Chili : cinq pays d’Amérique du Sud signent le Pacte régional de Santiago contre le crime organisé transnational

29 mai 2026

Un accord inédit entre cinq pays du Cône Sud

Les gouvernements de l’Argentine, de la Bolivie, du Chili, de l’Équateur et du Pérou ont signé jeudi à Santiago un accord conjoint de coopération contre le crime organisé transnational. Convoquée par le président chilien José Antonio Kast, la réunion a réuni cinq ministres des Affaires étrangères, quatre ministres de la Sécurité et un ministre de l’Intérieur. Le document signé, baptisé Pacte régional de Santiago, sera présenté à la 56e Assemblée générale de l’Organisation des États américains (OEA) en vue d’étendre l’initiative au reste du continent.

Des paroles fortes pour marquer l’engagement politique

Le président Kast a ouvert la réunion en déclarant : « Ces cinq pays en ont assez de voir comment le crime organisé tue nos jeunes, s’empare de nos quartiers et achète des loyautés. » Il a insisté : « Ce n’est pas un simple geste politique, ce n’est pas un jalon diplomatique, il peut y avoir un avant et un après ici. » Le ministre chilien des Affaires étrangères Francisco Pérez a ajouté que « face à une menace qui ne connaît pas de frontières, la réponse ne peut pas non plus rester dans les frontières nationales. » L’événement marque également le baptême international du nouveau ministre chilien de la Sécurité, Martín Arrau, nommé huit jours plus tôt lors d’un remaniement, qui a lancé : « Il ne peut pas être que le crime organisé affronte des États désorganisés. »

Cinq piliers de coopération concrète

Le Pacte s’articule autour de cinq domaines : l’échange d’informations entre services de renseignement, parquets et forces de police ; la coordination frontalière sur les flux de personnes, de marchandises et de capitaux illicites ; la traçabilité des flux financiers liés au blanchiment d’argent et au financement du crime organisé ; la coopération entre les organismes techniques nationaux, douanes, police, services migratoires et unités d’analyse financière ; et le renforcement des mécanismes régionaux de réponse. Les cinq pays ont décidé de constituer un groupe de travail chargé d’élaborer un plan d’action conjoint aux résultats concrets et vérifiables, avec une coordination technique-opérationnelle à mener dans les quatre-vingt-dix jours et une nouvelle réunion ministérielle dans les cent quatre-vingts jours.

Une réponse au Tren de Aragua et aux Pulpos

L’accord émerge dans un contexte de progression rapide de réseaux criminels transnationaux dans la région. Le Tren de Aragua, organisation d’origine vénézuélienne, a pénétré le Chili depuis 2022 avec des cellules spécialisées dans l’enlèvement contre rançon, la traite d’êtres humains, le trafic de migrants et les contrats criminels. Le groupe Los Pulpos, d’origine péruvienne, se consacre pour sa part à l’extorsion de commerçants. Le procureur national chilien Ángel Valencia a donné, à huis clos, une exposition aux ministres rassemblés sur les enquêtes en cours contre ces réseaux opérant dans le Cône Sud.

Une délégation de haut niveau malgré les crises internes

La présence de représentants de haut rang souligne la gravité du moment : l’Argentine du président Javier Milei était représentée par son ministre des Affaires étrangères Pablo Quirno et sa ministre de la Sécurité Alejandra Monteoliva ; la Bolivie a envoyé son ministre Fernando Aramayo malgré la crise politique et les blocages économiques qui paralysent le pays ; l’Équateur a dépêché la ministre des Affaires étrangères Gabriela Sommerfeld et le vice-ministre de la Sécurité publique Jorge Rivadeneira ; le Pérou était représenté par le ministre des Affaires étrangères Carlos Pareja et le ministre de l’Intérieur José Zapata.

Retour en haut