31 mai 2026
Des rues de Lima aux villes de province
Des milliers de personnes ont défilé samedi 30 mai dans les rues de Lima contre la candidate de droite Keiko Fujimori, à huit jours du second tour de la présidentielle fixé au 7 juin. Le cortège, parti de la Plaza San Martín, a traversé le centre historique de la capitale en passant devant le Congrès, sous la bannière « Keiko fuera, Fujimori nunca más », « Keiko dehors, Fujimori plus jamais ». Des rassemblements similaires ont eu lieu simultanément à Arequipa et Huancayo. En tête de la marche figuraient des proches de victimes de violations des droits humains commises sous la présidence d’Alberto Fujimori, entre 1990 et 2000.
Une candidate au passé lourd
Keiko Fujimori, 50 ans, fille de l’ex-président Alberto Fujimori, se retrouve pour la quatrième fois dans un second tour présidentiel. Elle brigue la présidence sous l’étiquette de son parti Fuerza Popular, après avoir obtenu 17,19 % des voix au premier tour du 12 avril. Son père, condamné pour crimes contre l’humanité, notamment pour les assassinats commis par le groupe paramilitaire Colina, est décédé en prison. Keiko Fujimori elle-même a été placée en détention provisoire à plusieurs reprises ces dernières années dans le cadre d’enquêtes pour corruption et blanchiment d’argent, avant d’être libérée sous contrôle judiciaire.
Un second tour droite contre gauche
Elle affronte au second tour Roberto Sánchez, candidat de Juntos por el Perú, formation de gauche. Sánchez, ancien ministre du Commerce extérieur sous la présidence de Pedro Castillo, avait recueilli 12,03 % au premier tour. L’Organisme national des élections péruvien avait officiellement confirmé ces résultats le 17 mai, après un dépouillement minutieux. Le vainqueur du scrutin du 7 juin sera investi le 28 juillet, en remplacement du président par intérim José María Balcázar.
Un scrutin sous haute tension
Le second tour s’annonce aussi polarisé que celui de 2021, qui avait vu Keiko Fujimori s’incliner face au candidat de gauche Pedro Castillo dans un pays profondément divisé. La mobilisation dans les rues de Lima ce samedi témoigne d’une méfiance profonde d’une partie de la population à l’égard de la candidate de droite, dont les détracteurs associent le nom à l’héritage autoritaire de son père et à ses propres démêlés judiciaires. Ses partisans, eux, misent sur un durcissement de la politique sécuritaire et économique face à une gauche qu’ils associent à l’instabilité du gouvernement Castillo.
