BOLIVIE – Crise politique : la rue réclame la démission de Rodrigo Paz

Actualité Bolivie – 18 mai 2026

Ce qui avait débuté comme un mouvement de protestation sociale a pris, en Bolivie, une dimension ouvertement politique. Les manifestants qui paralysent le pays depuis le 7 mai réclament désormais la démission du président Rodrigo Paz, élu il y a seulement six mois.

Une mobilisation qui s’étend

Parties d’une loi controversée autorisant l’hypothèque de terres agricoles, les manifestations se sont rapidement propagées à plus de 30 points de blocage répartis dans cinq des neuf départements du pays. Mineurs, enseignants, paysans et travailleurs ont progressivement rejoint le mouvement, transformant une fronde sectorielle en front commun contre le gouvernement. Si Rodrigo Paz a abrogé la loi dès le 13 mai, ce geste n’a pas suffi à calmer la rue.

Des revendications qui débordent l’économique

Les manifestants ont durci leurs positions : augmentations de salaires, réforme du droit du travail, et surtout départ du président. Des heurts violents ont éclaté à La Paz entre forces de l’ordre et protestataires, dans une capitale quasiment paralysée depuis plus de deux semaines. Au moins 28 points de blocage ont été recensés sur les routes du pays, coupant plusieurs axes stratégiques.

Une crise économique sans précédent depuis quarante ans

En toile de fond, la Bolivie traverse sa pire crise économique depuis quatre décennies. La fin des subventions au carburant, décrétée par Paz en décembre 2025, a provoqué des pénuries généralisées à travers le pays. Un épisode de carburant contaminé a mis hors d’usage près d’un million de véhicules. Les réserves en dollars sont épuisées et l’inflation a atteint 14 % en avril 2026.

Un président fragilisé après six mois à peine

Élu en octobre 2025 avec 54,5 % des voix, après vingt ans de gauche au pouvoir, le démocrate-chrétien Rodrigo Paz se retrouve confronté à une contestation qui menace la stabilité de son mandat. Sa marge de manœuvre est étroite : toute concession supplémentaire risque d’être perçue comme un aveu de faiblesse, tandis que la répression attise la colère d’une population épuisée par la crise.

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