ERWIN SANCHEZ

ERWIN SANCHEZ

ERWIN SANCHEZ

Erwin Sánchez – El Platini de Bolivia

Né le 19 octobre 1969 à Santa Cruz de la Sierra, Bolivie


La Bolivie n’est pas une nation de football de premier plan. Son altitude, ses ressources limitées, son éloignement des grands circuits commerciaux du sport ont longtemps maintenu la Verde en marge de l’histoire mondiale du ballon rond. Et pourtant, dans les années 1990, une génération exceptionnelle a surgi de ce pays enclavé et a mis le monde du football face à une évidence : la Bolivie pouvait jouer, et elle pouvait battre. Au cœur de cette génération dorée, un meneur de jeu élégant et décisif, surnommé en hommage au plus grand créateur de son époque : Erwin Sánchez Freking, dit El Platini.

Santa Cruz de la Sierra : les débuts d’un meneur

Erwin Sánchez naît le 19 octobre 1969 à Santa Cruz de la Sierra, la plus grande ville de Bolivie, capitale économique du pays. Il forme ses premiers pas footballistiques au Club Destroyers, club de sa ville natale, avant de rejoindre le Club Bolívar à La Paz (l’un des deux géants du football bolivien). Son talent de meneur de jeu offensif, sa technique, sa vision du jeu et sa capacité à frapper de loin lui valent rapidement un surnom : Platini, en référence au Français Michel Platini, triple Ballon d’Or et meilleur joueur du monde dans les années 1980.

Portugal, Benfica et Boavista (1990–2005)

En 1990, Sánchez traverse l’Atlantique pour rejoindre le SL Benfica à Lisbonne. Son passage à Benfica est difficile : il ne s’impose pas au sein du club cinq fois champion d’Europe et est prêté au GD Estoril Praia, le club voisin de la capitale. Libéré en 1992, il rejoint le Boavista FC de Porto, un club solide de la Primeira Liga, historiquement dans l’ombre des mastodontes Benfica, Porto et Sporting CP.

C’est à Boavista qu’Erwin Sánchez trouve sa demeure. De 1992 à 2004, il devient la figure la plus emblématique du club, son meneur de jeu, son spécialiste des coups francs, son talent capable de débloquer les matches les plus fermés. Il dispute 288 matches en Primeira Liga pour 59 buts.

Le titre de 2001 : un choc dans l’histoire du football portugais

Le point culminant de sa carrière en club survient lors de la saison 2000-01. Boavista remporte le championnat du Portugal pour la première et unique fois de son histoire, après 98 ans d’existence. Ce titre est l’un des plus improbables de l’histoire du football européen : Boavista ne fait pas partie du « Big Three » (Benfica, Porto, Sporting) qui se partagent pratiquement tous les titres depuis des décennies. La victoire finale est acquise d’un seul point d’écart, 77 points contre 76 pour le dauphin.

Dans cette épopée, Sánchez joue 33 matches et inscrit 9 buts. Il est, aux yeux de tous les observateurs, le joueur le plus important de l’équipe championne, son créateur, son moteur, son âme.

La Coupe du Monde 1994 : le premier but bolivien de l’histoire

Sur le plan international, Sánchez est l’un des piliers de la génération dorée bolivienne des années 1990, aux côtés de Marco El Diablo Etcheverry et Milton Melgar. Ensemble, ils réalisent quelque chose que peu avaient cru possible : qualifier la Bolivie pour la Coupe du Monde.

Le Mondial 1994 aux États-Unis est la troisième participation de la Bolivie à une Coupe du Monde (après 1930 et 1950), mais c’est la première qualification dans des conditions normales, sans forfait adverse. Et lors de ce tournoi, Erwin Sánchez inscrit quelque chose d’unique dans l’histoire du football bolivien : le premier but du pays à une Coupe du Monde, lors d’un match contre l’Espagne le 27 juin 1994. La Bolivie perd 1-3, mais la frappe lobée de Sánchez à la 67e minute, qui s’enroule par-dessus le gardien espagnol, entre dans l’histoire : c’est le seul but marqué par la Bolivie en trois participations mondiales (1930, 1950, 1994).

La Copa América 1997 : la grande nuit de La Paz

Si 1994 est l’entrée dans l’histoire, 1997 est le sommet. La Bolivie organise la Copa América 1997 à domicile, et son équipe, portée par son public des altitudes, réalise un parcours historique : elle atteint la finale, résultat jamais obtenu auparavant.

Le 29 juin 1997, au Stade Hernando Siles de La Paz (3 600 mètres d’altitude), la Bolivie affronte le Brésil en finale. À la 22e minute, sur une frappe de loin, Erwin Sánchez ouvre le score et donne à son pays un avantage vertigineux. Le Brésil de Ronaldo, Rivaldo et Roberto Carlos reprend ses esprits et s’impose finalement 3-1. La Bolivie termine vice-championne d’Amérique du Sud : son meilleur résultat de tous les temps dans la compétition.

Carrière internationale et reconversion

Sánchez totalise 57 sélections et 15 buts avec la Verde en seize ans de carrière internationale. Il se retire en 2005 après avoir raccroché les crampons à Boavista.

En 2006, il est nommé sélectionneur de l’équipe nationale bolivienne. Son mandat se solde par un échec lors des qualifications pour la Coupe du Monde 2010, et il est écarté à l’issue de cette campagne.

L’héritage

Erwin Sánchez reste le joueur le plus aimé et le plus reconnu de l’histoire du football bolivien moderne. Son but de 1994 contre l’Espagne est gravé dans la mémoire collective comme un moment fondateur. Sa longévité à Boavista, couronnée d’un titre historique en 2001, lui vaut une place dans le cœur des supporters porto-portugais. Et sa performance en finale de Copa América 1997 symbolise à elle seule ce que cette génération bolivienne avait d’extraordinaire : le courage de croire qu’elle pouvait battre n’importe qui.

 

 

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