Guatemala : Arévalo autorise des frappes militaires conjointes avec les États-Unis contre les narcotrafiquants

28 mai 2026

Un accord sans précédent entre Guatemala City et Washington

Le Guatemala a accepté de mener des opérations militaires conjointes avec les États-Unis sur son propre territoire pour frapper les organisations de narcotrafiquants, révèle le New York Times dans son édition du 28 mai. L’accord a été conclu lors d’un appel téléphonique entre le président guatémaltèque Bernardo Arévalo et le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth au cours de la semaine précédente. Selon deux sources proches des négociations citées par le quotidien new-yorkais, les premières opérations pourraient débuter dès juin.

Une demande formelle adressée à Washington

L’accord a été officialisé par une lettre du bureau du président Arévalo à Pete Hegseth, sollicitant formellement « une coopération dans des opérations conduites par les forces de sécurité guatémaltèques contre les organisations de narcotrafiquants ». Les deux parties auraient également convenu d’autres formes d’action militaire, dont les modalités n’ont pas été précisées. Le Pentagone n’a pas souhaité commenter l’information au moment de sa publication, a confirmé l’AFP, qui indique avoir contacté le département de la Défense.

Un pilier de la stratégie régionale de Trump

Cet accord s’inscrit dans la doctrine de l’administration Trump visant à normaliser la présence militaire américaine en Amérique latine pour exercer une pression accrue sur le Mexique, dont la présidente Claudia Sheinbaum soutient les échanges de renseignements mais rejette toute présence de soldats américains sur le sol mexicain. En janvier, une réunion à haut niveau avait déjà débouché sur une rencontre à bord du porte-avions USS Nimitz, où les deux parties avaient acté le déploiement d’instructeurs américains pour former l’armée guatémaltèque. Washington chercherait désormais à conclure un accord similaire avec le Honduras.

Le Guatemala, carrefour incontournable du narcotrafic

Selon les autorités américaines, 90 % de la cocaïne qui parvient aux États-Unis transite par l’Amérique centrale et le Mexique. Les cartels internationaux s’appuient sur des réseaux guatémaltèques pour acheminer la drogue, blanchir des capitaux et alimenter la violence régionale. En mars dernier, le FBI avait ouvert un bureau au pays pour travailler conjointement avec les forces locales contre la criminalité organisée, le blanchiment et la corruption, dans le cadre d’une alliance anticartel à 17 pays lancée par Trump lors d’un sommet régional.

Un précédent équatorien, des questions juridiques persistantes

Les États-Unis avaient déjà conduit des frappes conjointes avec les forces équatoriennes contre des guérilleros impliqués dans le trafic de cocaïne. Depuis septembre 2024, l’administration Trump frappe des embarcations dans la mer des Caraïbes et dans le Pacifique oriental soupçonnées de transporter de la drogue, une pratique qui suscite un vif débat sur sa légalité, aucune preuve définitive n’ayant été apportée publiquement que les bateaux ciblés étaient effectivement liés au narcotrafic.

Retour en haut