Ignacio PRIETO

Ignacio PRIETO

Ignacio Prieto — Le Chilien qui a conquis Lille

Né le 23 septembre 1943 à Santiago, Chili


Dans l’histoire du football chilien en Europe, Ignacio Prieto Urrejola occupe une place à part. Défenseur élégant et rugueux à la fois, il fut l’un des tout premiers Sudaméricains à s’imposer durablement dans le championnat de France, laissant une empreinte indélébile au LOSC Lille dans les années 1970.

Une famille de football

Le football est une affaire de famille chez les Prieto. Son père, Fernando Prieto Concha, dit « Palomeque », fut l’un des fondateurs du CD Green Cross, club historique de Santiago. Son frère aîné Andrés Prieto est lui aussi international chilien. Dans ce contexte, Ignacio n’a pas d’autre horizon que le ballon rond.

Les débuts à l’Universidad Católica

Formé à l’Universidad Católica de Santiago, il y joue de 1961 à 1968, participant notamment au titre de champion du Chili en 1966. Cette même année, il est sélectionné pour disputer la Coupe du Monde en Angleterre avec la Roja. Il joue les trois matchs de poule de son équipe, face à l’Italie, la Corée du Nord et l’Union soviétique. Une expérience fondatrice pour ce défenseur de 22 ans.

L’aventure uruguayenne, puis française

Après son passage au Nacional de Montevideo (1968–1971) en Uruguay, Ignacio Prieto prend la décision la plus marquante de sa carrière : rejoindre le LOSC Lille en 1971. À l’époque, peu de joueurs sudaméricains osent franchir le pas vers la Ligue 1. Lui le fait, et il s’y installe pour cinq saisons.

À Lille, il devient rapidement un pilier de la défense. Il dispute 167 matchs sous le maillot nordiste et joue un rôle central dans la remontée du LOSC en Division 1 en 1974, au terme d’une série de 25 matchs consécutifs sans défaite. Sa régularité et son sens du placement lui valent d’être élu meilleur joueur du championnat de France par le magazine France Football — une reconnaissance exceptionnelle pour un joueur étranger à cette époque.

Au total, il dispute 112 matchs en Ligue 1, un record pour un joueur chilien qui tiendra pendant des décennies, jusqu’à ce que Guillermo Maripán le batte en janvier 2024 avec 113 matchs.

Le retour au pays

Après un bref passage au Stade Lavallois (1976–1977), il retourne à l’Universidad Católica de 1977 à 1980 pour y terminer sa carrière de joueur, avant de se reconvertir comme entraîneur.

Un précurseur oublié

Ignacio Prieto est l’un de ces pionniers dont on parle trop peu. Bien avant que le football latino-américain ne devienne une exportation massive vers l’Europe, lui traçait la route, match après match, dans les stades du nord de la France. Le LOSC ne l’a pas oublié : il reste une légende du club, régulièrement invité à Luchin, le centre d’entraînement lillois.

Autres sportifs latino-américains 

Retour en haut