Actualité Chili – 15 mai 2026
La contestation ne faiblit pas au Chili. Depuis l’arrivée au pouvoir du président d’extrême droite José Antonio Kast le 11 mars dernier, lycéens et étudiants multiplient les mobilisations dans les rues de Santiago et de plusieurs grandes villes du pays.
Une politique d’austérité frontale
Dès son investiture, Kast a ordonné une réduction de 3 % des dépenses des ministères, éducation comprise. Son gouvernement envisage également de restreindre l’accès à la gratuité universitaire pour les nouveaux étudiants de plus de 30 ans. En parallèle, les prix des carburants ont bondi — jusqu’à 60 % pour le diesel — alimentant une colère sociale qui dépasse largement le monde étudiant. L’exécutif vise 6 milliards de dollars d’économies pour réduire le déficit budgétaire, tout en ayant abaissé l’impôt sur les sociétés de 27 % à 23 %.
Un mouvement qui s’enracine
La première grande mobilisation étudiante remonte au 26 mars, lorsque des dizaines de milliers de lycéens et d’étudiants ont défilé sur l’avenue Alameda à Santiago. La police a dispersé les cortèges à l’aide de canons à eau. Depuis, les manifestations se renouvellent régulièrement, portées par les organisations étudiantes ACES et CONFECH.
Un contexte plus large
La contestation dépasse le cadre éducatif. Le retrait de 43 décrets environnementaux hérités de l’ancien président Gabriel Boric a déclenché des marches écologistes massives dès le 22 mars. En à peine un mois, la cote de popularité du gouvernement est passée de 58 % à 41 %. Les syndicats ouvriers menacent de rejoindre le mouvement, faisant planer le spectre d’une grève nationale.
Un écho historique
Le Chili connaît une longue tradition de mobilisations étudiantes contre un système éducatif hérité de la dictature de Pinochet (1973-1990). Les grandes manifestations de 2011, qui avaient vu émerger Gabriel Boric sur la scène politique, résonnent aujourd’hui comme un précédent.
Sources : RFI, AFP, Connaissances des Énergies, Prendre Parti – mars-mai 2026
