4 juin 2026
Statues renversées, maillots brûlés
À neuf jours du coup d’envoi de la Coupe du monde, des enseignants mexicains en grève ont spectaculairement visé les symboles du tournoi. Mardi 2 juin, dans l’artère principale de la capitale, le Paseo de la Reforma, des membres de la CNTE (Coordination nationale des travailleurs de l’éducation) ont abattu à l’aide de cordes des statues de cinq mètres de haut représentant des footballeurs de pays participants. Les maillots de la Belgique, de la France et de l’Espagne ont été brûlés. Un ballon géant aux couleurs du Mondial a été traîné au milieu de la chaussée. Sur un mannequin exhibé par les manifestants, on pouvait lire : « Si les revendications ne sont pas satisfaites, le ballon ne roulera pas. »
Une grève illimitée dans au moins dix États
La CNTE, fraction dissidente du syndicat officiel de l’éducation, a déclenché une grève nationale illimitée le 1er juin dans au moins dix États du pays. Ses revendications : une hausse réelle des salaires et l’abrogation d’une réforme des retraites. Le 15 mai, le gouvernement avait accordé une augmentation de 9 % que la CNTE a qualifiée de « miettes ». Lundi, une manifestation organisée près de la très névralgique place du Zócalo, où doit s’installer une « fan zone » pendant la compétition, avait été dispersée à coups de gaz lacrymogènes.
La menace sur le match d’ouverture
Le syndicat dissident a brandi la menace de mobilisations massives lors du match d’ouverture entre le Mexique et l’Afrique du Sud, fixé au 11 juin au stade Azteca de Mexico. L’onde de choc dépasse le cadre syndical : la Coupe du monde 2026 est organisée conjointement par le Mexique, les États-Unis et le Canada du 11 juin au 19 juillet. L’image du pays hôte et la tenue de l’événement sont directement en jeu.
Sheinbaum prise en étau
La présidente Claudia Sheinbaum a appelé à « une protestation pacifique » et son gouvernement a publié un communiqué invitant la CNTE à reprendre les négociations. Mais la CNTE pointe une contradiction : le gouvernement a investi au moins 3 milliards de dollars en infrastructures pour le Mondial tout en imposant depuis des années des coupes budgétaires sévères dans l’éducation publique. « Les enseignants défient Sheinbaum contre l’austérité » à l’heure même où le pays veut se montrer sous son meilleur jour face au monde entier.
