3 juin 2026
New7Wonders interpelle les deux candidats
A six jours du second tour de la présidentielle péruvienne, le statut du Machu Picchu comme l’une des Sept Nouvelles Merveilles du monde s’est invité dans la campagne. La fondation New7Wonders, organisation privée suisse qui avait attribué ce titre au site inca en 2007 à l’issue d’un vote mondial, a adressé des lettres aux deux candidats qualifiés, Keiko Fujimori et Roberto Sánchez, pour leur demander leurs propositions concrètes face aux problèmes qui affectent le sanctuaire. « Nous voulons savoir qu’ils vont les résoudre », a déclaré Jean Paul De la Fuente, directeur de l’organisation.
« Aucun progrès depuis un an »
De la Fuente est sévère : « Aucun progrès ni changement n’a été constaté sur les problèmes qui sapent la crédibilité du Machu Picchu en tant que Merveille officielle. » Il attribue cette inaction à la « paralysie politique » du Pérou, pays qui s’apprête à désigner son neuvième président en une décennie. Le directeur indique recevoir de nombreuses sollicitations lui demandant de retirer la désignation de merveille du monde au site, mais précise qu’il n’envisage pas cette décision à ce stade. Il attend en revanche que le futur gouvernement s’engage sur un plan de transformation concret.
Surtourisme, gestion opaque, infrastructure insuffisante
Les problèmes dénoncés par la fondation sont multiples : afflux massif de touristes avec plus de 1,5 million de visiteurs attendus en 2025, pratiques de billetterie opaques, manque de coordination institutionnelle, infrastructures insuffisantes et dégradation de l’expérience des visiteurs. Euronews décrivait fin mai le Machu Picchu comme un « rêve » de voyage se transformant en « cauchemar » pour de nombreux visiteurs en raison du surtourisme.
Un statut privé, distinct de celui de l’UNESCO
Il convient de distinguer deux choses : l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO, accordée en 1983 et qui n’est pas remise en cause, et le titre de « Nouvelle Merveille du Monde » décerné par la fondation privée New7Wonders en 2007. C’est ce second label, sans caractère officiel mais à forte valeur touristique et symbolique, qui est menacé. Le ministère péruvien de la Culture a rappelé que l’UNESCO reste la référence en matière de patrimoine, et que l’organisation internationale a même salué les progrès du Pérou lors de sa réunion de juillet à Paris.
Un enjeu de campagne de dernière minute
La sortie de New7Wonders intervient à un moment sensible. L’instabilité politique chronique est présentée comme le frein principal à toute réforme de la gestion du site. En interpellant directement les deux finalistes, la fondation entend peser sur le futur programme présidentiel et obtenir des engagements avant l’investiture du 28 juillet. Le vainqueur du second tour héritera d’un chantier symbolique autant qu’économique : le Machu Picchu reste la première destination touristique du Pérou et l’un des sites les plus visités d’Amérique latine.
