Présidentielle au Pérou : Roberto Sánchez légèrement en tête d’un scrutin extrêmement serré

8 juin 2026

Un renversement au fil du dépouillement

Le second tour de la présidentielle péruvienne du 7 juin 2026 s’achève sans vainqueur proclamé. Alors que les premiers résultats partiels plaçaient Keiko Fujimori en tête avec près de 52,6 % des suffrages, le décompte progressif des bulletins issus des zones rurales a progressivement réduit cet écart jusqu’à l’inverser. Au-delà de 90 % des votes dépouillés le lendemain matin, c’est Roberto Sánchez, candidat de gauche de Juntos por el Perú, qui se retrouve en tête avec environ 50,3 % contre 49,7 % pour sa rivale, soit une différence de moins de 200 000 voix. L’Office national des processus électoraux (ONPE) n’a pas encore proclamé de résultat officiel.

Deux Péroux en un : villes à droite, campagnes à gauche

La géographie du vote confirme une fracture profonde du pays. Keiko Fujimori domine dans les grandes agglomérations urbaines, notamment Lima. Roberto Sánchez, comme son proche allié l’ex-président Pedro Castillo avant lui, bénéficie d’un soutien massif dans les régions rurales andines et amazoniennes. C’est précisément l’arrivée de ces bulletins ruraux, en fin de dépouillement, qui a retourné la tendance de la soirée. Le résultat final reste suspendu à l’examen des procès-verbaux contestés, estimés à environ 400 000 votes.

Un dénouement qui pourrait prendre des semaines

L’ONPE a prévenu que le processus complet de validation pourrait ne s’achever qu’à la mi-juillet. Plusieurs milliers de procès-verbaux font l’objet de contestations de la part des deux camps. La Pérou s’apprête donc à vivre plusieurs semaines d’incertitude politique dans un pays déjà marqué par une instabilité chronique : le futur président sera le neuvième en une décennie.

Un match revanche de 2021

L’élection rappelle inévitablement le second tour de 2021, qui avait vu Pedro Castillo battre Keiko Fujimori dans un duel tout aussi serré, avant des semaines de contentieux et d’allégations de fraude. Fujimori, qui en est à sa quatrième tentative d’accession à la présidence, avait alors refusé de reconnaître sa défaite pendant plusieurs semaines. Roberto Sánchez, ancien ministre du Commerce extérieur sous Castillo, incarne la continuité de la gauche face à une droite qui misait sur la peur du retour au pouvoir de l’héritage Castillo.

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