Actualité Pérou – mai 2026
Le Pérou vit une élection présidentielle hors norme. Un mois après le premier tour du 12 avril, le pays a attendu jusqu’à la mi-mai pour connaître les deux finalistes qui s’affronteront le 7 juin au second tour.
Un scrutin chaotique
Avec 35 candidats en lice — un record — et de graves problèmes logistiques le jour du vote (plus de 60 000 électeurs privés de bulletin à Lima, obligeant à prolonger le scrutin d’un jour), le premier tour a plongé le pays dans un dépouillement interminable. La mission d’observation de l’Union européenne a évoqué de « graves défaillances » tout en écartant toute fraude avérée.
Un duel inattendu
Keiko Fujimori, fille de l’ancien président autoritaire Alberto Fujimori, est arrivée en tête avec environ 17 % des voix — sa quatrième tentative pour accéder à la présidence. La surprise est venue de la deuxième place : Roberto Sánchez Palomino, candidat de gauche d’Ensemble pour le Pérou et ancien ministre de Pedro Castillo, a coiffé au poteau le candidat d’extrême droite Rafael López Aliaga d’environ 18 800 voix, après un dépouillement qui a duré plus d’un mois.
Cris de fraude
López Aliaga, ancien maire de Lima, a immédiatement dénoncé des irrégularités et exigé l’annulation du scrutin — alors même qu’il occupait encore la deuxième place au moment de ses premières accusations. Le chef de l’ONPE (organisme électoral) a démissionné le 21 avril sous la pression.
Un pays en crise politique permanente
Cette élection s’inscrit dans un contexte d’instabilité chronique : depuis la destitution de Pedro Castillo en 2022 après sa tentative d’auto-coup d’État, le Pérou a vu défiler trois présidents successifs. Roberto Sánchez a promis, s’il est élu, de gracier Castillo, actuellement en prison. Le second tour du 7 juin s’annonce comme un affrontement entre deux visions radicalement opposées du pays.
Sources : France Info, La Presse, Wikipédia — avril-mai 2026
