FESTIVAL INTERNATIONAL du PRINTEMPS

Trujillo fête la saison en grande pompe

Date : dernière semaine de septembre Trujillo, Pérou


Trujillo n’est pas seulement la troisième ville du Pérou et le gardien des ruines de Chan Chan. Elle est aussi, et avec fierté, la capitale de l’éternel printemps. Ce titre n’est pas qu’une formule : la ville jouit d’un climat doux et ensoleillé toute l’année, et elle en a fait le coeur d’une fête qui dure depuis plus de soixante-dix ans. Chaque fin septembre, le Festival International du Printemps transforme la capitale de La Libertad en un spectacle de couleurs, de danses et de musique qui attire des milliers de visiteurs venus de tout le Pérou et de l’étranger.


Un festival né en 1950, officiel depuis 1961

Le Club de Lions de Trujillo a organisé le premier Festival du Printemps en 1950, en élisant la première reine de la ville et en organisant un corso pour célébrer l’arrivée de la saison. Officiellement reconnu en 1961 par décret suprême, puis en 1965 par une loi du Congrès, le festival a consacré Trujillo comme « Capitale de la Primavera ».

Cet événement est à but strictement philanthropique : son objectif fondamental est de collecter des fonds destinés aux populations à faibles revenus ainsi qu’aux programmes sociaux d’éducation et de santé. Depuis son origine, il n’a été annulé qu’une seule fois, en 1970, après le violent tremblement de terre qui a dévasté la région d’Ancash.


Le Grand Corso : le coeur du festival

Le moment le plus attendu de la semaine est le Gran Corso Primaveral, qui se déroule le dernier dimanche de septembre sur les grandes avenues de la ville. C’est l’occasion d’un défilé de chars, accompagnés de danseurs, de majorettes et de reines de beauté étrangères.

Les chars sont ornés de fleurs locales, et la compétition entre participants est sanctionnée par un prix suprême : le León de Oro, le Lion d’Or. Pendant toute la semaine qui précède, la ville se décore, les maisons et les rues se parent de fleurs, et les bandes de collégiens envahissent les quartiers au son des fanfares, avec à leur tête la Reine du Printemps.

Les majorettes, venues de diverses parties du monde, sont l’une des attractions les plus appréciées : leurs numéros acrobatiques et leur précision dans les défilés font partie intégrante de l’identité visuelle du festival depuis des décennies.


La marinera norteña : la danse de l’âme trujillane

La fête ne se comprend pas sans la marinera norteña, danse emblématique du nord du Pérou et grande star du festival. La marinera est considérée comme « la » danse péruvienne par excellence, par son élégance et sa poésie. C’est une danse de séduction, l’homme et la femme tournoyant l’un autour de l’autre.

La musique sur laquelle est dansée la marinera est exécutée au cajón, l’instrument le plus important avec la guitare espagnole. C’est un rythme à quatre temps.

La danse se pratique toujours en couple, chaque partenaire tenant un mouchoir blanc qu’il agite pour marquer la cadence, un geste à la fois gracieux et symbolique. Dans la marinera norteña, la femme est plus coquette et espiègle, tandis que l’homme essaye de la séduire avec galanterie. La femme danse pieds nus, ce qui est une particularité de la côte nord, où la pêche est une activité importante.

La marinera norteña se démarque par une manière de danser plus libre et sensuelle que dans le reste du Pérou. C’est une explosion d’allégresse et de sensualité.

La marinera a été déclarée Patrimoine Culturel de la Nation péruvienne le 30 janvier 1986. Pendant le Festival du Printemps, des tournois de ses nombreuses variantes se déroulent sur plusieurs jours : les meilleurs danseurs de la région, et souvent du pays entier, s’affrontent dans les catégories adultes, juniors et enfants.

Attention : pour les amateurs de marinera, le Concours National de la Marinera a lieu lui en janvier à Trujillo, il vaut également le détour si votre calendrier le permet.


Ce que vous verrez et vivrez pendant le festival

Au programme de la semaine :

  • Défilés de chars allégoriques sur les grandes avenues
  • Tournois de marinera norteña sur plusieurs jours
  • Concours de chevaux de paso péruvien
  • Concerts en plein air et spectacles folkloriques
  • Élection et couronnement de la Reine du Printemps
  • Processions religieuses
  • Festival gastronomique et foire agricole
  • Expositions et concours de peinture et d’art

La plupart des événements en plein air sont gratuits. Le festival attire entre 20 000 et 30 000 visiteurs chaque année.


Trujillo, bien plus qu’un festival

Profiter du festival pour rester quelques jours supplémentaires à Trujillo est une évidence. La ville est entourée de deux des sites archéologiques les plus impressionnants du Pérou :

Chan Chan, ancienne capitale de l’Empire Chimu et plus grande citadelle en adobe du monde, classée au Patrimoine mondial de l’Unesco.

La Huaca de la Luna et la Huaca del Sol, deux pyramides cérémonielles moches aux fresques polychromes exceptionnellement bien conservées, à quelques kilomètres du centre.

La plage de Huanchaco, avec ses célèbres caballitos de totora (embarcations en jonc utilisées par les pêcheurs depuis des millénaires), complète le tableau.


Conseils pratiques

Réservez votre hébergement à l’avance. La semaine du festival voit les hôtels afficher complet rapidement et les prix augmenter.

Arrivez quelques jours avant le corso. Les activités commencent dès le début de la semaine et l’ambiance monte progressivement.

Prévoyez du temps pour Chan Chan. Les ruines se visitent en demi-journée et se combinent facilement avec un repas de fruits de mer à Huanchaco.

Trujillo est à 9 heures de bus de Lima (ou environ 1h15 en avion). Des vols quotidiens relient les deux villes.


Informations pratiques

DateDernière semaine de septembre (jusqu’aux premiers jours d’octobre)
LieuTrujillo, région La Libertad, Pérou
OrganisateurClub de Lions de Trujillo (depuis 1950)
Accès depuis Lima9h en bus ou 1h15 en avion
EntréeGratuite pour la majorité des événements

Trujillo pendant le Festival du Printemps, c’est une ville entière qui chante, danse et défile. Une fête populaire, sincère, ancrée dans une tradition de plus de soixante-dix ans, qui dit beaucoup de la fierté et de la vitalité culturelle du nord du Pérou.

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