Son origine remonte à l’époque de la Vice-royauté et c’est actuellement l’une des plus grandes foires artisanales du Pérou. Elle a lieu sur la place principale (Plaza Mayor) du Cusco où les artistes étendent leurs couvertures à même le sol, suivant la coutume des traditionnelles foires andines. Santuranticuy, qui signifie " vente de saints ", est un marché provisoire où les fabricants d’images et les artisans offrent les santons les plus variés pour égayer les fêtes de Noël et accompagner les crèches nacimientos qui sont installés dans les maisons et les paroisses. Sont proposés également divers articles en terre cuite apportés de Pucara et de Quinua. Sur cette place on peut trouver toutes sortes d’objets artisanaux, figurines en bois taillé, céramiques, retables. La nuit est particulièrement propice à la vente des traditionnels ponchos pour se garantir du froid.
DATE: le 24 décembre à Cuzco.
Santuranticuy : la grande foire de Noël de Cusco
Date : 24 décembre — Plaza Mayor, Cusco (Pérou)
Si vous avez la chance de vous trouver à Cusco le 24 décembre, vous assisterez à l’un des événements les plus authentiques et les plus émouvants du Pérou. La foire Santuranticuy — qui signifie « vente de saints » en quechua — transforme chaque année la Plaza Mayor en un immense marché artisanal à ciel ouvert, où se mêlent foi, art populaire et traditions andines.
Une foire vieille de plusieurs siècles
Les origines du Santuranticuy remontent à l’époque coloniale, au XVIe siècle, lorsque des frères franciscains encourageaient la vente d’images religieuses pour évangéliser les populations andines. Les plus anciennes traces écrites de la foire datent de 1834 : on y décrit déjà les habitants de Cusco achetant, sur les marches de la cathédrale, des santons et des figurines pour décorer leurs crèches de Noël.
Depuis lors, la foire n’a cessé de grandir, mêlant intimement les traditions catholiques et les coutumes andines. En 2009, l’État péruvien l’a officiellement reconnue comme Patrimoine Culturel de la Nation, pour son rôle unique dans l’histoire artistique et religieuse du pays.
Le cœur de la foire : le Niño Manuelito
La figure centrale du Santuranticuy est le Niño Manuelito — l’Enfant Jésus dans sa version cusquénienne. Ce personnage est bien plus qu’un simple santon : les artisans de Cusco l’ont habillé en roi inca, mêlant symboles chrétiens et andins dans une synthèse culturelle unique. On le retrouve en céramique, en bois, en plâtre ou en verre, dans toutes les tailles et toutes les poses — la plus populaire étant celle aux bras ouverts, orné de robes brodées et d’une couronne dorée.
Parmi les artisans les plus réputés, la famille Mendívil est incontournable : leur signature, ce sont des saints aux longs cous élancés, un style immédiatement reconnaissable devenu emblématique de l’art populaire de Cusco. Leurs pièces sont recherchées par les collectionneurs du monde entier.
Ce que vous trouverez sur la place
Dès l’aube du 24 décembre, les artisans étendent leurs couvertures à même le sol de la Plaza Mayor — comme dans les foires andines traditionnelles depuis des siècles. Plus de 500 artisans venus de toute la région se donnent rendez-vous ici pour une seule journée.
Voici ce que vous pourrez découvrir et acheter :
- Santons et imagerie religieuse : Niños Manuelitos, Vierges, Rois Mages, crèches complètes
- Sculptures en bois taillé : saints, animaux, scènes de la vie andine
- Céramiques : notamment les célèbres Toritos de Pucará, petits taureaux en terre cuite symboles de bonne fortune, apportés depuis Pucará
- Retablos : ces boîtes en bois peint à deux battants qui racontent des scènes de la vie quotidienne ou religieuse — un art typiquement péruvien
- Orfèvrerie : bijoux et couronnes en argent et en or destinés aux santos
- Textiles : ponchos, tissages en laine d’alpaca, tenues pour les Niños Manuelitos
- Plantes et mousses : herbes aromatiques et végétaux utilisés pour décorer les crèches traditionnelles
La nuit venue, l’ambiance change de registre : les vendeurs de ponchos prennent le relais, proposant ces manteaux de laine indispensables pour affronter le froid glacial des nuits cusquéniennes à plus de 3 400 mètres d’altitude.
Une tradition familiale et populaire
Le Santuranticuy n’est pas une foire touristique : c’est avant tout une fête vécue de l’intérieur par les habitants de Cusco. Les familles s’y rendent ensemble pour renouveler leurs images religieuses, choisir de nouveaux vêtements pour leur Niño Manuelito, ou simplement partager l’ambiance unique de la veille de Noël andine.
Beaucoup d’artisans viennent de villages reculés de la région, après un voyage de plus d’une journée. Ils passent la nuit sur la place. Des associations locales leur distribuent chocolat chaud et panettone. Si vous achetez auprès de ces familles, ne marchandez pas : leurs prix sont déjà très justes, et chaque vente compte pour elles.
Conseils pratiques pour les voyageurs
Arrivez tôt. La foire commence avant l’aube et la foule est déjà dense en milieu de matinée. Les meilleures pièces partent rapidement.
Protégez-vous du froid. En décembre, Cusco est en pleine saison des pluies. La journée peut être douce, mais les soirées descendent souvent sous zéro. Un manteau chaud est indispensable.
Demandez avant de photographier. Les artisans exposent leur travail de toute une année. Un regard bienveillant et une demande respectueuse sont toujours appréciés.
Prévoyez du cash. La majorité des artisans n’acceptent pas les cartes bancaires.
Attention à l’altitude. Cusco est à 3 400 mètres. Si vous venez d’arriver, prenez le temps de vous acclimater avant de plonger dans la foule.
Informations pratiques
| Date | 24 décembre (et les 22-23 décembre pour les premières installations) |
| Lieu | Plaza Mayor (Plaza de Armas), Cusco |
| Horaires | Dès l’aube jusqu’à tard dans la nuit |
| Entrée | Libre |
| À proximité | Cathédrale de Cusco, Musée d’Art Populaire |
Le Santuranticuy est une expérience rare : celle d’une fête populaire authentique, vivante, qui traverse les siècles sans se laisser vider de son sens. Pour un voyageur au Pérou en décembre, c’est une date à ne pas manquer.
