Cuba : la nation qui boxe au-dessus de sa catégorie

Un uppercut décoché sur un ring de La Havane, une balle frappée qui fait gronder un stade plein, un saut inscrit dans l’histoire depuis plus de trente ans : sur la plus grande île des Caraïbes, le sport occupe une place à part. Malgré des moyens limités et une économie sous tension, Cuba a bâti l’un des palmarès olympiques les plus denses au monde, porté par le baseball, la boxe et des légendes qui ont marqué leur discipline. Ce panorama vous donne les repères essentiels, palmarès à jour compris.

L’essentiel

  • Sport roi : le baseball, sport national depuis le XIXe siècle
  • À ne pas manquer : le clásico Industriales-Santiago de Cuba, le grand rendez-vous du baseball cubain
  • Grand rival : les États-Unis, en baseball comme aux Jeux Olympiques
  • Dernier grand résultat : 9 médailles (2 en or, 1 en argent, 6 en bronze) aux Jeux Olympiques de Paris 2024

Sommaire

Pourquoi le sport tient une telle place à Cuba ?

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Le baseball arrive à Cuba au milieu du XIXe siècle, importé par des marins et des étudiants revenus des États-Unis. Le sport s’enracine si vite qu’il devient, dès la fin du siècle, une part de l’identité nationale, bien avant la révolution de 1959.

Après la révolution, l’État cubain fait du sport un outil de prestige national. L’Institut national des sports, de l’éducation physique et des loisirs (INDER) est créé le 23 février 1961, puis le sport professionnel est interdit dès 1962. Un réseau d’écoles sportives, les EIDE, repère et forme les jeunes talents dans tout le pays.

Ce système amateur produit des résultats hors de proportion avec les moyens du pays. Aux Jeux Olympiques de Barcelone 1992, Cuba termine cinquième du tableau des médailles avec 31 breloques, dont 14 en or, pour une nation d’un peu plus de 11 millions d’habitants.

Depuis les années 2020, la crise économique cubaine fragilise ce système : moyens vieillissants, salaires très faibles pour les athlètes d’élite et départs de sportifs vers l’étranger sont régulièrement documentés par la presse internationale. Aux Jeux Olympiques de Paris 2024, Cuba n’a plus décroché que 9 médailles, contre 31 à son apogée de 1992.

Les sports qui comptent

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Baseball

Sport national incontesté, le baseball cubain a remporté l’or olympique en 1992, 1996 et 2004, avant de s’incliner en finale face aux États-Unis à Sydney 2000 puis face à la Corée du Sud à Pékin 2008. La Serie Nacional reste le championnat domestique de référence, suivi dans tout le pays malgré des difficultés économiques croissantes. En 2023, la sélection a créé la surprise en atteignant la demi-finale de la Classique mondiale de baseball, avant de s’incliner largement face aux États-Unis (14-2).

Boxe

Cuba est considérée comme la nation la plus titrée de l’histoire de la boxe olympique amateur. Deux boxeurs incarnent cette suprématie en poids lourds : Teófilo Stevenson, champion olympique en 1972, 1976 et 1980, et Félix Savón, champion olympique en 1992, 1996 et 2000. Tous deux ont refusé des offres de plusieurs millions de dollars pour rester amateurs et fidèles au système cubain. Aux Jeux Olympiques de Paris 2024, Erislandy Álvarez a offert à Cuba l’or en poids mi-welters, complété par le bronze d’Arlen López en poids mi-lourds.

Athlétisme

En athlétisme, Javier Sotomayor détient depuis le 27 juillet 1993 le record du monde du saut en hauteur, avec 2,45 mètres franchis à Salamanque : plus de trente ans plus tard, personne n’a réussi à s’en approcher à moins d’un centimètre. Alberto Juantorena reste le seul athlète de l’histoire à avoir remporté l’or olympique du 400 mètres et du 800 mètres lors des mêmes Jeux, à Montréal en 1976. Iván Pedroso a été sacré champion olympique du saut en longueur à Sydney en 2000, après plusieurs titres mondiaux en plein air et en salle.

