur et d’Haïti. Mais le pays perd chaque année environ 4 700 habitants et affiche un solde migratoire négatif, selon la Banque mondiale. Le Conseil norvégien pour les réfugiés considère la crise hondurienne comme l’une des dix plus négligées au monde.

La mainmise des gangs

Le pays est gangrené par le trafic de cocaïne. Plaque tournante historique du trafic des cartels colombiens et mexicains vers les États-Unis, le Honduras est devenu ces dix dernières années un producteur de coca et de drogues de synthèse, selon l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime. Deux gangs rivaux, le MS-13 (Mara Salvatrucha) et Barrio 18, contrôlent des quartiers entiers, rackettent les commerces et recrutent de force des jeunes et des enfants. Les femmes, les enfants, les personnes LGBTQI+, les journalistes et les militants sont particulièrement exposés, dans un pays qui affiche un des taux de meurtres et de féminicides les plus élevés d’Amérique latine.

Pauvreté et catastrophes climatiques

Le Honduras reste l’un des pays les plus pauvres de la région : 60,1% de la population vivait sous le seuil de pauvreté national en 2025, selon la Banque mondiale. Le chômage élevé et les services publics limités empêchent de nombreuses familles de vivre en sécurité. Le pays est en outre très vulnérable aux ouragans et glissements de terrain : les ouragans Eta et Iota, en 2020, avaient touché plus de 4 millions de personnes.

Un état d’exception contesté

Face au crime organisé, le gouvernement hondurien a instauré un état d’exception en décembre 2022, régulièrement prolongé depuis, avec déploiement de la police militaire dans les prisons et les zones à haut risque. Cette stratégie facilite les arrestations sans mandat, mais elle s’accompagne de nouvelles violations des droits humains, dont des cas de disparitions forcées et d’exécutions extrajudiciaires examinés par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

Une crise toujours négligée

Le Honduras figure de nouveau parmi les dix crises de déplacement les plus négligées de 2026 recensées par le Conseil norvégien pour les réfugiés, aux côtés du Soudan, de la République démocratique du Congo, de la Colombie, du Yémen, de l’Afghanistan, de l’Équateur, du Cameroun, du Nigeria et du Mozambique. Le pays figurait déjà sur une précédente édition de cette liste en 2023, où il occupait la sixième place. Le HCR, l’Organisation internationale pour les migrations, l’UNICEF et le PNUD interviennent sur place, notamment via le programme SALIENT, lancé en 2024 pour offrir des perspectives aux jeunes éloignés du crime.

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