RONALDINHO

Ronaldinho — Le génie qui faisait sourire le football

Né le 21 mars 1980 à Porto Alegre, Brésil


Il n’y a qu’une poignée de joueurs dans l’histoire du football à avoir été acclamés par le public adverse dans un stade. Ronaldinho est l’un d’eux. Ronaldo de Assis Moreira, dit Ronaldinho Gaúcho — le « petit Ronaldo du Rio Grande do Sul » —, a transcendé son sport par un génie si évident, si communicatif, qu’il imposait le respect même à ses ennemis du soir.

Porto Alegre, une tragédie fondatrice

Ronaldinho naît le 21 mars 1980 dans le quartier de Vila Nova, à Porto Alegre, capitale du Rio Grande do Sul. Son père, João de Assis Moreira, ancien footballeur devenu soudeur dans un chantier naval, décède tragiquement en 1988 d’une crise cardiaque après s’être noyé dans la piscine familiale. Ronaldinho n’a que huit ans. Son frère aîné, Roberto de Assis Moreira — lui-même footballeur prometteur, dont la carrière sera brisée par une blessure en 1990 — devient son tuteur, sa figure paternelle et son premier agent.

Dès l’enfance, Ronaldinho tape dans un ballon sans relâche. Son club formateur, le Grêmio de Porto Alegre, le voit exploser : entre 1998 et 2001, il inscrit 72 buts en 145 matchs pour le club gaúcho, s’imposant comme l’un des talents les plus excitants d’Amérique du Sud.

PSG, puis l’envol vers Barcelone

En 2001, Ronaldinho traverse l’Atlantique pour rejoindre le Paris Saint-Germain, où il passe deux saisons et inscrit 25 buts en 77 matchs. Sa cote monte si vite que Manchester United et le FC Barcelone se disputent sa signature à l’été 2003. C’est le FC Barcelone qui l’emporte — et ce choix va changer l’histoire du club catalan.

Barcelone (2003–2008) : cinq ans de magie absolue

L’arrivée de Ronaldinho à Barcelone coïncide avec la reconstruction du club sous la direction de Frank Rijkaard. L’effet est immédiat et fulgurant. En 2004-05, Barcelone remporte la Liga après une longue traversée du désert. En 2005-06, le club réalise le doublé Liga–Ligue des Champions, battant Arsenal 2-1 en finale à Paris.

Entre 2003 et 2008, Ronaldinho inscrit 94 buts en 207 matchs pour le Barça, chiffres qui ne rendent qu’imparfaitement compte de son impact : ses gestes, ses dribbles, ses passes de génie sont d’une autre nature que ce qu’un tableau de statistiques peut capturer. Le soir du 19 novembre 2005, au Santiago Bernabéu, il provoque quelque chose d’inouï : les supporters du Real Madrid se lèvent pour lui faire une ovation debout après qu’il a inscrit deux buts d’anthologie. C’est la scène qui résume mieux que tout ce qu’était Ronaldinho à son apogée.

Cette période lui vaut les plus hautes distinctions individuelles : il remporte le FIFA World Player of the Year en 2004 et 2005, puis le Ballon d’Or 2005 avec 225 points, devant Frank Lampard et Steven Gerrard. Il est le troisième Brésilien à recevoir ce trophée, après Rivaldo et Ronaldo.

La Coupe du Monde 2002 et la sélection brésilienne

Sur le plan international, Ronaldinho est l’un des artisans du sacre du Brésil à la Coupe du Monde 2002 en Corée-Japon. Lors du quart de finale face à l’Angleterre, il inscrit un coup franc lobé dès 35 mètres par-dessus le gardien David Seaman, resté trop avancé. Il considère lui-même ce but comme le plus beau de sa carrière. Le Brésil s’impose 2-1 et va au bout, battant l’Allemagne en finale.

En 2005, il mène le Brésil à la Coupe des Confédérations, étant nommé meilleur joueur de la compétition. Sa carrière internationale se termine avec 97 sélections et 33 buts pour la Seleção.

AC Milan, le retour au Brésil et un dernier titre

En 2008, Ronaldinho quitte Barcelone pour l’AC Milan, où il dispute 95 matchs et inscrit 26 buts. Il fait partie du groupe milanais qui remporte le titre de Serie A en 2010-11, avant de rentrer au Brésil.

De retour dans son pays, il joue successivement pour Flamengo (2011-2012, 28 buts en 71 matchs), puis pour l’Atlético Mineiro. C’est là, à Belo Horizonte, qu’il vit un ultime éclat de génie collectif : en 2013, à 33 ans, il contribue à l’épopée des Galo qui remportent pour la première fois de leur histoire la Copa Libertadores, battant l’Olimpia paraguayen en finale. Ronaldinho totalise 4 buts et 7 passes décisives dans la compétition.

Il joue ensuite au Mexique (Querétaro, 2014-2015) avant de terminer sa carrière à Fluminense (2015), puis de raccrocher définitivement les crampons.

L’héritage du sourire

Ronaldinho est entré dans l’histoire non seulement par ses titres, mais par la façon dont il les a conquis : avec une joie communicative, un sourire permanent et un sens du spectacle qui a rendu le football plus beau pendant une décennie entière. Son palmarès — Coupe du Monde, Ligue des Champions, Ballon d’Or, Copa Libertadores — témoigne d’un joueur complet, décisif aux moments qui comptent, et dont le talent aura illuminé quatre continents.

 

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