BRÉSIL – Mondial 2026 : le pays du football peine à vibrer pour sa Seleção

Actualité Brésil – mai 2026

Dans moins d’un mois, le Brésil entrera en lice au Mondial 2026 contre le Maroc, le 13 juin à MetLife Stadium, dans le New Jersey. Mais dans le pays le plus titré de l’histoire de la Coupe du monde, quelque chose cloche. La fièvre n’est pas là. Des sondages brésiliens, relayés par la presse internationale, indiquent que 54 % des habitants ne suivront pas le tournoi, et que seulement 29 % croient en une victoire finale de la Seleção. Un chiffre inimaginable il y a dix ans.

Des qualifications laborieuses, le signal d’alarme

Le Brésil a terminé cinquième des qualifications sud-américaines avec un bilan de 8 victoires, 4 nuls et 6 défaites, et seulement +7 en différence de buts. Un abîme par rapport aux cycles précédents : lors des qualifications pour 2018, le Brésil avait terminé premier avec +30 ; pour 2022, également premier avec +35. Sa qualification n’est venue qu’au bout d’un long chemin incertain, alors que l’équipe ne remportait que 3 de ses 8 premiers matchs. Le manque de buts a été criant : Raphinha, du FC Barcelone, n’est qu’à 5 réalisations en 18 matchs, le seul joueur à en avoir marqué cinq ou plus.

Ancelotti, la solution miracle qui tarde à convaincre

Pour sortir de cette spirale, la Confédération brésilienne de football (CBF) a pris une décision historique en mai 2025 : nommer Carlo Ancelotti, l’entraîneur italien aux cinq Ligues des champions, premier coach étranger à diriger la Seleção dans un contexte moderne. L’espoir était immense. La réalité, plus nuancée. En six mois de règne, son bilan se lit : trois victoires, un nul, une défaite — dont un revers 2-1 contre la France en mars 2026. Le Brésil a ensuite battu la Croatie 3-1, mais l’impression d’ensemble demeure celle d’une équipe en construction, manquant de cohésion et de profondeur de banc. « Le Brésil arrive à cette Coupe du monde en dehors du cercle des grands favoris », note Sports Illustrated, fait inhabituel pour la nation aux cinq étoiles.

Neymar, le retour symbolique

Une bonne nouvelle a électrisé les supporters : le retour de Neymar. Écarté depuis octobre 2023 et sa rupture des ligaments croisés, le joueur de 34 ans figure dans la liste préliminaire de 55 joueurs soumise à la FIFA. Sa convocation définitive reste conditionnée à sa forme physique — Ancelotti a été clair : « Neymar ne sera retenu que s’il est à 100 % de ses capacités. » Le symbole dépasse le sportif : dans un groupe manquant de certitudes, son nom reste celui qui fait lever les foules.

Un Mondial qui peine à séduire, au Brésil comme ailleurs

Le désenchantement brésilien s’inscrit dans un contexte plus large. Cette édition à 48 équipes, répartie entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, accumule les griefs. Les billets ont subi une inflation de 370 % par rapport à 2018, transformant le « sport populaire » en événement de luxe. La présence de Donald Trump — hôte de fait de la compétition — et sa menace de déployer la police de l’immigration ICE dans les stades refroidissent des supporters du monde entier. La FIFA elle-même est critiquée pour son « américanisation » du football : spectacle de mi-temps façon Super Bowl, multiplication des matchs (104 au total), et attente interminable avant les confrontations entre grandes nations.

Pour le Brésil, le tournoi commence donc avec ce paradoxe : une sélection pleine de talents — Vinícius Jr., Endrick, Raphinha — portée par l’un des meilleurs entraîneurs du monde, mais qui doit d’abord reconquérir son propre peuple avant de prétendre reconquérir le monde.

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