Volleyball

L’équipe féminine cubaine, surnommée les Morenas del Caribe, reste à ce jour la seule formation de l’histoire du volleyball olympique féminin à avoir remporté trois titres consécutifs, en 1992, 1996 et 2000. Depuis, la sélection traverse une période de reconstruction : absente des Championnats du monde 2022, elle bénéficie désormais d’un programme de soutien technique de la Fédération internationale de volleyball (FIVB), confié à l’entraîneur brésilien Luizomar de Moura. L’équipe masculine, elle, n’a jamais dépassé le rang de vice-championne du monde, en 1990 et 2010.

Lutte

Mijaín López est devenu à Paris 2024 le premier athlète de l’histoire olympique à remporter l’or cinq fois de suite dans la même épreuve individuelle, en lutte gréco-romaine des plus de 130 kilogrammes. Sacré à Pékin 2008, Londres 2012, Rio 2016, Tokyo 2020 puis Paris 2024, il a annoncé sa retraite sportive immédiatement après sa dernière victoire.

Judo

Le judo cubain a longtemps reposé sur deux figures féminines. Driulis González a été championne olympique en 1996, avant de décrocher l’argent à Sydney en 2000 : elle totalise quatre médailles olympiques en cinq participations aux Jeux. Idalys Ortiz a été sacrée championne olympique des plus de 78 kilogrammes à Londres en 2012, complétée par le bronze en 2008 puis l’argent en 2016 et 2020.

Palmarès et résultats marquants

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Baseball : trois titres olympiques (1992, 1996, 2004) et deux médailles d’argent (2000, 2008) composent l’un des palmarès les plus riches de l’histoire de ce sport aux Jeux. En Classique mondiale de baseball, la meilleure performance cubaine reste la demi-finale de 2023, perdue 14-2 face aux États-Unis.

Boxe : Teófilo Stevenson et Félix Savón partagent le record cubain avec trois titres olympiques consécutifs chacun, en poids lourds. Guillermo Rigondeaux a lui aussi été sacré champion olympique à deux reprises, en 2000 et 2004 en poids coq, avant de passer professionnel après sa défection en 2009. Andy Cruz, champion olympique à Tokyo 2020, a quitté Cuba en 2022 pour rejoindre à son tour le rang professionnel.

Athlétisme : le record du monde du saut en hauteur de Javier Sotomayor (2,45 m, 1993) demeure invaincu plus de trente ans après. Alberto Juantorena conserve son doublé unique 400-800 mètres de Montréal 1976. Ana Fidelia Quirot, deux fois médaillée olympique du 800 mètres, bronze en 1992 et argent en 1996, puis championne du monde en 1995, n’a en revanche jamais décroché l’or olympique.

Volleyball : les Morenas del Caribe conservent leur record unique de trois titres olympiques consécutifs (1992, 1996, 2000). L’équipe masculine a décroché le bronze olympique à Montréal en 1976 et deux médailles d’argent mondiales, en 1990 et 2010, sans jamais remporter le titre suprême.

Lutte : Mijaín López détient un record inédit dans l’histoire olympique, cinq titres consécutifs dans la même épreuve individuelle, entre Pékin 2008 et Paris 2024.

Judo : Driulis González et Idalys Ortiz ont porté à elles deux l’essentiel du palmarès olympique cubain dans cette discipline, avec un titre chacune, respectivement en 1996 et 2012, complétés de plusieurs autres médailles sur cinq et quatre participations olympiques.

