Si les Mayas ou les Incas occupent souvent le devant de la scène, la civilisation Calima (située dans l’actuelle Colombie) est un trésor d’orfèvrerie et de mystère qui mérite toute notre attention.
Ce qu’il faut comprendre d’emblée, c’est que le terme « Calima » ne désigne pas un peuple unique, mais une succession de cultures ayant occupé la région des rivières Calima et Dagua (département du Valle del Cauca) sur plus de 2 000 ans.
1. La Chronologie Calima : Quatre Époques Distinctes
Les archéologues divisent cette civilisation en phases chronologiques, chacune ayant son style propre :
2. Les Maîtres de l’Or (L’Orfèvrerie)
Si vous visitez le Museo del Oro à Bogotá, les pièces Calima (période Yotoco) sont parmi les plus spectaculaires.
-
La technique : Ils maîtrisaient la fonte à la cire perdue et le martelage. Ils utilisaient l’or presque pur ou le tumbaga (alliage d’or et de cuivre).
-
Les objets : Ils sont célèbres pour leurs pecturaux imposants, leurs oreillères massives et surtout leurs épingles à chaux (poporos) surmontées de figurines miniatures d’une précision chirurgicale.
-
Symbolisme : L’or n’était pas une monnaie, mais un attribut sacré. Les chefs se paraient d’or pour refléter la lumière solaire, affirmant ainsi leur lien avec le divin.
3. Une Ingénierie Invisible : Les « Chemins de Calima »
Contrairement aux Incas qui construisaient en pierre, les Calimas travaillaient la terre.
-
Terrassement : Ils ont modifié des collines entières pour créer des plateformes artificielles où bâtir leurs maisons, les protégeant ainsi des inondations et des ennemis.
-
Réseau routier : Ils ont tracé des chemins larges (jusqu’à 8-10 mètres) et parfaitement rectilignes sur de longues distances, facilitant le commerce entre la côte Pacifique et les hautes terres.
-
Drainage : Ils possédaient un système de canaux sophistiqué pour assécher les zones marécageuses et les transformer en terres agricoles fertiles.
4. Rites Funéraires et Société
La culture Calima accordait une importance capitale à l’au-delà. Leurs tombes étaient constituées de puits verticaux (parfois profonds de 15 mètres) débouchant sur une chambre latérale.
Le saviez-vous ? Les morts étaient enterrés avec leurs plus beaux bijoux, mais aussi avec des objets du quotidien. C’est grâce à ces « offrandes » que nous connaissons aujourd’hui leur mode de vie, car les écrits n’existaient pas chez eux.
