CHRISTOPHE COLOMB

Christophe Colomb, l’homme qui ouvrit les portes de l’Amérique latine

Il n’était pas espagnol, il ne mit jamais le pied sur le continent américain, et il mourut convaincu d’avoir atteint l’Asie. Pourtant, aucune figure n’est plus directement liée à la naissance de l’Amérique latine que Christophe Colomb. Son premier voyage, en 1492, déclencha une chaîne d’événements qui allait bouleverser le monde entier.


Un Génois au service de l’Espagne

Christophe Colomb naît à Gênes entre le 25 août et le 31 octobre 1451, les sources ne s’accordent pas sur la date exacte. Il est le fils d’un tisserand et grandit dans un milieu modeste. Très tôt, il se tourne vers la mer : il navigue en Méditerranée pour le compte de négociants génois, puis s’installe au Portugal à partir de 1476, alors la grande puissance maritime de l’époque.

C’est là qu’il forge son projet. L’idée n’est pas originale en soi, plusieurs théoriciens l’avaient envisagée, mais Colomb s’en fait le champion obstiné : atteindre les Indes en naviguant vers l’ouest à travers l’Atlantique, plutôt qu’en contournant l’Afrique. Il sous-estime cependant largement la taille du globe, et les savants portugais rejettent son projet. Refusé par Lisbonne, il se tourne vers l’Espagne.

Après des années de démarches, les Rois Catholiques, Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille, acceptent de financer l’expédition. Les Capitulations de Santa Fe, signées en avril 1492, lui accordent le titre d’Amiral, le gouvernorat des terres qu’il découvrira et une part des richesses à venir.


Le 12 octobre 1492 : un monde surgit de l’océan

Le 3 août 1492, Colomb appareille depuis Palos de la Frontera avec trois navires, la Santa María, la Pinta et la Niña, et environ 90 hommes d’équipage. Après deux mois de navigation en plein Atlantique, dans une tension croissante à bord, une vigie aperçoit enfin des terres.

Le 12 octobre 1492, l’expédition accoste sur une île des Bahamas que ses habitants appellent Guanahani, et que Colomb rebaptise San Salvador. Ce jour est conventionnellement retenu comme celui de la « découverte » des Amériques par les Européens, même si l’on sait aujourd’hui que des explorateurs vikings, dont Leif Eriksson, avaient atteint l’Amérique du Nord vers l’an 1000.

Colomb poursuit vers Cuba, puis vers Hispaniola (l’actuelle Haïti), où il trouve de l’or et fait construire un petit fort. Il est convaincu d’être aux portes de l’Asie. Il rentre en Espagne en mars 1493, accueilli en triomphe.


Quatre voyages, une illusion tenace

Colomb effectuera en tout quatre voyages entre 1492 et 1504.

Lors du deuxième voyage (1493-1496), il revient avec une flotte de dix-sept navires et entreprend la colonisation d’Hispaniola, dont il est nommé gouverneur. C’est le début d’une administration brutale, marquée par la violence envers les populations indigènes et les colons eux-mêmes.

Le troisième voyage (1498-1500) est décisif sur le plan géographique : Colomb longe les côtes de l’actuelle Venezuela et aperçoit l’embouchure de l’Orénoque, il touche pour la première fois le continent sud-américain, sans le reconnaître pour tel. Sa gestion d’Hispaniola est, elle, catastrophique. En 1500, un envoyé de la Couronne le fait arrêter et le renvoie en Espagne enchaîné. Il sera libéré, mais privé d’une partie de ses titres et privilèges.

Le quatrième et dernier voyage (1502-1504) le mène jusqu’aux côtes de l’Amérique centrale, l’actuel Honduras, Nicaragua, Costa Rica, Panama. Il cherche toujours un passage vers les Indes. Il ne le trouve pas. Ses navires se dégradent, il est bloqué un an en Jamaïque avant d’être secouru.


Une fin dans l’amertume

Colomb rentre en Espagne en novembre 1504, épuisé et malade. La reine Isabelle, sa principale protectrice, meurt quelques semaines plus tard. Il passe ses derniers mois à réclamer en vain la restitution de ses titres et de ses revenus.

Il meurt le 20 mai 1506 à Valladolid, entouré de ses fils et de son frère. Il a 54 ou 55 ans. Jusqu’au bout, il croit avoir atteint les côtes de l’Asie. C’est un autre navigateur, Amerigo Vespucci, qui comprendra le premier qu’il s’agit d’un continent inconnu et qui lui donnera son nom.


Un héritage immense et douloureux

Sans le premier voyage de Colomb, il n’y aurait pas eu de Cortés, pas de Pizarro, pas de colonisation espagnole, pas d’Amérique latine telle qu’elle existe aujourd’hui. En ce sens, il est bien le déclencheur de toute une histoire.

Mais cet héritage est profondément ambigu. Son arrivée inaugura des siècles de colonisation, d’esclavage et de destruction des civilisations amérindiennes. Aujourd’hui, de nombreux pays latino-américains ont rebaptisé le 12 octobre : ce n’est plus le Día de la Raza mais le Día de la Resistencia Indígena, le Jour de la résistance indigène. Ses statues sont régulièrement déboulonnées ou vandalisées sur le continent qu’il contribua à transformer à jamais.


Grandes dates de la vie de Christophe Colomb

1451 Naissance à Gênes (date exacte incertaine)

3 août 1492 Départ de Palos de la Frontera avec trois navires

12 octobre 1492 À environ 40 ans, débarquement aux Bahamas : « découverte » des Amériques

1493–1496 Deuxième voyage : colonisation d’Hispaniola

1498 Troisième voyage : premier contact avec le continent sud-américain (côtes du Venezuela)

1500 Arrêté sur ordre de la Couronne, renvoyé en Espagne enchaîné

1502–1504 Quatrième et dernier voyage : côtes d’Amérique centrale

20 mai 1506 Mort à Valladolid, à 54 ou 55 ans, convaincu d’avoir atteint l’Asie

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