Grands noms du sport cubain

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Teófilo Stevenson et Félix Savón restent, parmi les grands sportifs latino-américains, les figures les plus vénérées de la boxe cubaine, chacun triple champion olympique en poids lourds sans jamais être passés professionnels. Mijaín López s’est hissé au rang de légende absolue avec ses cinq titres olympiques consécutifs en lutte gréco-romaine. Javier Sotomayor demeure le recordman du monde du saut en hauteur depuis 1993, tandis qu’Alberto Juantorena reste, seul, l’auteur du doublé 400-800 mètres aux Jeux Olympiques de Montréal 1976. En judo, Idalys Ortiz s’est imposée comme la judokate cubaine la plus titrée de l’histoire récente. Loin des stades, José Raúl Capablanca, champion du monde d’échecs de 1921 à 1927 après avoir battu Emanuel Lasker à La Havane, reste une fierté nationale, l’échiquier étant considéré à Cuba comme un sport à part entière.

Vivre le sport sur place

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Assister à un match de baseball à l’Estadio Latinoamericano, dans le quartier du Cerro à La Havane, figure parmi les expériences sportives les plus intenses qu’offre un séjour à Cuba. Le stade affiche une capacité de 55 000 places. Le rendez-vous le plus attendu de la Serie Nacional reste le clásico opposant les Industriales de La Havane aux Avispas de Santiago de Cuba, une rivalité qui traverse tout le pays.

Dans le quartier historique de La Habana Vieja, le Rafael Trejo Boxing Gym ouvre ses portes aux visiteurs, qui peuvent assister aux entraînements ou prendre un cours avec un coach cubain, dans la tradition qui a formé Stevenson et Savón.

Les amateurs de sports nautiques trouveront aussi leur compte à Cuba : découvrez notre page dédiée à la plongée à Cuba, l’une des activités sportives les plus prisées des visiteurs de l’île.

Cuba est également une terre de cyclisme et de compétitions régionales : le pays participe régulièrement aux Jeux panaméricains, et organise depuis 1964 le Tour de Cuba, une épreuve cycliste historiquement dominée par les coureurs cubains.

Le sport cubain ne se limite pas à ces disciplines : découvrez aussi le sport dans le reste de l’Amérique latine.

Le saviez-vous ?

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Teófilo Stevenson a refusé des offres de plusieurs millions de dollars pour affronter Mohamed Ali sur le ring professionnel, préférant rester fidèle au système amateur cubain. Le record du monde du saut en hauteur de Javier Sotomayor, établi en 1993, n’a jamais été approché à moins d’un centimètre depuis plus de trente ans. Mijaín López est le premier athlète de toute l’histoire olympique, tous sports confondus, à remporter l’or cinq fois de suite dans la même épreuve individuelle. Enfin, José Raúl Capablanca est devenu champion du monde d’échecs en 1921 en battant Emanuel Lasker à La Havane, avant de perdre son titre à Buenos Aires en 1927.

Questions fréquentes

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Quel est le sport national de Cuba ?

Le baseball domine très largement l’identité sportive cubaine depuis le XIXe siècle. La boxe, l’athlétisme, le volleyball, la lutte et le judo occupent une place notable, portés par des résultats olympiques exceptionnels malgré la taille réduite du pays.

Cuba a-t-elle déjà remporté l’or olympique en baseball ?

Oui, à trois reprises : en 1992 à Barcelone, en 1996 à Atlanta et en 2004 à Athènes. Cuba a aussi décroché l’argent en 2000 à Sydney et en 2008 à Pékin, avant que le baseball ne quitte le programme olympique.

Qui détient le record du monde du saut en hauteur ?

Le Cubain Javier Sotomayor, avec 2,45 mètres franchis le 27 juillet 1993 à Salamanque, en Espagne. Plus de trente ans plus tard, ce record reste invaincu.

Quel est le boxeur cubain le plus titré aux Jeux Olympiques ?

Teófilo Stevenson et Félix Savón se partagent ce record, avec trois titres olympiques consécutifs chacun en poids lourds, respectivement entre 1972 et 1980, puis entre 1992 et 2000.

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Mis à jour le 11 août 2026

Sources

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