Le CAJON

Le Cajón : La boîte magique du Pérou

Le cajón (qui signifie littéralement « grande caisse » ou « tiroir » en espagnol) est l’instrument de percussion le plus célèbre du Pérou. Reconnu officiellement comme Patrimoine Culturel de la Nation au Pérou, il est l’emblème de la musique afro-péruvienne (comme le festejo) avant de devenir un pilier du flamenco espagnol et de la musique acoustique mondiale.

À quoi ressemble-t-il ?

Le cajón est l’un des instruments les plus épurés au monde : c’est une simple caisse de résonance parallélépipédique en bois.

  • La face avant (le tapa) : C’est la surface de frappe. Elle est fabriquée en bois très fin (souvent du contreplaqué de bonne qualité) et n’est pas collée mais vissée sur le cadre pour pouvoir vibrer librement.
  • L’évent : À l’arrière de la caisse, un trou circulaire permet à l’air de s’échapper, ce qui amplifie les fréquences graves.
  • Le timbre (optionnel mais courant) : À l’intérieur, contre la face avant, sont souvent installées des cordes de guitare ou des éléments métalliques (semblables à ceux d’une caisse claire de batterie) pour ajouter un grésillement lors de la frappe.

Comment en joue-t-on ?

Le musicien (le cajonero) s’assoit directement sur l’instrument et se penche légèrement en avant pour frapper la face avant avec ses mains et ses doigts. En variant les zones de frappe, il obtient deux sons principaux : le son grave (au centre) et le son aigu (sur le bord supérieur).

Le saviez-vous ? Les raisons de l’interdiction des tambours

Pourquoi les autorités espagnoles ont-elles banni les tambours africains ?

Au XVIIe siècle, l’interdiction des tambours traditionnels par la Couronne espagnole et l’Église catholique reposait sur deux motifs précis :

  1. La sécurité coloniale (La peur des révoltes) : Les colons espagnols avaient constaté que les esclaves utilisaient les tambours comme un véritable moyen de communication à distance. Les rythmes codés permettaient de transmettre des messages secrets d’une plantation à une autre pour organiser des fuites, des rassemblements ou des insurrections. Interdire les tambours permettait de couper ce réseau de communication.
  2. L’évangélisation forcée (La lutte contre le paganisme) : Pour l’Église catholique, le tambour traditionnel africain était l’élément central de rituels religieux non chrétiens. Les autorités considéraient ces rassemblements comme des pratiques païennes ou de la sorcellerie. Supprimer l’instrument était une stratégie pour briser l’identité culturelle africaine et imposer la religion catholique.

La naissance du Cajón :

Face à cette interdiction, les esclaves ont détourné des objets du quotidien : des caisses en bois utilisées pour le transport des poissons ou des fruits (comme la cargaison de navires au port de Callao) et des tiroirs de meubles. N’étant pas des tambours officiels, ces objets échappaient à la censure. C’est ainsi que la simple boîte de transport est devenue un instrument de musique.

L’essentiel en un clin d’œil

CaractéristiqueLe Cajón
Origine principalePérou (Créé par la communauté afro-péruvienne)
Famille d’instrumentPercussion (IdPhone / Bois)
MatériauxDifférentes essences de bois (cèdre, acajou ou contreplaqué de bouleau)
Sonorité moderneTrès proche d’une batterie autonome (grosse caisse au centre, caisse claire en haut)

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